CHAPITRE HUITIEME
Des preoTes intrinsèques de Tauthenticité de TOrganon.
L'Organon renferme-t-il en lui-mémedes preuves ^certaines de son authenticité? et en prenant Tiiiverse ^e cette question, renferme-t-il quelques faits qui puissent donner à penser qu'il n'est point authentique?
Cette seconde question, bien que négative, n'est peut-être pas moins importante que la première , et , sans contredit ; elle est plus facile à résoudre. Il est aisé de se cxjnvaincre que l'Organon ne présente aucun fait , aucun nom , qui dépose contre son authenticité. Ses adversaires les plus prononcés n'ont pu ni en découvrir, ni en citer un seul. Or , on sait comment les ouvrages supposés se trahissent toujours par quelques erreurs , par quelques omissions qui en découvrent manifes» temènt la fausseté. Parmi ces contrefaçons si nombreuses que Tantiquité nous a transmises, il n'en est pas une seule qui ait échappé à la saga-
DB L'ÀUraBlffTICtrÉ'DB L^CMlGAIiON. — • CBAP. Tin. 75
réruditîon et de lacritiqae; Pour TOi^anon, il n'est absolument rien de pareil.
Quant aux preuves positives , il serait difficile d'en donner une meilleure que oelle que lieibnitz opposait à Nizzoli; mais celle-là, il est vrai , a le désavantage de n'être pas frappante pour tous les esprits 9 et de supposer des études profondes , toujours très peu communes. Mais l'on peut la mettre ici en première ligne , et affirmer qu'il n'est pas un juge compétent , qui, après avoir étudié rOrganon, n'y reconnaisse Aristote, et ne le lui attribue sans hésiter.
Les preuves intrinsèques d'un autre ordre qu'on peut trouver dans la logique d'Aristotene sauraient être que les citations mêmes qu'elle renferme. Elles y sont assez nombreuses. Mais d'après ce qui a été dit plus haut ' sur l'interpolation probable de plusieurs d'entre elles , on voit qu'il ne faut user de ces témoignages qu'avec circonspection. Tels qu'ils sont cependant , il est bon encore d'en faire quelque usage. En admettant qu'ils n'appartiennent pas tous à Aristote lui-même , il est démontré , par les recherches antérieures , qu'ils remontent à Andronjpus de Rhodes ou tout au moins au temps de Galien et d'Alexandre d'Aphrodise.
On croit devoir répéter ici ce qu'on a déjà dit au chapitre second ^; c'est que ce mot d'Organon n'est point du Stagirite , qui n'a jamais employé