‹ De la logique d'Aristote (volume 2)Chapitre 30 sur 87 · CHAPITRE SEPTIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIEME

Jie quelques attaques modenies 'eouM l'authenticité

de FOrganon.

Lorsqu'au seizième siècle, la philologie et la critique, nées jadis à Alexandrie, reparurent avec les lumières, la logique d'Aristote, décriée }>ar le mauvais goût et l'admiration fanatique de l'Ecole, bt nn des premiers ouvrages qu'elles attaquèrent. Notre infortuné Ramus fut , parmi les savants de ««

•8 PBEMliUUÇ fAUTIE.

^tfç éppque f Tun dp cçux qui descendirent tout 4'abQf d d^ns l'arène, et qvfl. s'y firent le plus distinguer. NizzoU et Patrizzi| en Italie, et plus tard iSa^sçn^^, pn France, continuèrent les efforts de BjfPlils. Voï\ $e l:iorpera de préférence à ces qm^tre hommes célèbres à divers titres, parc< que l|s^r2( att^que^ contre l'autUenticité de l'Or ganon résument toutes celles dont alors il fu J'objpL Dui reste on ne prétend étudier ici leui puyragçs que sou9 ce rapport spécial. On h appréciera plus tard d^ns leur ensemble , quar pn traitera bistoriquement de l'influence exerci p^rl'Organon'.

Avant Eamus , deux bommes avaient e^s^yé ^ la Qn du quin?^ième siècle , de réformer la logiq d'Aristote, c'étaient Laurentius Yalla et Rod-Ag cola ; mais ils s'étaient bornés à Téclaircir, et n vaient point songé à la renverser par la critiq et la philologie. Louis Vives , Espagnol ^evé ds les écoles de Paris, avait été plus )oin que deux prédécesseurs ; sans être toutefois aussi ] sitif, il avait, en termes généraux, contesté l'i lité de rOrganon; mais il avait engagé la h avec gravité , avec convenance , et en gardant t jours, pour le génie d'Aristote, une sincère profonde admiration : a Quem ego venerpr, di « uti par est et ab eo verecmndè dissentio ' . »

I. Voir plus loin, dans la 3® partie, eh. I9. ft. Vives, op«ra. BMe, t^SB, tom, i^ p. S8o.

M L^AUTHSimaXÉ 09 t'OWlSqif.^CaAP. VII. f%

mas eut le tort de négliger ces fonqes ip^p^r sables dans une cause si juste et si belle , puisqu'elle était y dans ce siècle^ celle même dé Tindépendance de ^esprit Ânipt^é d'^ord de sentiments jpresqye seinbl9)>les à ceux de Vives S il s'aigrit par le combat; et de la schpjias^iqpe , gu'i) attaquait toute seule , il s'en prit bientqt ai) Stagirite, et se laissa aveugler par la passion. }1 publia un pifvi^e en vingt livres cpntre TOrganon,.pour prouver que la théorie d'Aristote était obscure , fausse , et tout-à-fait indigne de celui à qui on Fattribuait; puis, se contredisant, il reprochait avec amertume à ce dieu de VÉcole, de s'être donné men$ongèrement pour l'inventeur de la logique qw Zenon avait découverte et fondée avant loi.

Du reste , Ramus n'a point institué pne discussion régulière des iiiotifs sur lesquels «1 fondait ses doutes* II s'est conteqté, presque toujours, d'a^isertions géi^érales et tr^fipbantes. Lies trois autres adversaires du péripatétisme , qui ont imité et surpassé même les emportements de Rarous, ne sont, à cet égard , ni plus positifr ni plus coipplets. Voici toutefois leurs pnncipaux arguments:

« Le récit de Strabon et de Plutarque sur le « destin des ojivrages d'Ari^tote ^ ^ permet de

I . Toir le premier ouvrage de Eantiu : Dialectici» pardtipncft. Sarb , s543« Dédié à 1* Académie de Faris.

s. lUmoa achol» dialectic» lea animadreraioiiei in prganon, p» 9#«

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<c douter de l'authenticité de tous ceux qu'on noi « donne pour lui appartenir, et de TOrganon ( «c particulier.

et Quelques portions de TOrganon ne sont qi « des rêveries , un vrai diélire, qu'on ne peut atti « buer à Âristote ', et qu'il faut renvoyer à Eub « lide ^ ou à tel autre sophiste de l'École mé^ « rique.

oc Ce qu'on prend en général pour les ouvra^ «c d'Aristote , n'est qu'un long tissu d'extraits ce toyables ^ , faits par son fils Nicomaque ; de « ouvrages seulement lui appartiennent bien n <c lement; ce sont laMéchanique et le petit Tra « contre Gorgias et Zenon : peut-être doit- on a core lui attribuer l'Histoire des animaux ^.

a II ne faut recevoir, comme authentiques, ( ce le témoignage de Cicéron et le catalogue ce Diogène Laërce ^j or, les Topiques de Cicé ce s'accordent fort peu avec ceux du philoso] et grec, et il est impossible de refaire l'Orgai ce tel que nous l'avons aujourd'hui, avec les m; ce riaux de Thistorien de la philosophie antic

a Les Catégories sc|ft un ouvrage informe , s

z. Ramiu, ibid,, lib. 4» cap* 3.

9. Nizoliaa, éd. i553 , lib. a, cap. 6, p. i54. 3. Nizolinsy lib. 4> cap* ^, P> 33^ , 34zy 349. — Patridns, li tomi primi, p. i8, éd. i5Si, et p. aô.

4* Gassendi y Ezercitatioiies adversns Aristoteleos, p. za5. 5, Patridosy p. ao^ — Nizolios, lib. 4, cap. 6, p. 333.—-

m l'AUTHEimax^ de t'oaGANON. — cHAP. vu. 6S

< tête et mus conclusion ^ Andronicus en rejetait.

< une partie ; ce que rapportent Ammonius et « Siatplicius sur les deux es^emplaires des Catégoc rieSiet hss quarante livrjçs..des Analytiques ^^ doit « kifiraier Tauthenticité de ces deui^ ouvrages. Les « Catégories ne sont citées nulle part dans Arisc tote, malgré le témoignage forniel d'Ammonius « et de Simplicius ^.

« LUerméneia est un livre monstrueux , dont « le titre même, imaginé sans doute par un écolier c ignorant "^9 indique assez toute l'insuffisance, c Andronicus le rejetait à bon droit, et Ammonius « n'aurait pas dû se borner à en repousser la dçr- « mère partie ^.

c Le nombre et le titre des Aualytiqiies varient c dans le catalogue de Diogène. Aristote lui-même ^ « dans les citations qu'il Êtit de ses propres ouc vrages, ne distingue jan^ais les Analytiques en c premiers et derniers ^. La citation des Analy- « tiques, Êûte dans la Morale, ne se rapporte pas « à ceux que nous ayons 7. Proclus ,dans ses notes « sur le Cratyle \ se plaint de la trop grande clarté

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