‹ De la logique d'Aristote (volume 3)Chapitre 208 sur 226 · CHAPITRE XXllI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXllI

De rinductîon. ^ Son importance égale à celle du Syllogisme. — Exemples d'inductions. — L'Induction s'applique aux propositions immédiates, c'est-à-dire , qui n'ont pas de moyen terme.-^Comparaison de l'Induction et du Syllogisme : le Syllogisme prouve le majeur du mineur par le moyen : l'Induction prouve le majeur du moyen par le mineur. — < L'Induction est plus évidente que le Syllogisme.

§ I. Maintenant nous devons dire que c'est par les figures antérieurement exposées que se forment, non

$ 10. Dans les conversions, sous- S 1. La théorie de Tinduction est entendu : réciproques. présentée ici d'une manière très-

(leulement les syllogismes dialectiques et démonstratifsi mais encore les syllogismes de rhétorique; et, d'une ma*

ooneise ; et cependant Aristote y attache la plus grande importance, puis^ qu*ii reconnaît que Tinduction est, avec le syllogisme, ta seule base sur laqueUe se fonde la certitude. L'induction n*est au fond qu'un syllogisme dont le mineur et le moyen sont d'extension égale. Ils peuvent alors être pris Tun pour l'autre ; et l'on peut conclure le majeur du moyen par le mineur, comme on conclut, dans les syllogismes ordinaires, le majeur du mineur par l'intermédiaire du moyen. Voilà comment l'induction est le syllogisme de la proposition immédiate , c'est^-dire »

de celle qui ne peut être le résultat d'une conclusion ordinaire. C'est qu'elle est alors une majeure indémontrable. Toutes les majeures qui ne sont pas la conséquence de prosyllogisme sont dans ce cas. On les admet avec autant de certitude que les conclusions elles-mêmes ; elles méritent la même foi , bien qu'on ne les obtienne pas par la même méthode.

Dans le syllogisme, on prend ces majeures pour en tirer ensuite les mineures, et les conclusions nécessaires. Or ces msgeures elles-mêmes reposent sur des syllogismes d'une espèce différente , il est vrai , mais dont il faut que la science puisse rendre compte. C'est par l'induction seule qu'on acquiert ces majeures , ou en d'autres termes, par le syllogisme inductif. S'il fallait recourir encore ici au syllogisme ordinaire , la recherche serait sans fin et l'on n'arriverait jamais à la science. Il

faudrait remonter à rinfini de prosyllogisme en prosyllogisme sans jamais trouver de limite. L'induction au contraire en donne une. Toutes le» fois que le mineur et le moyen sont d'égale extension , la conclusion qu'ils fournissent est en quelque sorte immédiate. L'intelligenoe fait aussitôt équation entre les deux termes égaux ; et elle conclut le majeur du moyen avec autant d'assurance qu'elle concluait auparavant le majeur du mineur L'induction est donc en réalité un syllogisme, mais un syllogisme spécial qui ne doit être confondu avec aucun autre. Il ne faut pas cependant s'y tromper : l'induction rentre elle-même dans le syllogisme qui comprend et explique toutes les formes possibles de raisonnement. L'induction , ainsi que l'exemple, l'enlhymème, etc., sont surtout d'usage en rhétorique. La science , proprement dite , procède par syllogisme exclusivement. Ainsi, sans l'induction pas de syllogisme, puisque sans elle on n'aurait point les majeures qui sont la source et la cause de la conclusion : mais sans le syllogisme , l'induction ne se comprend pas. Du reste, il n'est qu'une seule manière dont le moyen et le mineur puissent être d'égale extension : c'est que le mineur se compose de toutes les parties dont le moyen lui-même représente la totalité D'une part , tous les individus: de l'autre, l'espèce totale qu'ils forment. Pour que l'équation fût rigoureusement exacte, il faudrait que l'énumération

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