‹ De la logique d'Aristote (volume 2)Chapitre 85 sur 87 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

àaalfie dei Réfalationi dèf Sophiste.

Le traité des Réfutations des Sophistes peut se diviser en deux parties très distinctes, d'égale étendue à peu près ; Tune expose les lieux sophistiques; l'autre enseigne les moyens de lescoip* battre; ou, pour mieux dire, elle enseigne cpmmeqt, au lieu de donner pour ces lieux des solutions sophistiques , on pourrait donner des solutions vraies et loyales.

Le traité s'ouvre par un préambule, qui remplit le premier chapitre, et dans lequel Aristote in*

diquf» rot^et sp^oia) dont il va s'occuper, l^

424 mcniofciix VÀatm. — section u

seconde partie est suivie d'un épilogue^ qu'on peut applique^ à la Logique entière, à l'Organon dans son ensemble y et où le philosophe revendique , pour ses travaux, la prioriété qui leur appartient en effet bien réellement. Cet épilogue des Réfuta* tions des Sophistes est célèbre : et déjà on a essayé de faire voir quelles en étaient l'importance et Fauthenticité. (Voir ci-dessus, page 84-)

Ch. I, i64ia, 20. L'objet dont l'auteur doit traiter, est la réfutation sophistique , c'est*à*dire, celle qui paraît être une réfUtation réelle y mais qui ne l'est pas, et n'est qu'un paralogisme.

C'est qu'en effet il faut distinguer , parmi les syllogismes , ceux qui le sont en réalité , et ceux qui n'en ont que rappft*ence. Il existe entre les syllogismes, une différence analogue à celle qu'on remarque entre les hommes qui sont beaux de leur beauté natunelle ( TuxkoX ^là xoXXoç ) , et ceux qui ne le §ont qu'à force d'art et de soin (çuXenxôç), Comme on se trompe à l'or et à l'argent faux et imités , de même on se trompe, pac ignorance, aux syllogismes. Le syllogisme vrai est celui qui, partant de certaines données, en tire quelque chose de nécessaire, différent de ces données. La Réfutation au contraire ( 1 65 , a , 3 ) est le syllogisme qui donne la contradiction.de la conclusion ((I.ST ccvTtça(T€0)ç Toiï m>[XTC6pa<y|iLaToç); mais souvent cette réftitation n'a pas réellement lieu : elle a seulement l'apparence d'être exacte. Les moyens les

▲JIALT8B B» liflIT« Uf 8OP0. -^CBAP» TU. 4SS

plus faciles d*obtenir ainsi la réfutation , ce sont, les erreurs de mots. £n effet, comme dans les discussions, on ne peut apporter les choses eu nature (aura Ta TrpflCYf&atii), il faut se borner aux mots, et l'on a le tort de croire quHl en est des choses comme il en est des mots. Ce qui multiplie ' les erreurs à cet égard , c'est qu'il j a bien des gens qui s'attachent plutôt à paraître habiles et sages qu'à l'être réellement. Ces gens-là cultivent surtout le genre de raisonnements faux et apparents, dont on vient de parler; car la sophistique est une sagesse apparente et non réelle; et le sophiste est celui qui cherche à tirer un lucre de cette prétendue sagesse (xp^l^aTirYiç oLicof otivoiuviiç

On dira dans ce traité, combien il y a d'espèces de raisonnements sophistiques, quel est le nombre auquel les efforts des sophistes ( i6ia\t»iç aSm) les ont portés, et enfin Ton exposera tout ce qui peut servir à faire connaître cet art dangereux.

Ch. â, i65, a, 38. On peut partager les raisonnements en quatre classes. Les uns ont pour but d'in» struîre (^lioaxatXucoi j; les autres n'ont pour objet que la discussion mémef Icfrale, régulière, mais sans prétendre à trouver la vérité sdentifiqut : ce sont « les discours dialectiques (iiocXexTucoi); d'autres ont « pourbutd'essayer les forces de l'adversaire ('nrcipa- < rwoi); d'autres enfin, de disputer et de chicamer c les interlocuteurs (ipKixoQ. Dans les premiers, on

c part des principes propres de chaque science; et tf Ton raisonne, sans s'occuper en rien de l'opinion a de celui qui apprend : car la première condition « pour apprendre , c'eàt d'avoir foi aux paroles « du mahre ( mrétietv ). Dans les dialectiques, on * «e admet la contradiction , en partant de principes « probables. Dans les pirastiqués, on admet aussi « les opinions de celui qui répond , opinions que a doit nécessairement connaître celui qui feint tf d'en savoir plus que lui ; et l'on a dit ailleurs et comment il fallait procéder dans ce cas (Iv irifoi^). ce Enfin, les éristiques sont des raisonnements, « réguliers ou irréguKers , qui procèdent de prin*- « cipes probables à Tapparence, mais qui ne le sont cr pas réellement. Quant aux raisonnements déa monstratifs, on en a parlé dans les Analytiques; ce pour les dialectiques et les pirastiques , il en a ce été question dans d'autres traités (Iv toiç Sk'ko^ç)* ce Ici l'on s'occupera des raisonnements de chicane ce et de dispute ( âyfdvirtxiuv xai jpiçuiûv ). »

