ANALYSE DES CATÉGORIES. — CHAP. II
chée en faveur des choses, dans la courte analyse qu'on vient de lire; mais il est bon de déclarer que le texte même d'Aristote où l'expression est tout-à«fait indéterminée (o[t(&vu[Aa, (niV(6vu(i.(%X8Y6Tai), peut prêter à une double interprétation, et qu'ici Ton pourrait entendre également que ce sont les mots qui sont appelés homonymes^ synonymes et paronymes. Il est certain que dans le reste du traité, il s'agit plus des mots que des choses; mais la double nature, logique et ontologique, des Catégories, est cause de Tincertitude , et l'on peut à la fois comprendre, mais sous des points de vue différents, qu'il s'agit des choses et qu'il s'agit des mots.
Du reste, on verra plus tard, par l'analyse des autres parties de l'Organon , et la suite même de celle des Catégories , de quelle importance est cette doctrine préliminaire. AristoJte en fait, dans ses divers ouvrages, un fréquent emploi, et l'on pourrait citer notamment Métaphys., liv. 3, ch. 2, p.ioo3,a,33;Mor.,Nicom.,liv.5,ch. a, p. 11299 a, 27; Physiq., liv. 7, chap. 4> P* ^4^^ ^f 16; etc., etc.
Comment cette doctrine se rattache-t-elle à la suite du traité ? Sur cette question , les commen** taleurs sont en général muets, et certainement elle n'est point aisée à résoudre. Un . examen attentif m'a amené à cette conclusion^ qu'Anstote a voulu spécifier ici la nature propre des initions qui forment les Catégories, en traçant
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i^ Les rapports des espèces eatre elles, d'appellation pareille sous un même genre , mais d'essence distincte; st^ les rapports des espèces à leur genre, recevant, sous cette relation, un nom identique et une définition semblable. Les espèces sont entre elles homonymes, et elles sont synonymes relativement à leur genre. Les paronymes sont une distinction à la fois réelle et grammaticale.
Cb. 12 , p. I , col. a, lig. i6. Lés mots peuvent être unis ou séparés: l'homme court, par exemple; ou bien, homme, court, sans que ces deux mots soient imis. Cette distinction mérite une attention spéciale ; elle sert à séparer nettement les Catégories du Traité du langage. Dans les premières, il ne s'agit que des notions exprimées par les mots séparés (aveu ouixir^ox^c) ; dans le second, au contraire, c'est la combinaison des mots entre eux (tûv jtarà ffupLwXoxi^v Xeyo|jLévû)v), ej: leurs rap ports, qui sont examinés.
Or, les choses qui servent de point de départ, et d'appui aux mots, se présentent, dans leurs relations entre elles, sous quatre aspects différents.
I® Les unes peuvent être attribuées à un sujet (xaft* ûiroKe;|iivou X^yerai), mais ne sont elles-rneiûes dans aucun sujet. Ainsi, homme se dit de tel homme, de tel individu homme, et lui est attribué , mais ne se trouve cependant dans aucun sujet; car quel est le sujet réel d'homme?
7? D'autres peuvent être dans un sujet, e n'être attribuées à aucun sujet. Aristoie enten