‹ De la logique d'Aristote (volume 3)Chapitre 209 sur 226 · LIVRE II, CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE XXIII

nière générale , que c'est toujours par ces figures que se fonde la certitude , quelle que soit d'ailleurs la voie qu'on suive pour y parvenir. C'est que, en effet, toutes nos convictions ne s'acquièrent que par syllogisme ou par induction.

§ a. L'induction , et le syllogisme par induction , ont lieu lorsque l'on conclut l'un des extrêmes du moyen par l'autre extrême. § 3. C'est, par exemple, si B est moyen

du mineur f&t complète et qu*elle comprit tous les individus sans exception : mais ceci est impossible. Et de plus , ce serait inutile. D'un certain nombre de particularités connues , en plus ou moins grand nombre, on conclut toutes les autres sans les connaître; et cette conclusion s'appuie sur Tordre même des choses et la régularité constante des lois naturelles. L*induction se réduit donc au fond à un syllogisme dont la mineure est réciproque. Elle se forme dans la troisième figure qu'on ramène à la première par la conversion réciproque de la mineure. Les exemples qui suivent éclairciront ceci.

9 1. Par les figures antérieure' ment exposées, iiv. I, cfa. 4, 5, 6, etc. — Les syllogismes dialectiques, c'est-à-dire, ceux où l'on ne recherche que le probable au lieu de s'attacher exclusivement à la vérité.

Voir les Topiques , Iiv. I , ch. 1 , g 5, — Syllogisme de rhétoriqi^^ l'exemple , l'enlhymème , etc., dont il sera parié plus loin, ch. 24 et 2Y.

8 3. La définition de l'induction pourrait être ici plus précise : au Heu de dire : l'un des extrêmes , il

faudrait dire : Vextrême majeur; au lieu de : Vautre extrême, il faudrait dire : Vextrêms mineur : ce n'est pas indifféremment l'un ou l'autre extrême , comme le montre l'exemple du S suivant. Il est possible du reste qu'Aristote ait employé à dessein une expression aussi vague. En effet dans l'induction le moyen devient mineur, et le mineur devient moyen, l'un pour entrer dans la conclusion , le second pour unir le majeur et le moyen. Ainsi, quand on dit que l'on conclut le majeur du moyen, il faut entendre non pas le moyen de l'induction elle-même, mais le moyen du syllogisme ordinaire :

quand on dit que l'on conclut par le mineur, il faut entendre non pas le mineur de l'induction , mais le mineur de ce même syllogisme.

g 3. Soit , par exemple , dans un syllogisme ordinaire , A le majeur, B le moyen , et C le mineur : la conclusion est AC conclue par l'intermédiaire de B ; on fera une induction, au lieu d'un syllogisme , si l'on conclut A de B par rintermédlaii'c de C, c'est-à-dire, si l'on conclut le majeur du moyen parle mineur, toujours du premier syllogisme.

de A C , démontrer par C que A est à B ; car voilà comment nous faisons des inductions. $ 4* Soit A longève , B qui n'a pas de fiel, et C tous les animaux quelconques longé ves, comme l'homme, le cheval, le mulet, etc. Donc A est à C tout entier ; car tout C est longève ; mais B aussi , c'est-à-dire, qui n'a pas de bile, est'à tout

8 i. Soit A doué d'une longue vie, longève; B san^^el, et C la totalité des animaux longè?es, tels que homme, cheval, mulet , etc. : A est à tout C , majeure de Tinduction , car tous les animaux tels que Thomme, le cheval, le mulet, etc., sont longèves; mais B est aussi à tout G, mineure de rinduction, c'esirà-dire que tous les animaux tels que Thomme, le cheval, le mulet, etc., sont sans Gel; mais ou suppose que C est réciproque à B, c'est--à-dire, que le mineur est d'une étendue égale à celle du moyen; on en conclut alors : donc A est B, c'est-à-dire que tous les animaux sans fiel sont longèves. En conservant les prémisses telles qu'elles sont ici posées, le syllogisme à conclusion universelle se forme dans la troisième figure , ce qui est contre lesjègles; mais en convertissant la mineure, on retrouve la première figure , c'est-à-dire , le mode Barhor ra. Premier syllogisme : A est à tout C, B est tout G ; Donc A est à tout B, c'est l'induction ordinaire. Ou en convertissant la mineure réciproquement , second syllogisme : A est à tout C, G est à tout B ; Donc A est à tout B.— Car l*on a détrumiré plus haut, c'est la règle du chapitre précédent, 8 8. Elle sert en efTet de fondement à l'induction ; quand deux

termes sont attribués à tout un troisième , et que ce troisième terme est réciproque au second des deux termes, il faut que le premier de ces termes soit aussi attribuable au second. C'est ce que justifie complètement l'exemple d'induction qui vient d'être donné.— C est composé de tous les cas particuliers , c'est-à-dire que G contient exactement le nombre total des animaux sans fiel, de sorte qu'il est parfaitement égal à B, qui est cette totalité même. D'une part ce sont les parties , de l'autre le tout. Si l'on n'a point omis de parties, il est évident que le premier membre de l'équation doit valoir le second, c'est-à-dire, avoir autant d'étendue que lui.— Car l'induction les comprend tous, Pour être complète et parfaitement exacte; mais ce n'est que logiquement. En réalité , dans la science , on se contente d'approximations qui sont, en effet, très-suffisantes. Parfois même l'induction se contente d'un seul cas particulier, et alors elle est poussée à son extrême limite. Elle est d'autant plus certaine qu'elle se rapproche davantage du général , de l'universel , et d'autant moins , qu'elle se rapproche davantage du particulier, de l'individuel. C'est à la science d'éviter les erreurs.

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