Cette citation des Analytiques est exacte, mais elle est bien vague, puisqu'elle s'applique aux Dei^ niers Analytiques tout entiers. Quant aus deux autres ouvrages dont parte jlHstote , l'un , où il a tfaité de H t>ialec tique, est sans nul doute la To«^ pique ; pour le troisième , oii il avait exposé les règles de la Pirastique, c*est-à-dire , de l'art dp tenter les forces dé son adversaire, nous ne l'avons plus , à moins qu'on ne prétende retrouver sous

AH ALTsg m« lifinr. wm fini* *?t opap. til 4ff

ce nom t le huitième livre des Topiques. I^ Gatfi* logue de Diogène Laërce ne nous fournit sur c^ point aucun renseignement*

Ch« 3| i65, b| la. Les objets qu'on se propose dans la dispute (fiXoveixouvt8ç)| peuvent être au nombre de cinq : d*abord de réfuter l'interlocuteur (tktrp[oç\ puis de l'induire en erreur (4^au^Q<% de lui faire faire des paradoxes (irapotjoÇov ), de lui (sûre faire des sol^cismes, et enfin de l'amener à dire des choses vides de sens ( i^okmrii^as ) > ou à se répéter inutilement.

Cb. 4t i65y b, a3. La réfutation peut être de deux sortes : ou elle s'attache aux mots , ou elle se fdace en dehors des mots (irapa tjjv y£iv^^ lÇ«i tHç A<&cac )• Pour les mots, les moyens sont : Thomo* nymie, 1 amphibologie, la composition, la division, les fautes d'accent etde prosodiOf et enfin la forme même du mot.

Aristote cite des exemples de l'emploi que les Sophistes peuvent faire de ces diverses ressourcesi (i66| a, I y 166, by 10); il est inutile de les rapporter; les idées sont assez claires par elles-mêmes. Ce qu'il entend par la forme du mot (ox^(4a 'hK >iiMiK) est obscur; en voici l'explication : quelques mots ont entre eux un rapport de forme dont les Sophistes profitent pour les identifier à certains égards; ainsi, uy^oiveiv se rapporte pour la forme à TJfivetv, à oixoio|teTv ; mais cependant, il exprime une certaine disposition et appartient à la qualité, tandis que les autres appartiennent à l'action» H

428 DXtJXlkMK PARTIS. — SECTION I.

peut donc arriver que Ton confonde ainsi la qualité et la quantité , la quantité et la qualité , Faction et la souffrance, etc., n selon les divisions, dit a Aristote, qui en ont été faites antérieurement

ic (Jaç ^lyfpYirai Trporçpov). »

Ceci se rapporte évidemment aux Catégories; mais ce passage pourrait encore désigner celui des Topiques, où Aristote a fait une énumératioa complète des dix Catégories. La première de ces deux indications est cependant la plus probable. (Voir plus haut, pag. 147.)

166, a, ai. Les paralogismes, en dehors des mots, sont au nombre de sept , et se rapportent à l'accident, à Tabsolu ou non-absolu, à Tigno* rance de la réfutation , à la conséquence , à la pétition de principe , à la cause qui n'est pas réellement cause , et enfin à la réunion de plusieurs questions en une seule.

Ch. 5, 166, b,a 5. Aristote donne ici, comme il l'a fait plus haut, des exemples de ces paralogismes.

i^ L'accident. Si l'on dit que Coriscus est autre queSocrate, et qu'on ajoute que Socrate est homme, les Sophistes prétendront qu'on avoue , par cela même, que Coriscus est autre chose qu'un homme; car être homme est un accident de l'être, relativement auquel on a dit que ^Coriscus était autre.

166, b, 37. a^ Absolu et non-absolu^ Si l'on accorde une chose limitativement, les Sophistes la prendront à l'absolu, ou réciproquement: si l'on

ARAIT8B^0t8 BiFCT. DIS SOPB. — CHAP. Vn. 429

dit 9 par exemple, qu'un Indien qui est noir dans tout son corps y a les dents blanches, ils en concluront qu'on admet que l'Indien est à la fois blanc et non-blanc.

167, a, ai. 3^ Ignorance de la Réfutation. Elle se rapproche des paralogismes de mots , et con* siste k croire faussement qu'on réfute, en ne prenant qu'une partie de l'assertion. Ainsi , le Sophiste prétendra qu'une seule et même chose peut être double et non-double à la fois. Deux, en effet , est le double de un , mais n'est pas le. double de trois. Le Sophiste profite ici, comme on le voit, d'un simple défaut de langage (IXXn^iv toS >^Yoi>) ; il croit réfuter, et il montre par là qu'il ignore ce que sont précisément le syllogisme et la réfutation.

4^ La pétition de principe n'a pas besoin d'explication.

1 67, b, 1 . 5^ Le paralogisme à la con8équence,c'est de penser que la consécution de deux choses est réciproque quand elle ne l'est pas (ecvnçp^f etv r^ ebeoXoii9t}9iv) : par exemple, comme la terre est mouillée quand il a plu , on suppose , si elle est mouillée, qu'il a plu ; mais il n'y a rien là de nécessaire. Ce paralogisme se présente souvent, et dans les discours de rhétorique , où l'on ne feit les démonstrations que sur de simples indices (xarà ^i OD(Aeïbv flhro^eiCeK) , et dans les discours syllogistiques (h TOK ouXXoyiçixoîc) , où le raisonnement devrait cependant être plus fermement assis.

m tÊtàxxÈM PUfti. -^ seéTtô» t.

tBô, b; an 6^ Cause non -causé. Pér exéfnpfe , si Ton orôit aYt>ir jprouvé que l'âme et la vie sont lAne seule et même chose ^ parce qu'on aura établi que la mort est une destruction cotitrâiine à la vie; ttiaib cette seconde chose ii'est pas dil tout cause de la première.

i66, b) 37. 7^ Réunir plusieurs questions en uiie aéule. Par exemple » Isi^ de plusieurs choses bonheii et mauvaises, on demaiide, en les réunissatit: Sont-elles bonnes, ou ne le sont-elles pas ?Dequet • que façon qu'on réponde , on paraîtra se trbmpet* du se réfuter sôi-méme sur l'ensemble ; c'est là un clefi pièges familiers aux Sophistes.

