ANALYSE ÎOB CATÉGORIES. -*CHAP. II
C'est ce qu'ont fait quelquefois les commentateurs, et Zabarella entre autres. Ils n'ont peut-être pas eu tort; mais il convient aussi de faire observer que, dans ce dernier chapitre, e^^etv est toujours pris dans le sens actif, tandis que plus haut il était pris dans le sens réfléchi. Quoi qu'il en soit , Aristote distingue huit significations principales d'e^eiv : avoir une qualité, avoir une qualité, avoir autour du corps, comme un manteau^ une tunique : ce sens rentre davantage dans celui de la catégorie d'ej^éiv ; avoir dans une partie de son corps , comme un anneau au doigt , avoir comme partie de son corps : pied ou main , avoir dans le sens de contenir : le tonneau a du vin ( iy^ew àç ev âyyei(d ) , avoir dans le sens de posséder : avoir une maison (q^eiv &ç xTfjjta). Enfin , le sens le plus éloigné , est celui dans lequel on dit qu'une femme a un mari, et un mari une femme.
Telle est l'analyse fidèle des Catégories, un peu lougA peut-être, mais qui peut servir à faire mieux comprendre l'importance fondamentale du traité qui ouvre la logique d'Aristote. Il est évident que, là, sont jetées les bases générales de toute la doctrine qui va suivre , et que, sans les Catégories, elle serait incomplète ; et, comme le disent les ooftimentateurs, elle serait â}cé<paXoç, sans tête.
Voyons, en effet, ce qui vient d'y être exposé : d'abord, les rapports divers des choses entre elles , comme sujets et comme attributs; puis ensuite,
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.rexamen des mots qui représentent les choses } teiir classiBcatioD en dix ordres généraux , et par cela même, la classification des choses, en tant qu'elles sont par elles-mêmes, et qu'elles se produisent à la peusée; viennent ensuite, ^analyse profonde et complète des quatrie ordres principaux, et, en particulier, de celui de substance, qui sert de base et de point de départ tous les autres; l'énumération des propriétés sfl^ciales et communes de ces différent s'genres; et enfin , pour compléter cette revue, lexplication de quelques termes peu usités qui y ont été employés , et qui doivent se reproduire cohstammenl dans la suite, ternies qui représentent eux-mêmes des idées indispensables à tout le reste de la méthode.
En métaphysique, les catégories sont les dix genres de l'Etre, et c'est ainsi seulement quePlotin les a considérées. La catégorie de la substance s'applique à l'Être en soi; c'est elle qui en donne l'essence, et qui Tétudie dans ce qui proprement le constitue, indépendamment de toutes relAons extérieures; les autres catégories sont les accidents de l'Etre, fortuits, passagers, qui l'affi^ctent de diverses manières , mais ne le font pas être ce qu'il est, dans l'essence propre qui le détermine.
En logique , les catégories descendent de cette hauteur suprême, pour devenir les éléments possibles d'une définition complète.
ANlIrTSC DB l'HSRlrtNClA. — CUAP. III. 48S