CHAPITRE XXVI
De l'Objection. — Définition de l'Objection. — Différence de robjection et de la proposition. — L'Objection est de deux espèces, et se forme dans deux figures. — Objection à la proposition affirmative; à la proposition négative. — L'Objection ne peut avoir lieu dans la seconde figure : motifs divers de cette exception. — Autres espèces d'Objections.
§ 1 . L'objection est une proposition contraire à une
éeonduit^ parce que la mineure est plus facile à comprendre que la conclusion.
L'Objection a quelque analogie avec l'Exemple. Il n'y a point pour robjection quatre termes; mais il y a quatre propositions. D'abord,, la proposition initiale à laquelle TObjection s'adresse : puis, les trois propositions, du syllogisme dans lequel se forme l'Objection et dont la conclusion doit être opposée à la proposition initiale. L'Objection ne parait point former une espèce particulière de raisonnement. Elle n'apporte point
de nuance nouvelle dans la composition du syUogisme ; mais il est important toutefois de savoir quels sont les rapports syllogistiques de la proposition qui nie à celle qui aiflirme, de la thèse à l'Objection. Une proposition absolue étant donnée avec son sujet et son attribut , pour nier l'attribut du sujet, s'il a été affirmé , pour l'affirmer s'il a été nié, quels termes emploiera-t-on? Les termes auxquels on a recours peuvent être de deux espèces : ou ils sont supérieurs au sujet, ou ils lui sont inférieurs; supérieurs, ils le
autre proposition. § 2, £Ue diffère de la proposition en ce qu'elle peut être même particulière, tandis que la pro*position ne le peut pas, ou du moins ne le peut dans les syllogismes universels. § 3. L'objection est de deux espèces y et se forme dans deux figures. Elle est de deux espèces; car toute objection est, ou universelle, ou particulière. Elle se forme dans deux figures; car les objec-
comprennent; inférieurs, ils sont compris en lui. Dans le premier cas, l'Objection est universelle, dans le second elle est particulière. La proposition initiale et TObjection doivent se trouver dans la même figure ; car pour Tune comme pour l'autre , la forme des propositions qui composent le syllogisme ne change pas; il n'y a que leur qualité qui passe de l'affirmation à la négation, on réciproquement. Ainsi, la figure du syllogisme reste la même; et comme la première figure et la troisième sont les seules qui offrent des conclusions opposées, il s'ensuit que l'Objection ne peut avoir lieu que dans ces figures, et qu'elle ne saurait se produire dans la seconde.
§ 1. L'objection est une proposition contraire, la définition peut paraître un peu vague; mais la suite la fait bien comprendre. Contraire , doit s^entendre ici , et de la proposition réellement contraire, et de la proposition contradictoire.
$ 2. Elle diffère de îa proposition , à laquelle elle est opposée. — Elle peut être même particulière, en effet TObjection , quand elle est universelle négative, est conti^ire à la proposition initiale qui est universelle affirmative; quand elle est
particulière négative, elle est contradictoire à la proposition initiale :
dans les deui cas, elle lui est opposée et la détruit.— Ou du moins ne le peut pas dans les syllogismes universels, en effet, pour obtenir une conclusion uliiiverselle , il faut que les deux prémisses soient ellesmêmes universelles.— Aristole semble. Derniers Analytiques ^ Hv. i, ch. li, § 11 , contredire la règ^qn*il pose ici ; il y affirme que TObjection est toujours universelle. Mais c'est qu'il s'agit , en cet endroit, de TObjection propre à la démonstration où touies tes propositions doivent être universelles; et l'Objection doit l'être aussi pour être démonstrative.
§ 8. Ikmte affection est ou «m^ verseîiey Voir plus bats, le preffifër exemple du S 4. — Ou partievUM^ Voir le second exemple éa même $.
St ies eonclusiùns opposées m êe trouvent gue dans ki première et ia troisième /l^ftirê<,En eflétla seconde ik^a que des conclusions «dgatives; la première et la troisième sont les seules qui aient, à la fois, des conclusions affiiteatives et des oonchisions négatives; et ce sont VuÊÊr^ mation et la négation mêmes qui forment l'oppoi^tioii, to^jourB nécessaire pour rOfeJect£Ai.