Ch. 69 1689 a^ 1 7. TotLs ces paralogisnies peuvent 'de ramener à celui qu'on a nommé l'ignoratice de là Réfutation (ayvoia èXeyj^ou), soit d'ailleurs qu'ils s'appliquent aux mdts^ ou qu'ils soient placés eh dehors du mot. C'est toujours parce qu'on ignore la nature Vraie du syllogisme et de la réfutation^ qu'on se laisse tromper à ces pai'alogismes , qui n'bnt pour eux que l'apparence d'une réfutation*

Gh< 7, 169^ a^ âQi On peut aisément les évitei" ou les combattre^ en Rappliquant i côimaitré atec exactitude la nature de la propo&itidn et dti syllogisme.

Ch. 8, 169, b, 18. Tous les lieux dont on vient de jMirlet^9 et qui ne peuvent former que des syl- Idgistneg apparents , servent aussi atix Sophistes à former leurs syllogisthes et leui*s prétehduesi réfutations. Ce qui surtout distingue éeà iréfutâtionk

ANA1T8B J>U KÉFUT. hU fOPH/^-^GlUP. VU. 4f|

(170, a, la), c'est qu'elles n'ont rien d'absolu en elles-aiénies {ov^ àicXôç), et qu'elles n'ont de valeur que relativement à tel interlocuteur (i^pdc Tiva)^ qu^ par impéritie, accorde ce qu'il ne devrait pas accorder.

^' 9? i70f a, Ao« On sent, du reste, qu'il y a des réfutations vraies comme il y en a de fausses, et que les unes et les autres seraient infinies, comme les sciences spéciales auxquelles elles se rapportent. U ne faut donc pas essayer de les par** courir toutes sans exception ; il faut, se borner à celles qui, sans appartenir à aucune science par^ ticulière , leur appartiennent en commun (xoivûv xai uirà |tvi^e(uav Tf^fv^y), et sont, par cela même, du domaine de la Dialectique (tûv ^làXexTix&v).

Ch« 10, 170, b, la. U faut aussi se garder de croire, sans restriction, à cette différence profonde qu'on a cherché à établir (Uyvmi Tiveç) entre lef raisonnements de mots et les raisonnements de pensée (irpôç To>3vo|ia Xoyouç xcà irpàç rnv ^ucvoioy). Il serait absurde de croire que les uns et les autres ne sont pas les mêmes (toùç oçûtouc). La pensée est antérieure aux mots qui ne sont rien sans ell^f, et voilà pourquoi on a dû parler du syllogisme avant de traiter delà Réfutation (171» a, i). Lors mém^ que le mot a plusieurs sens, comment pôurra*t-uii dire qu'on a discuté la pensée (171, a, 5), si Ton ne s'est aperçu de ees diverses significations, et si l'on n'en a pas tenu compte ?

Ch. ii| 1711 b| 3. Quand on recherche la té-

m ttXJXAuM PARTIS. ~ SECTION U

rite et la démonstration , on n'attache pas autant de valeur aux njots , et Ton ne va pas jusqu'à croire qu'on peut affirmer on nier tout. Cette opinion convient uniquement à celui qui ne veut qu'essayer les forces de son adversaire (-jçetpov ^ap.êavovToç ). L'objet spécial du Sophiste , sera surtout de paraître habité et sage , et c'est là aussi où tendront les syllogismes dont il se servira. Le syllogisme éristiquea toujours pour but de montrer la prétendue victoire de celui qui l'emploie (vijtTjç çaivo(iL^v»ç). La Pirastique, aussi bien que la Dialectique , n'a point de sujet déterminé ( oûJevo; ôp;(y(jt.evov, 172, a, 28). Elle s'applique indifféremihent à tous les sujets.

Toutes les considérations qui précèdent concernent les réfutations sophistiques , et il importe au dialecticien die les bien connaître; car la méthode complète des propositions embrasse aussi cette étude (ii yàp wepiTaç 7rpoTa<7£tç (/.éflo^oç awaeiavlj^et xai TauTTiv TTiv 6c(opiav). 11 serait difficile de dire ce qu'Aristote entend ici précisément par la méthode des propositions. Il paraîtrait, d'après le contexte, qu'îi^la restreint à la Dialectique (8%oîke}mmj) ; mais cependant ceci n'est pas assez formel, pour qu'on ne puisse point entendre cette pensée dans un sens plus large , et croire qu'elle comprend la logique entière. Ou verra , du reste, plus loin , une expression analogue à ççlle-ci, et dont le sens parait moins vague. (Voir dans ce traité, ch. 33.)

Ch. la, 17a, b, 9. Ici commence l'étude des

AHALTSB DBS E^FUT. DBS SOPH. ~CBAP. TU. 455

autres objet||que se proposent les sophistes. On a dit plus haut (page 4^7), que c'était d'induire Tadyersaire en erreur , et de faire voir qu'il s'était trompé (<|feu^((|uv(iv ti •îetÇai xal xiN Xoyov eiç a^oÇov àrfocftïy ). Pour arriver à ce but, il £iut amener la discussion sur le terrain où Ton a le plus d'argur ments tout préparés.

