‹ De la logique d'Aristote (volume 2)Chapitre 47 sur 87 · I. SimpUdiu , r* 4t recto et Yorto. A et Z · texte numérisé non relu

I. SimpUdiu , r* 4t recto et Yorto. A et Z

au Voir plu» Juat, p« Si,

^00 * TAEMIÈRE PAlltlE,

rique'. De là vient que les interprètes, à commencer par Porphyre ^, ont dû s'attacher à expKquer ce mot, et la déviation que le sens habituel avait éprouvée. « Aristote, dit Porphyre , appelle « Catégories les énonciations des mots appliqués ic à désigner les choses : ainsi tout mot sitnple sia gnificatif , quand on l'énonce et qu'on l'applique « à la chose qu'il désigne , est appelé Catégorie : « par exemple , quand nous disons de telle chose ce que c'est une pierre , le mot pierre est un caté- « gorème. »

On peut dire, d'une manière générale, et pour donner une idée claire du mot Catégorie, qu'il ré* pond à peu près à notre mot: attribution. Ka^myopia dans la logique d'Aristote est fort souvent pris en ce sens : Kar/)yoper<y9ai veut dire être attribué : to xaTYiyopoufxevov , l'attribut. Si l'on demande comment le mot de KaTTiyopia , qui signifiait d'abord accusation, a pu changer ainsi d'acception, on pourra s'en rendre compte , en partie du moins , en se rappelant l'acception à peu près aussi singulière que le mot accuser reçoit en français , outre son acception directe et ordinaire : accuser son jeu ^ : accuser son point : accuser les muscles sous là peau.

Le titre de iirepl épfjivivsiaç a peut-être embarrassé

I. Rhétoricpie, liv. Xyp. z358,by xi et passim. a. Porphyre, Questions sur les Catégories. Paris , i543, iii-4' 9 f* I , verso.

3« Voir le Dictionnaire de PAcadémie française an mot : Accusïn.

DE Ii'AtJTHSNTlGITÉ DE Ii'ORGANON, — CUAP. X. -104

les commentateurs et les philologues , plus encore que celui de Catégories. Les Latins n'ont pas hésité à le rendre 9 par une traduction très fidèle, mais fort obscure : de IrUerpretatione. Quand on Fa cité quelquefois en français, on l'a rendu d'une manière.tout aussi peu claire : de l'Interprétation. Boëce s'arrête à ce root èi interpretatio % et il ^ donne une escplication forcée et très peu satisfaisante : « Interpretatio , dit-il , est vox per se ali^ « quid significans. » Il est évident qu'il a en vue le mot grec, moins enl^ore que l'objet même du traité, et qu'il altère le sens du mot latin. C'est sans doute par yn sentiment confus de cette faute que , dans le moyen-âge et dès le temps d'Isidore et d'Alcuin ^, on abandonna le titre de Boëce : de liiterpretatione j et qu'on lui substitua les deux mots grecs (irepl Ip^tTiveiaç) réunis en un seul, péri' hermeninsj qu'on déclina comme un mot ordinaire : perihermeniarum , perihermeniis. Le mot était barbare; mais, comme il n'avait par lui-même aucim sens, il servait fort bien à rendre l'idée qu'on voulait lui faire exprimer. C'est ainsi qu'on a souvent gardé le titre grec sans du tout le traduire. On pourrait dire , au reste, que cette inscription du livre, si obscure, si mystérieuse, était comme un symbole des pensées difficiles qu'il renfermait.

I* Boêoe open , p. aSo; EdiL prima in lib. de Interprelatione. 1. Akida. opcrty tom. .a» p. 3 5o, — Isidore , ch. a7,OrigipifllK lib. a.

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Cîcéroii, contemporain etamî de Tyrannioil, ignore complètement les circonstances dont parleStrabon. ^Or, ce silence de Gicéron est de tout point inconcevable, si l'on suppose que les autographe^ d!Aristote étaient à Home', entre les mains des bibliothécait'es de Sylla. Ce silence est bizarre, mais certainement* beaucoup moins incompréhensible, si Ton admet, d'aprèà le récit de Strabdn, que les documetis sur lesquels travaillait Tyranriion n'étaient que des copies. Cicéron avait étudié à Athènes où se trouvaient incontestablement les ouvrages d'Aristote, comme ils se trouvaient à Alexandrie; il les Connaissait, sinon tous, du moins la plupart. Il était donc naturel qu^il attachât moins de prix à une édition plus eiacte , il est vrai, tnais qui, pour

lui, était peu nouvelle. Si Ton suppose, au con^ traire, que la plus grande partie des ouvrages d'Aristotè, inconnus jusque là, furent alors pu-* bliés pour la première fois, et que Cicéron pouvait, comme Andronicus et les libraires de Rome, consulte^ les autographes mêmes du Stagirite, alors son silence est tout-à-fait inexplicable : mais ce ne sont là que des hypotlièses dont rien n'autorise l'exagération.

Ce qui résulte du texte de Strabon, c'est qu'avant les publications d'Apellicori et celles de Tyrannion et d'Andronicus, les ouvrages d'Aristote étaient iniparfaitement connus , et que , dès lors , ils le furent mieux et en plus grand nombre. Ceci n'a rien qui ne s'accorde avec les témoignages des

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commentateurs, qui tous attestent que lés ouvrages d'Aristotc étaient dans la bibliothèque d'Aletandrie % et avec le témoignage de Cicéron % affirmstnt, que de son temps , ces ouvrages sont peu familiers même aux philosophes de professioln.

Dans cette hypothèse, qui a pour elle les textes dé l'antiquité et sa simplicité même, on peut, il est vrai, se demaiideh encore ce que sont devenus les auto^ graphes d*Aristote : d'abord cette question n'en subsiste pas moins, si l'oh stlppose qu'Andronicus les possédait ; câfr alors qu'en a-t-il fait, et quel en a été le destin après lui ? mais ce sont là des difficultés qu'on se donne gratuitement. Rien n'indique que Théophraste, et l'on peut ajouter Aristote, au moment de sa mort, les possédât. Aujourd'hui même, où les moyens matériels de l'écriture sont si perfectionnés, quel est Fauteur , surtout quand il a été ftcond , qui- pourrait transmettre à ses héritiers ime collection coinplète deâ manuscrits de tous ses ouvrages? Certes, les autographes d'Aristote eussent été un monument de la plus haute importance : les philologues ont eu grande raison de s'en enquérir; mais il, est à craindre que leur ima« gination, bien plus que leur exactitude , ait été en jeu. Les autographes d'Aristote n'ont sans doute jamais existé, dans l'état où on le suppose; peut-être Aristote, comme semble l'indiquer la

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