‹ De la logique d'Aristote (volume 3)Chapitre 161 sur 226 · LIVRE II, CHAPITKE VÏIL · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITKE VÏIL

on conclut que Textrême majeur n'est pas au moyen, ou que celui-ci n'est pas au dernier. Alors il faut nécessairement qu'avec la conclusion convertie, et l'une des propositions qu'on garde, on détruise l'autre proposition; car, si .elle subsiste , la conclusion subsistera aussi. § 2. Mais il y a une différence à convertir la conclusion en sa contradictoire, ou en sa contraire ; car le syllogisme n'est pas le même , selon qu'on la convertit de l'une ou l'autre

maisaui syllogismes; ilsonteu raison.

L'idée est différente , l'expression doit Têtre aussi. Je me suis attaché cependant à suivre le texte; le devoir du traducteur est de reproduire fidèlement même les fautes de son auteur, sauf à les signaler. Qu'il soit donc bien entendu que conversion doit avoir ici le sens nouveau que lui donne Aristote , et non plus le sens qu'il lui avait donné , quand il l'appliquait aux propositions absolues ou modales. Du reste Pacius a été ici de mon avis; car il a conservé, dans sa traduction latine , les mots convertere, conversio. Seulement il aurait dû faire une remarque analogue à celle que je fais ici moi-même.— En.déplaçant la conclusion, La conclusion en effet devient l'une des prémisses du nouveau syllogisme, soit majeure, soit mineure ; il faut de plus qu'elle soit convertie , comme il est dit un peu plus bas dans ce §, soit en sa contradictoire, soit en sa contraire ; il en résulte que la conclusion nouvelle qu'on obtient' doit être la contradictoire ou la contrairede celle des deux prémisses qu'on a remplacée par la première conclusion. En effet, si la proposition remplacée

n'était pas détruite ])ar la seconde conclusion, c'est qu'elle serait vraie.

Les deux prémisses étant vraies , la première conclusion l'était aussi : or on a supposé qu'elle était fausse, puiscpi'on lui a substitué sa contradictoire ou sa contraire.— L'exfrêfne mojeur n*est pas, au moyen , et celui-ci au dernier. Cette définition ne s'applique, comme on le voit, qu'aux syllogismes en Barbara et en Dartï .

On a déjà remarqué plus haut, liv. 1, ch. 4., § 3, qu'Aristote limitait souvent ses définitions à l'espèce, sans les étendre jusqu'au genre; c'est ce qu'il fait encore ici.

S 2. Les contradictoires diffèrent en quantité et en qualité : les contraires ne diffèrent qu'en qualité.

Voir l'Herméneia, ch. 7, 10 et 11.

Ainsi, la proposition universelle affirmative, et la proposition particu^ Hère négative (tout , non tout) , sont contradictoires, comme Tuniverselle négative et la particulière affirmative (aucun, quelque); la proposition universelle affirmative et l'universelle négative ( tout , aucun ) ne sont que contraires ; la particulière affirmative et la particulière négative ( quelque, non quelque ) ne sont pas

façon. Ceci deviendra clair par ce qui va suivre. J^appelle contradictoire : Tout , non tout ; ou bien : Quelque^ aucun ; j'appelle contraire : Tout, aucun; ou bien: Quelque, non quelque. § 3. Soit démontré A de C par B, moyen. Si Ton suppose que A n'est à aucun C, et qu'il est à tout B 5 B ne sera à aucun C ; et , si l'on suppose que A n'est à aucun C, et que B est à tout C, on conclut que A n'est pas à tout B, ce qui ne veut pas dire qu'il ne sera absolument à aucun ; car l'universel, comme on l'a* vu, ne se démontre pas dans la troisième figure. Ainsi, l'on ne peut du tout, par la conversion, détruire universellement la proposition jointe à l'extrême majeur, puisqu'elle est toujours détruite par la troisième figure; car il faut

précisément contraires , puisqu'elles peuvent être vraies toutes deux à la fois; elles sont ce que les scholasliques appellent siibcontraires. Aristote a encore eu tort, ici comme dans THerméneia, de confondre sous un même mot deux idées différentes.

Il fallait les distinguer.

S 3. Soit démontré A deC, syllogisme en Barbara^ dont la majeure est détruite par la conversion en Felapton, et la mineure en Camestres ; la première contradictoirement, la seconde contrairement. Premier syllogisme : A est à tout B , B est à tout C ; Donc A est à tout C. — Si Von suppose que A n'est à aucun C, second syllogisme qui détruit la mineure en Camestres : A est à tout B, A n'est à aucun C ; Donc B n'est à aucun G; la conclusion est ici contraire à la première mineure. —Et si Von suppoêe que A n'eêt à aucun

C, et que B soit à tout C, troisième syllogisme en Felapton qui détruit la majeure par sa contradictoire : A n'est à aucun G, B est à tout G ; Donc A n'est pas à tout B , contradictoire de la majeure du premier syllogisme : A est à tout B. — L'universel ne se démontre pas y La troisième figure, dont le mode Felapton fait partie , n'a que des conclusions particulières. 11 s'ensuit qu'on ne peut obtenir qu'une contradictoire de Tuniverselle , puisqu'il faut alors que la nouvelle conclusion diffère en qualité, comme elle diffère déjà en quantité. -- Détruire universellement, c'est-à-dire, par la contraire.

—Relativement à V extrême mineur, c'est-à-dire que le mineur devient moyen , comme on peut le voir dans les exemples ci-dessus, et qu'il est alors sujet des deux eitrêmes ; c'est la troisièine figure.

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