173, b, 86. Quant au troisième objet du sophiste, qui est de faire dire à l'adversaire des paradoxes, il l'atteindra facilement, en s'attachant à distinguer les opinions que chacun avoue et montre (favepûvjo^ûîv), de celles qu'il cache et garde dans son cœur : il prendra pour vraies tantôt les unes, tantôt les autres, selon l'occurrence. C'est ici surtout qu'il pourra se servir avec fruit des distinctions et des oppositions prétendues entre la nature et la loi (173, a, 8). Calliclés, dans le Gorgias , en donne un bel exemple ; et l'on peut voir que cette opposition de la loi et de la nature est identique à cette autre opposition, du vulgaire et des sages (173, a, a8) : le vulgaire se borne à la loi; les sages au contraire ne prennent pour guide que la nature et la vérité.

Ch. i3, i73,a,*3f. Le quatrième objet du sophiste, c'est de &ire bavarder son adversaire ( à^oXeo^ety ). Il l'amène à des expressions vides de sens, surtout en substituant l'explication du mot au mot lui-même, et en ayant l'air de croire que c'est une seule et même chose. Ainsi, à double , il substitue : double de la moitié , qui I. a8*

454 PpcxAiff ?A^aW. -r- VSçnm !•

^( re:q[>Uc£)fion de 4oublQ; de soi^ q\ie, si ou Yîenjt 4 ajifiP^er doubjfi dp la moitié joa aura le 4fli)ble de la fpqiti^ 4e la moitii; et ceci pQWT^k q|ler plus Ism^ ^11 çubfttituaut eacpjre è double »

49i:|bik4e î^ mqitié, de S£>Fte< qu'on 9Ur:|i( tr^iç rép^tUipD^ : dpuble de k moitié de la mcâtié do la moitié. Cette ruse sophistique peut surtout a'£(ppliquer aux relatifs , qu'on fait suivre de leur relatif réciproque. Mais ici IHaterlocuteur ^ tQu]9\u*% $ort d'accorder au sophiste que la défir QUÎQ^y et le WkVfi même ^u défini , puissent être f ÎPpIftyés l'un pour l'autfç.

ÇW lAf I7^b, i8. 5"" SoloBCÂsme (Voir plushaul pilge 497)« Pour le Sokecisme, il &ut prendre gerde qu'il peut étre.israi ou simplement apparent. PratfigQre prétendait bien que \Anç était du masculin, et qu'Homçre avait fait un solœcisme fp di$aiit ovi^p(4^y. C'était un solœcisme' aux yeux de Prpt^qre, maïs non aux jrei^E des autres. Le lîeH çpmmuu ou les sophistes puisât le soloe? çisqae, ç'e$t le genre ueutre , pour les pl^ets qui ^e ^qt o ma^uUns ni féminins.

Il importe de remarquer pour tout ce qui pré? I^e que^ cpmme dans la dialectique (Iv mç &a- Iss^Tuçolç ) , l'ordre dans lequel les questiops sonf posées a une grande influence (Itiaf^pei ^i oo |i.ucpoy

Ou doit ^ice ici deyx remarques : c'est que, -de ce passage qui w rapporte au huitième jivre des Topiques (Vqiie plus haut page 4^9) y il résulte

AVAITSI Mf BiPIJT. DBS lOPB. •— CHiP. TH. 435

que le huitième Kvre des Topiques est compris dans la dialectique, c'est-à-dire, dans k Topique, et qu'il n'en a probaUement été Jamais séparé, ainsi qu'on Ta cru souvent; en second lieu , qu'Aristo^e isole le traité des Réfutations des Sophistes, du traité qui précède et^ajiiquel il semble si étroitement uni , comme on Fa remarqué ci-dessus ( Voir page 4^ i X

Aristote va donc s'occuper de la marche qu'il £iut donner aux discussions sophistiques; et ici il serait difficile qudquefois de décider, à la manière dont les choses sont présentées par lui , si ce sont des conseils qu'il donne aux'Sophistes, ou à œux qui veulent éviter leurs ruses. Tout ce qui précède prot^ve , au reste , que c'est en ce dernier sens qu'il &ut entendre la pensée du philosophe. Ceci est d ailleurs la seconde portion du traité (Voir plus haut, page 4^4)-

Ch. i5, 174» df (7. Pour réfuter sophistiquement 9 il &ut donner une certaine longueur à la discussion, parce qu'il est pliis difficile de saisie un long ensemble de raisonnements (a[Aa icbXXfle «uvQpôEv ). Il faut lui donner une certaine vitesse , car, si 00 la ralentit, on peut voir mieux quels en seront les résultats. Il faut encore exciter la colère ou la bile de l'adversaire , parce que la passion aveugle l'esprit.

1 74 , a , 3o. Quand l'adversaire refuse ce qu'il croit utile à la discussion de son antagoniste, il faut interroger négativement pour ne pas laisser

456 DBUXIÈAIB PARTIS. — SECTION I.

Yoir nettement sa pensée. Dans les inductions, lorsque quelques cas ont été accordés particulier^ rement , il faut prendre l'universel comme accordé par cela même, et sans quil soit besoin de Je demander. Parfois , il faut prévenir soi-même les réponses, et les faire sans les attendre ( 1 74 9 b, 9). Une des ruses les plus habituelles des Sophistes (auxof0evTio(i.a [tàXiroc dofptçucov ), c'est, sans avoir fait de syllogismes réels, de s'absfenir de la question qui devrait mettre fin à la discussion, et de procéder ensuite par conclusion , comme si le syllogisme avait été complet ( (?j(JL77epavTtxâîç ).

