ANALYSE DES SYLLOGISMES
Jusqu'ici l'on a étudié les syllogismes tout faits, soit dans leurs formes diverses, soit dans leur terme essentiel. Il s'agit maintenant de dégager les éféments du syllogisme, des éléments étrangers auxquels ils sont mêlés dans les discours et les raisonnements ordinaires. C'est là ce qui constitue, à proprement parler, l'analyse. D'abord donc, il faut chercher les deux propositions du syllogisme. Ces deux propositions une fois trouvées, il faut examiner laquelle est la majeure , laquelle est la mineure. Il faut voir, enoutre^, quelle est l'universelle, et quelle est la particulière. Par ces recherches, on reconnaîtra la figure spéciale du syllogisme ; car, dans la première figure , par exemple , comme dans la seconde , la majeure est toujours universelle. Si, dans le discours qu'on analyse.
DES PREMIERS ANALYTIQUES. xxvii Fane dès deux propositions nécessaires au syllogisme a été omise y il faut la rétablir. Si , au contraire, on a donné plus de propositions qu'il n'en faut y on doit laisser de côté les propositions inutiles. Du reste, il faut bien prendre garde que toute conclusion nécessaire n'est pas, par cela seul, syllogistique ; elle peut être nécessaire , sans que les formes régulières aient été observées. Le syllogisme qui , au fond , est la seule forme possible de raisonnement , est caché dans ce cas ; et alors la conclusion est nécessaire par la pensée même, sans l'être cependant par la forme. Les propositions une fois obtenues, il faut les analyser en leurs termes. Et d'abord, il faut voir, parmi ces termes, quel est le moyen. On le reconnaîtra sans peine en ce qu'il est répété dans les deux propositions , et ne fait point partie de la conclusion ; les deux extrêmes , au contraire , entrent dans la conclusion , et ne sont posés qu'une seule fois chacun dans les propositions. La position du moyen indiquera du reste la figure du syllogisme. Toute énonciation qui ne présentera point cette répétition d'un même terme devra , par cela seul , être considérée comme n'étant point syllogistique. Enfin, la forme même de la proposition indiquera , indépendamment du moyen , la figure où elle peut être obtenue en conclusion. Ainsi, la seconde figure ne peut ja-