I. Voir plas haut, p
DE l'authenticité DE L'ORGANON. — CHAP. IX. 89
a d' Aristote et ami du bibliothécaire , put en faire ce usage, ainsi que quelques libraires, qui em- «c ployèrent de mauvais copistes et ne collationa nèrent pas les textes, défaut ordinaire de tant ce d'autres livres qu'on fait transcrire , soit à Rome, ce soit à Alexandrie, pour les livrer au corn- « merce. »
Une première et importante remarque qu'on doit faire sur ce passage de Strabon, c'est qu'il confond sous un même mot , ^lëXia , les livres et les ouvrages d' Aristote, les volumes qu'il avait réunis pour sa bibliothèque , et ceux qu'il avait composés lui-même. Cette confusion est évidente. D'abord ^lêXia exprime c0.Xe collection qu' Aristote avait faite le premier sous forme de bibliothèque , et qui servit de modèle à celle d'Alexandrie : Qp ne saurait ici se tromper. En second lieu , PiêXia signifie évidemment les ouvrages d'Aristo te, puisque ce sont ces livres, ces PtêXia, qui font connaître sa véritable doctrine aux péripatéticiens Jusque-là réduits à consulter seulement les ouvrages aristotéliques les moins importants, et à faire des hypothèses vaines et déclamatoires sur le restç.
Ainsi, Strabon ne dit pas du tout, comme on l'a cru et répété si souvept, que tous les ouvrages d'Aristote eussent été enfouis à Scepsis : il dit, au contraire, formellement qu'on en connaissait généralement quelques-uns , de peu d'importance, il est vrai , mais qui suffisaient du moins à alimenter
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et dans le cas contraire, à qui faut-il les rapporter, et quelle est précisément la signification qu'il convient d'y attacher? Il a été prouvé plus haut ' que le mot même d'opyavov n'a pas été créé par Aristote , que son école n'en a pas fait le même usage que nous, et que l'emploi n'en est devenu général que vers le quinzième siècle. Les titres partiels sont^ils tout aussi peu authentiques que le titré général qui les résume ?
Ammonius, David , Simplicius, ont établi une discussion en règle sur le titre des Catégories dans les prolégomènes de leuts commentaires. On citera surtout David , parce qu'il est moins connu , et que d'ailleurs ces trois versions diverses ne présentent presque aucune dififérence. Voici celle de David ^ : « On donne au livre que je com- <r mente cinq titres différents; les uns, comme <« Aristote lui-même, l'intitulent : les Catégories ; les « antres : des Catégories. Ce titre a été adopté par a quelques disciples d' Aristote; d'autres encore « Fintitulent : des dix Genres de l'Être, comme Ta « fait Plotin dans sa Réfutation des Catégories ; n d'autres l'appelaient : les Protopiques , comme (K Adraste d'Aphrodise, le péripatéticien : d'autres^ « enfin ; comme Archytas de Tarente : des Univerà saux (icept Twv xaOtJXou TAyta^ ). Le titre d'Aristole ff Fa emporté sur tous les autres* 3» Simplicîus,
10 Voir plus luat la disesuiott dn clupitre second, a; David 9 Goitoment. sur les Gatég, , maniucrit 19391 ch. tu — Toir anssi Simplicias f* 4. r> éd« 1 55 x .
OB L*AUTHBimClli BS L'OKGANON. — CHAP« X« 99
cTaccord pour le fond^ donoe cependant quelques variantes. Ainsi : ' irpo xm toituc&v , au lieu de tM7«v: ipepl Twv Y^vôv tou ovtoç et irepl èéxxL Yevâ>v , au Ueu de irepl ^ixa yevôv tou ovto^ ; KaTY^yopiai ^â&a, etc. Les trois commentateurs repoujssent tous ces titres et s'en tiennent à celui de Catégories , KocfyiyQpiai; de plus ils l'attribuent à Aristote qui le cite , ajoutent-ils positivement ^ ^ dans ses autres otivrage$* On a dit plus haut comment il faut comprendre celte assertion : elle doit aujourd'hui nous paraître inexacte y dans Tétat où nous sont parvenus les ouvrages d'Aristote. Du reste il importe peu qn' Aristote y en employant le mot de KaT^iyopiai, nait point voulu indiquer par là le titre même de son traité. Il y a certainement attaché le même sens que nous y attachons, qu'y attachaient les commentateurs : et c'est à lui qu'on peut rapporter avec David, Ammonius et Simplicius , le mot
de Korr^ToP'a'- On peut même dire qu' Aristote a forgé ce mot,
(ovopi«cToicourv, disent les commentateurs), car il lui
donne une toute autre signification que celle qu'il
avait ordinairement dans la langue. KaTuyopta,
avant que le Stagirite ne l'employât à l'usage de sa
philosophie , ne voulait dire qu'accusation : et on
le trouve fréquemment employé dans ce sens par
Aristote lui-même, notamment dans la Rhéto-