Ch. 16, 17a, ?i, I. Telles sont les règles de l'interrogation. Quant à celles de la réponse, on va les tracer; mais il convient, auparavant, de voir à quoi ces recherches peuvent être utiles. . Elles le sont à la philosophie de deux manières : d'abord , en faisant mieux connaître les significations diverses des mots; en second lieu, elles metlQpt en garde contre les paralogismes qu'on peut se faire à soi-même dans^ ses études personnelles ( %aff tt'jTov ^Y)T>faeLç ), en montrant comment on peut être trompé par les autres; enfin, ces recherches peuvent servir à la réputation de ceux qui y sont habiles, en montrant qu'ils s'y sont bien exercés, et qu'ils ne sont ignorants sur quoi que ce soit. En effet, si l'on blâmait une discussion sans pouvoir en indiquer les défauts, on paraîtrait la blâmer seulement par ignorance, et non point par amour de la vérité.

ANÂLTSS DBS BiPUT. DIS 80PH. — CBAP. VU. 457

Cette portion du chapitre i6 ne tient pas fort étroitement 9 comme on le voit , à ce qui précède, ni à ce qui va suivre j et l'on pourrait soupçonner ici quelque déplacement.

Aristote revient ensuite aux règles de la réponse y et il se contente de se référer à celles de l'interrogation , qui peuvent être également utiles, dans l'un et l'autre cas. Il recommande surtout de s'exercer à ces réponses, pour savoir dans l'occasion les fournir avec assurance et rapidité , quand il s'agit de résoudre les sophismes.que l'adversaire oppose.

Ch. 17, 175, a, 3i. De même qu'on a vu qu'il valait mieux quelquefois se borner au probable que de pousser jusqu'à la vérité , dans l'emploi du syllogisme^ de même aussi quelquefois il vaut mieux paraître résoudre les sophismes que les résoudre véritablement. Comme le5 arguments des Sophistes ne sont jamais qu'apparents, il faut les combattre ((Ao^eT^ov), avec des armes, aussi Élusses que les leurs.

176, a, ai. U ne faut pas du reste se méprendre soi-même à ces vices des solutions qu'on donne ^ et l'on doit faire en sorte de ne pas prêter à une contre-réfutation ( irapeÇ^ey^oç ). Aussi, dans ce cas , quand on est forcé d avancer quelque chose contre sa propre opinion (irapa^oÇov), faut-il avoir bien le soin d'ajouter que Ton croit, que l'on suppose ( io3utv ). Si l'adversaire a pris l'universel, non par le mot propre qui l'exprime, mais par

45S . tVOXJÈÊE ^PARTIE. — SECliON I.

une comparaison (oùx 6vo(x.aTt aX>« Ttàpàtêo^iji), il feut dire qu'on ne Tacceptë pas sous celte formé (176, a^ 3i); car Tuniversël, ainsi Uohiië, e^tiine occasion fréquente de réftitatioti.

Il ne faut jamais accot^der d'une ttîanière absolue (Ï76, b, 1) une question dont on hé comprend pas toute la portée (àaaçè; to wpOTetvdptè^bv). Aristôté donne pour ce lîeu lih exenîple fort clair en grec, mai& qu'il ^t difficile dé reildrle en français , parce que là langue lie Se ^rétë pas à ce jeu granlniàtical. Ce qui est iH^éxxtà^^ esr-il la propriété dés Athéniens? oui, certes. Mais l'homme est-il twv Ç^Ïw? bui ^ certes : donc l'homme est la propriété âeà animaux. '

1 7B, b j a6. Quand ofa prévoit une questiôh iiiftidiéuse, il feut aller au-devant ^ et la prévenir en là posant Soi-tnéme.

Ch. 18, 176, b, 29. Du reste, Ife ^yllbgis'mte petit être vicieux dans la knatière, ou vicieux dans là forme. Là ivraie soîiltion consiste à en montrer nettement le défaut ( -h ôpô/i Wdiç 6(jL<pavi(ytç îj^eoSoSi èôXXifwjibô). Il feut regarder à la forme (^ ertUèîioi%ç*0L\ k S(«ilWyiç^;), et étistiite à M coîiclusibh j ûi elle é»t vi-âié bu feifesé.

Cb; ig, 177, à, g.Dâns tes conclùsiotts à plu- SiéUte sehs, il faut sur-le-champ distinguer le sens Vrai qtfèlie doit avoir, et prouVer par-là qtie le 86^ pb£ste attaqué norn paâ là chose elle-th^ne , mai^ sëtilemeiit te moi âtophibolô^que qhi l'eitpritttë.

€h. ib, 17 7, à, 3i ilfeut tèiijoufti dàhs H 6611-

ANALTSS DKft BiPDT. DES 80Pfi.— ^CHAP. Tll. 459

dosion, diviser céi|ue le Sophiste réunit, et réanir au contraire ce qu'il divise.

(Ch. 1 r , 1 77, b| 35). Les pàraldgismes ic[ui naissent delà prosodie sont trèi faciles & résoudre, et il suffit de Eure h^marquel- la différence dèa accents.

