‹ De la logique d'Aristote (volume 2)Chapitre 67 sur 87 · CHAPITRE Treizième · texte numérisé non relu

CHAPITRE Treizième

Résumé de la première partie.

Les points principaux qu'on a essayé d'étabHk* dans le cours de cette première partie, et tjui &ont tous relatifs à l'authenticité de FOrganoU , sont les suivants:

1° Le mot d'Organon , J>our désigner la Logique ff Aristote , n*esk régulièrement en usage que Vers 1è quinzième siècle ;' mais les commentateurs du cinquième siècle emploient déjà des è^pressiotis à peu près équivalentes : t» ôpyccvtx» , to opyovijwîv , 'ri ^oyixov opyavov , et c'est de ces expressions qu'est venu le mot actuel d'Organon.

'7? Les catalogues de l'Organon sont aU nombre de six, dérivant trois à trois de deux sources diverses. Diogène et ses imitateurs ne méritent aucune confiance. Ammonius , David et Simpliciûs, bien qu'ils n'aient pas fait un catalogue général des ouvrage^ d'Aristote, forment une autorité beaucoup plus grave y parc^u'ils sont les héritiers et les représentants des travaux de l'école péripatéticienne.

3^ On peut suivre , dès la fin du second siècle 1 l'authenticité de l'Oi^anon , dans des monuments qui sont parvenus jusqu'à nous. Les témoignages qui se rapportent aux diverses parties de TOrganon, sont encore plus anciens et non moins authentiques.

PS t'AUTHEmriGITÉ DB t'OEGANON.— CHAP. XIII. «ISS

4^ Les Latins qui viennent j il est vrai j assez tard en date, ne présentent aucune discordance importante, si ce n'est deux divisions différentes du Traité du Langage et des Réfutations des sophistes.

5® Les attaques dirigées à l'époque de la Renaissance, contre l'authenticité de l'Organon, sont dénuées de portée réelle.

6® L'Organon offre en lui-même des preuves nombreuses et irrécusables de son authenticité; il a été connu depuis Âristote , sans interruption , et le récit de Strabon , sur le souterrain de Scepsis, n'a pas été toujours bien compris»

7** Les titres des diverses parties de FOrganon n'appartiennent probablement point à Aristote. On sait positivement, pour quelques uns, à quelle époque ils ont été composés.

8** Dans la pensée d' Aristote , l'ordre actuel de rOrganon paraît le véritable, sauf peut-être quelques déplacements partiels ; cet ordre a été généralement adopté, et il e$t parfaitement logique.

La conclusion générale de tout ceci est que nous possédons aujourd'hui l'Organbn, tel que le possédait l'antiquité, tel que Ta composé Aristote.

Parvenus à ce point, par tme route peut-être mi peu longue, mais que nous n'avons pas cru devoir abréger, il nous semble que désormais nous marchons sur un terrain plus solide. Certes , les doutes que nous avons cherché à combattre et

à dissiper, n'étaient pas fort puissants; mais ils étaient pourtant de nature à gêner notre marche. Il nous parait qu'à cette heure ils sont tous levés, et qu'il ne peut plus en naître d'autres. Quels qu'ils soient d'ailleurs , il ne semble pas qu'ils doivent prévaloir contre cet assentiment unanime des siècles, qu^reconnaissent Âristote pour l'auteur de l'Organon et le créateur de la logique. Le monde qui possède ce trésor, et qui en jouit, peut toujours, avec Albert-le-Grand ' , renvoyer ces recherches de propriété , cette enquête des titres d'auteur, aux écoles des Pythagoriciens, et dire, avec le père du Péripatétisme au moyen-âge :

<c Hoc dignum Pjrthagoricis qui in verba TncLgistri ^ jurabant: ab aliis autem hocquœsitum non estf « à quocumque emm dicta erant^ recipiebantur ^ et dummodo probatceveritaiis haherent rationemj^ Cette sanction de la vérité est , sans contredit , la plus importante; mais à côté de cette question suprême , il en est d'autres que la philologie et l'érudition doivent éclaircir, qu'elles se sont de tout temps posées, et qui importent, si non à l'utilité générale de la science, du moins à l'équité des jugements de l'histoire.

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