LIVBE II, CHAPITRE XXVL 33»
tioiis fiont toujours opposées à la propositiop } et |e$ conclusions opposées ne se trouvent que di^ns la première et la troisième figures. § 4* £1^ effet , quanil quelgii'un demande une proposition affirmative universelle , on lui fait Tobjection par une négative universelle ou par une négative particulière. £t, de ces deux formes de prppp* sition, Tune, la négative universielle, ^t de la prejpière figure; et l'autre ^ la négative particulière , dp la troisième. Par exiemple, soit^ A, que la notion est unique, et B, les contraires. Si quelqu'un a soutenu qu'il n'y ^^^'^^^ notion unique pour les deux conti^aires^ pn lui fait une objection en disant qu'il n'y a pas du tout nne notion unique pour les opposés; or, les contraires sont des opposés. Et, dans ce cas ^ on a la première figure. Ou bien , on lui objecte qu'il n'y a pas une notion unique pour le connu et l'inconnu ; et alors on a la troisième figure. En effet , de C , c'est-à-dire , le connu et l'inconnu , il est vrai de
S 4. Voici les deux espèces d'Ob- tension du suj.et, au lieu de pren-< jecUon. — Objection universelle, en dce un terme qui le contienne. Soit planant un terme supérieur à Tattri- le connu et Tinconnu qui sont des but, c'est-à-dire , plus étendu que contraires , et Dorment par consélui. Soit la proposition initiale : AB, queot un terme moins large, puisla nation des contraires est unique, qu'ils ne sont4|u'une espèce par rap- Pour faire TObjection on prendra le port à un genre. Le syllogisme de .terme de : opposé, qui est plus large robjeçtion se forme alors en Fe- ^lue celui de : contraire, et Ton aura lapjiùn de la troisième figure : La le syllogisme de TObjection en Ce* notion du connu et de Tinconnu larefiir de la première Ggure, .comme n'est pas unique : .or, le connu et on aurait en Barbara celui de la Tinconnu sont des contraires : Donc proposition ini^ale : La notion des la notion de tous les contraires n'est opposés n'est pas unique ; .or, }es pas unique. Et dans ce eaiona la contraires sont des opposés : Donc prevmr£ figure, Celarent. — Et la notion des contraires n'est pas alors, on a la troisième figure, Feunique. — Objection particulière, en lapton , Conclusions universelle et .prenant un tenne CQUtenu dans l'ex- particulière négaUves.
340 PKEMIERS ANALYTIQUES.
dire que ce sont là des contraires; mais il est faux qu'on les connaisse par une notion unique.
§ 5. De même pour la proposition privative; si quelqu'un demande qu'on lui accorde qu'il n'y a pas une notion unique des contraires , nous soutenons qu'il y a notion unique pour tous les opposés ; ou du moins pour certains contraires , comme , par exemple , pour le sain et le morbide. Quand on dit qu'il y a notion unique pour toui3 j c'est la première figure; et , pour quelques-uns, c'est la troisième.
§ 6. En général, dans tous les cas oîi l'on fait une objection universelle , il faut nécessairement joindre la con-
S 5. De même pour la prapoHtion
privative, la méthode reste tout à fait pareille, si la proposition primitive, nie au lieu d*affirmer. Si, par exemple, on pose d'abord que la notion des contraires n'est pas unique, robjection universelle doit prouver qne la notion de tous les contraires est unique ; TObjection particulière, que la notion de quelques contraires est unique. Dans le premier cas, le syllogisme est en BarharadeU première figure ; et dans le second, en Darapti de la troisième. — Syllogisme de robjection universelle : La notion des opposés est unique : les contraires sont des opposés; Donc la notion des contraires est unique.
— Syllogisme de Tobjection particulière : La notion du sain et du morbide est unique : le sain et le morbide sont des contraires ; Donc la notion de quelques contraires est unique.
8 6. L'Objection ne peut jamais avoir lieu dans la seconde ligure ;
car, pour robjection universelle» il faut joindre la contradiction qu'on faite par le nouveau terme à celui des termes donnés qui est universel^ c'est-à-dire qu'il faut conserver l'attribut de la proposition initiale. Par exemple, si la thèse est que la notion des contraires n'est pas unique, notion unique étant l'attribut , et contraires le sujet, l'Objection conserw l'attribut et dit : La notion des opposés est unique; er il faut néees^ sairement alors que ce soit la pre^ mière figure j parce que le terme universel, par rapport au sujet, devient son attribut dans la mineure:
Les contraires sont des opposés. Ainsi l'universel : opposés, est sujet dans la majeure, et attribut dans la mineure : il est moyen , et c'est la première figure. — Pour la contradiction particulière, on doit prendre un terme renfermé dans l'extension du sujet; et le sujet de la proposition initiale devient alors attribut dans la majeure : le nouveau terme y est