Ch. iiy 1 78-,, à, i 5. La distinction des genres dèâ catégories (rk y^vn tûv xarifïynfi&é) Servira pdui* fidre cohuaitre les choses qUi sbtit bti ne sbnt pas identiques dans rèxpr^ession. Par etemple , on de* mande : Y a-t-il qudqile souffrance qui sbit action ? (a^* ici ti ir&v Tti&^iv^ ibut^to Tt) oh liépbnd hon. Cependant, t£|AVèTai, xaîerat, , âtàtavéTat^ sont de foime kemblablë, et ekpriihent touâ quielqué souffrance. De inême, léyeiv, tp^^^cv^ 6p£v^àbnt aussi de formé semblable , et elpriineni totis une action. Mais voir (H^) est certainement aussi aîi- OdEveoOat; sentie; fel, puisque sentir est de la càté^brie dé la Souffrance, il S^entait qu'uhe liiétne chose, dans la même forme*, peut appartenir à deu± catégories. Ces sophismes seront résolus par un etamen at ten tif des catégories.

On voit qu'Âristote se sert du terme propre de catégories , et que la doctrine exposée ici se rapporte parfaitement à belle de ce traité. (Yoir plus haut j dans les Topiques , pâg. 4o3.)

Aristoté cite ensuite un asset grand noinbii^ dé sophismes qui tous reposent sur de^ cbnfuSibnk dé catégoriel ^ et il tel*miiie éii recommandait (^79) a, 10) de distinguer sôigneufcemebt , quand

440 TlISUXJÉlfE PARTIE. — 8SCTI0N I.

on répond, la qualité, le rela^ la quantité «t les autres choses de même ordre. .

Ch. ii3, 1799 a, i|. En général, dans toutes les discussions relatives .à des mots (irapà ttjv Xé^w), on obtiendra la solution vraie du sophisme, eri prenant le contrepied de la thèse soutenue par l adversaire (to «vTtx8i(&evov) : s'il réunit les choses, il £Eiut les diviser , et vice versa. En prosodie , s'il prend la longue, il faut prendre la brève; en homonjrroie , l'opposé , etc. , etc. .

Ch. a4T 1 79, a, a6. Pour les sophismes relatif à l'accident (irapà to ou|jiSeëy]>coç) , le moyen de les combattre , c'est de nier que tout ce qui va à l'accident aille aussi au sujet , et réciproquement. C'est qu'en effet il n'est pas nécessaire que tout ce qui est vrai de l'un le soit aussi de l'autre. L'identité parfaite des accidents ne convient qu'aux sujets qui n'ont pas de différence essentielle (xarà ttïv ovaîov à^itf^poïc 1799 ^9 38), et qui ne font qu'un tout. On a proposé diverses autres façons de résoudre ces sophismes; mais, en général, elles sont insuffisantes.

Ce passage, et plusieurs autres du même genre, répandues dans ce traité, et dans lesquels Aristote rappelle les opinions de quelques philosophes, prouvent que ces matières avaient été traitées avant lui; ainsi, l'épilogue qui termine les Réfutations des Sophistes, loin de se rapporter, comme on l'a prétendu souvent, à ce seul ouvrage, con-

àXALJSÊ DIS ftiFDT. DBS fiOPH. — -CHAP. T0. 444

cerne au contraire l'ensemble de la Logique. Ans* tote avait des prédécesseurs, comme il l'avoue lui-même, dans l'étude des sophismes; ikn'en avait pas pour la théorie du syllogisme et de la démonstration ( Voir l'analyse de l'Herméneia pag. aoa et plus, loin , page 447)*

Ch. 25, i8o, a, :i3. Les sophismes qui reposent sur la confusion du relatif et de l'absolu , se peuvent facilement résoudre en distinguant Pun et l'autre, et le moyen le plus simple de le faire , c'est de prendre la contradiction de la conclusion (ir()oç T& ou|4iir^pa9(xa tov ocvTif aatv). Tous cessophismes se réduisent à cette formule générale (tout J^ov^eç): le non-étre peut- il être? Oui, le non-être est k l'état de non-être; et de même l'être n est pas y car il y a des êtres qui cessent d'être , etc. , etc.

Cb. a6, 27, aS, 29, 3o, i8i,a, i. Aristote indique ensuite fort brièvement les moyens de combattre les sophismes dont il a exposé plus haut la nature, et qui tous reposent sur l'ignorance de la réfutation, sur la pétition de principe, sur la consécutiôn réciproqueet mal comprise deschoses,sur une addition secrète qui est faite aux données primitives, sur la réunion de plusieurs questions en une seule, etc.

Ch« 32, i3i, b, a5. Quant au sophisme qui conduit à la tautologie (tsCto itoWoéxk eiiretv), on s'en défendra surtout en n'accordant pas que les catégories séparées (xaO* oûto; tà^ xaTYiYopioc) aient , par elles seules, un sens complet; par exemple, le relatif sans son relatif. U ne îxxA pas accorder non

442 iDCnXifilfE PA&Tife. — SECTIOIÏ I.

plus que Ttopèce et le genre i le propre isolé bu réuni au sujet , etc., etc., aient*le même sens.

Gif, 3a, i8â; a, 7. Enfin, on résout aiséndërit 1^ èophismeâ de iSol(febisme,ën distihgtiaht avec âoin le gëhrë et le cas.

Ch. 33, i8a, b, 6. Ue chapitre 33^ ({iii térmiilé ce tHitéi teiiférin'é deux parties fort diàlihcteis, et, pouf ce motif, les éditeurs de fierlin auraient eii raison de le diVîsiéb en dedx, et d'admettre un 34* chapitre, comibë |>luâieurs de leurs prédécesseurs. Qudi iqu'îl efa àbit, la première partie est tin ré^ Siûmé de ce )]Ui précède sur la soluttoil des àophisinés ; là sébonde est un résumé beaucoup plus itnportaiit de l'drganon tout entier.

Àk*i^tote établit donc d'abord que , parmi les sophismës, les uns sont difficiles à Saisir; d'autres, atl contraire, sbnt: aperçus sans peine, et ne sont alors que ridicule^ (ye^oioi) ; telà sont Surtout ceux qui tie s'attaquent qu'à la fordié dés niotà (irapa r^v >j&v], ]d3, Uj il.). Du reste, oh peut à la Fois, dans la àolutidîi du Sophisme coihmé dans le ràisorihemeht lui-même, s'en prendre, soit àrobjèt même de la di^bûssiou , Soit à la persontië de Tihtérlocùteîir , bii enfin en laissant Tuil et l'autl-ë, se rejeter sur le tëmpis ijui hè prerhiet |>als dl'fifpprôfbndir là discuà^ioh èiitàniée.

ici Commence l'épilogue qui à servi si souvent de teite àui attaques de^ àhtipéripatéticiens, et pariibuliètnéht à bëlleis dé Ëàfalus. Le point le ^iùs importàhU êèlàlrcli-, c'è^t fle feâlVôir M ce rësdiùé

ANALYSE DÈS BÉFUT. DCS SOPâ. — CHAP. VII. 445

qai dot le traité des Réfutations des Sophistes i 8è rapporte à l'Organon tout entier $ ou seulement à la Topique et à ce qui la suit. Malgré quelques incertitudes^ je me prononce pour le pi-eibier parti Ici Aristote a voulu rteotinaltrë Teniehible de ses travaut sur le raisoiptienleiit (t^I^ (leOtôou Ttàv \éfwi). (iSSjby i3). Il a traité de tout ce qui le concerne (^i^YP^ttirat èï xal irepl tûv dtX^oiv ), comme il le dit lui-même y et ceci peut s'appliquer aux Cafégoriés; à lUerméneia, puisqu'il vient de parier de sa théo^ rie du syllogisme, de sa dialectique et de son traité des sbphismes. J'avoue qu*icl les expressions de Tautetn* auraient pu être plus nettes ^ ses petisées mieux classées : mais la remarque que j'ai &ite plus haut ( page 44<') i ^^ semble tôUt-à-fait décisive, jointe aux preuves que le -texte fournit en cet endroit.

Voici donc comtheht Aristote termine sa IdgiqUei et fait un modeste et légitime appel à la reconnaissance de la postérité (Voir plus haut page 84 )•

k De combien de manières et dte quelles manières k se produisent les paralogimes } i^uels sont les « moyens de montrer que l'interlocuteur se «r trompe et deramener à faire des paradoxes; comk ment^ en outre, se forme le syllogisme; comment « il faut interroger dans les discussions, et quelest « l'ordre à suivre dans les interrogations; quelle est <r l'utilité de toutes ces recherches; quelles sontles « règles générales de toute réponse, et conlmenton c peut résoudre lésofagets de hi discuasion et les syl*

444 DEUXltlfE PARTIE. — SECTION I.

a logismes; toutes ces questions doivent être suffi- <K samment éclaircies par ce qui précède. Il ne reste ce plus pour compléter le projet que nous nous ce étions d'abord proposé , que de nous résumer <c et de mettre fin à ce traité.

«t Notre but était donc de |lécouvrir une mé- « thode syllp distique 5 qu'on put appliquer au « sujet donné en partant des principes les plus cf probables. C'est là en effet l'objet de la dialec- « tique y proprement dite, et de celle qui n'a en vue a qu'un simple essai des forces de l'adversaire. « Mais on a j contre cette dernière, certaines préce ventions, à cause de sa ressemblance avec la soa phistique. L'on peut en effet essayer les forces de ce son adversaire 9 non seulement pour la discussion ce dialectique, «mais aussi dans uu tout autre but; ce et c'est pourquoi nous avons voulu dans ce « traité fournir les moyens, d'abord, de poser soice même les questions , et en outre , quand on les ce reçoit, de se défendre également contre la thèse « donnée , en partant des opinions l^s plus gênéce ralement admises. Nous avons dit nos motifs, et ce ces motifs sont Ceux qui portent Socrate à tou- « jours interroger sans jamais répondre, attendu « qu'il convient de son ignorance. Nous avons ce expliqué pins haut à quoi toute cette science ce s'applique, quelle en est l'origine et comce ment nous pouvons l'acquérir. Nous avons aussi a tracé les règles de toute interrogation, Torcha « qu'on y doit suivre , et celles des réponses et de

AVALT8B DBS RÉFDT. DIS SOPH. — CHAP. VU. 443

« la solution des syllogismes. Nous avons de plus « exposé tout ce qui se rapporte à cette même étude « des discours (Sca ttjç aurfiç (leOoJou T(àv Xoycdv içH). c Nous avons en outre traité des paralogismes , ce ainsi que nous venons de le dire:

coircLusioir.

«c 11 est donc évident que nous avons accompli « notre tâche : mais il £siut aussi se bien rendre compte des résultats que nous avons obtenus.

Parmi les découvertes les unes , reçues de mains étrangères qui les avaient antérieurement travaillées, ont fait des progrès notables par les soins de ceux auxquels elles avaient été transmises ; d*autreSy au contraire, n'ont pris d'abord , entre les mains des premiers inventeurs, que des accroissements, très faibles si Ton veut, mais beaucoup plus importams toutefois , que le développement qui devait pi us tard en sortir. La chose capitale en tout , c'est comme on dit , le début : mais c'est aussi la plus difficile* Plus la découverte a de valeur et de puissance ^ plus il est malaisé de la faire, quand l'objet échappe à la vue par sa petitesse même* Le point de départ une fois trouvé, il est bien plus facile d'ajouter le reste et de l'accroître. C'est ce qui est arrivé pour l'étude de la Rhétorique , et l'on peut dire pour presque toutes les autres sciences. Ceux qui ont trouvé les prin-

« çipe{(i Pf; Içur qiit iait fi^îre qu^ bi^ peu de

^ pr9grç^; naais peqx, ^\*joi^rtl'|^piî qui s'y sppt

« çwdft^ c^ip^rç§ , opt ?^^llea^ ce? sdçpcç^ «u

« poiiit 9îi iifluîi les içfiypns, p^r^ce qw 4e HP»-

«breux devaucier», ^qpf ^$ le^ put reçues,

« avaient peu à peu augmenté cet héritage. Ainsi ,

ce Tisias, après les pççxniec^ )i)venteurs, Thrasy-

<c maque après Tisias, Théodore après Thrasy*

« maqu^, et tant ^'au^f^s qi^ ont cuUivé les

« diverse^ parfieg (jp 1^ ft^ié^o^qpe. Il ^'y 9 ^a

c pi|S Ijpu 4^ i^'étpnnpr que çettç science cm soit

« ^rriv^f^à pç ppji^t ^e perfection. Quant U'étud^

et ^on|; PQU^ pous opçqppns ici (toçuttiç Je Tîiç

fc ifpayjffTçtaç), qp pe peut paç dirçî qi<^ tell^ partie

« eût été travaillée et que tellp ^utre ne l'eût pa$

a jeté ; il n'y ayajt ^bsqlumept poipt ici de tçav^ux

a antérieur^. Le? gens, çn effet 9 qui poui^ de l'^r^

« geçt ipon^raient l'art de la dispute 9 p'^va^ieat

^ qp'i^ euseignfbent pareil à la méthode de

c (^Q^rgias. I)s ^opnaîent à apprepdre, le$ uns, des

«( dispQUi'? de Rhétorique 9 l^s siutre^, des sér|e«

« fie questions , qui renfermaient, 4 leur avi^, la

« pl4par^ des sujçts à soufenir dan^ les deu^ ^?ns.

f ^Ypç eyifÇi on apprenait çeEtaiqemeQt fort v^te,

« çfi^i^ oï\ apprepait pç^al et sHp^ art. Çp n'éts^^f p^«

« l'art proprejnent <lit qu ^s s'attstcl^^çnt k ^9^' « t^e^9 c'étaient plutôt les ^^u)tats dei l'arf:. 11$ «f étaient comme uq j^pn^npie) qui, prétçn4ai;it 4é: ne montref* scientifiqueipent à p'^yoir pas mal s^}f% « pied^, n'pnse^nef^it pas I4 rpaniçre c|p fein? l»

« chaussures et de s'en procurer de bopnes, mais c qui exposerait seulement quels; sqat les c^^ve» < genres ^e spulifxs. Ce serait çex\Bii^^ji^n% là4'^- % çeï\e^ts fçp^eign^m^ts poqr TMfag^ hahitn«l; « p[^isçeQ(3sepit(K^^t{)^fput^^4rt. Ainsi « pour I4 Ithéiftriqqei oi) f'e» 'ait ocpiipé(l«»lp|ig* « temps pt Vqi? avait produit l^uçoup 4e travaux. « Pour la spi^l^ce du B Aisomneif i»t , au co^tcaire, H (sept ^ï ffMi ouUoYi^ofiai), poqs n'^ vîflus rien d*apt^ « rieiir à pps propres recherches» qui qouf ont % cpàté taqt de peine, et un tepif^ si Ippg. Si vq^s « reconnaisse que ce\\p science y 914 to^t était % f insi à faire dès \^ base, n*est p^ demeurée trop f en arrière de« autres spif pcef 9 s^ccrues par df^ c succesfi& labteurs, il ne VQU» restf à vous iQqs, c ^ii^i qu'à toqs, c^px qpi peiidçPPt à connaître f c$ trai^, qq'à fuqqfrer. de Tipdulgence pquc les « Ijipunef de pe travail , e( de la reçonpaisswoe

« ponr tqutes }ps d^pverlçs qqi y ont été faites* f

Avec l'analyse du traité des ^éfi^tations ^t l'analyse de TOrganon. On Ta présentée avec un développement qui semblera peut-être trop étendu; mais il a paru que la meilleure façon de faire comprendre ce pfod^gieu^ ipppi^ipçnf, c'était d'en détruire , le moins possible , l'échafaudage et la construction. Le soin qui surtout m'a préoccupé, c'était de porter la clarté dans les diverses parties de ce travail. En abrégeant Aristote, comme l'ont fait y en général , tous ceux qui ont essayé

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