‹ De la logique d'Aristote (volume 4)Chapitre 73 sur 98 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Diyisîon de la seconde partie.

Une fois assuré de l'authenticité de rOrganon, par de si nombreux et si graves témoignages, on peut se demander quelle est cette doctrine qui a traversé les siècles , en les dominant, que riea jusqu'à cette heure n'a ébranlée, qui du premier jet est arrivée aux limites mêmes de la science , et l'a épuisée ; cette doctrine à laquelle le génie des Kant, des Hegel a rendu les armes, et que la philosophie a désespéré de faire plus complète et plus profonde.

La doctrine contenue dans l'Organon se lie essentiellement à une doctrine plus vaste, qu'Aris- * tote n'a point exposée, il est vrai, dans des traités spéciaux , mais dont les divers éléments sont répandus dans tous ses ouvrages, d'où l'on peut

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aisément les tirer. C'est la théorie générale de là connaissance , comme l'Ôrganon est la théorie du raisonnement, en lui-même et dans ses applications pratiques. L'Organon n'est donc qu'une partie d'un ensemble plus étendu , %t le considérer dans son isolement 9 ce serait risquer peut-être de ne pas le bien comprendre, et certainement de n'en point sentir toute la valeur.

Il sera donc nécessaire de diviser en deux parts

l'analyse destinée à faire connaître l'Organon : la première renfermera l'analyse de l'Organon lui-même, fidèle, le suivant pas à pas dans l'ordre précis où nous le possédons, et que paraît sanctionner l'autorité même du Stagirite. La seconde partie de l'analysé présentera, en évitant toutes les digressions qui ne seraient pas indispensables, une théorie générale de la connaissance , d'après Aristote. On s'arrêtera surtout dans cette seconde partie aux objets qui se rattachent le plus directement à la logique , et c'est uniquement dans cette vue qu'on fera quelques emprunts à la métajphysique et à l'ontologie. Les deux domaines de la logique et de la métaphysique sont si proches , les limitas en sont si peu définies, qu'cxi ne s'étonnera pas si de lune on doit souvent passer à l'autre. De nos jours, Hegel, l'une des gloires de l'Allemagne philosophique , les a identifiées; et dans la logique d' Aristote , le premier traité qu'elle présente , celui qui sert en quelque sorte de base à tout l'édifice, celui des Catégories, est au moins

ANALYSE DS l'ORGANON. ^ CHAP. I. 459

aussi métaphysique que logique; souvent les commentateurs et les plus éclairés des péripaté* ticiensy ont hésité sur la place qu'il convenait de lui assigner, et les deux historiens de la philo* Sophie les plus récents et les plus distingués , Tennemann et M. Ritter , ont , Tun , transporté l'examen des Catégories à la métaphysique ^ et l'autre, réuni la logique et la métaphysique d'Aristofe.

On ne sera donc point. surpris que nous ayons agrandi le cercle déjà si vaste de nos recherches, nous imposant, du reste, d^apporter dans ces excursions le plus de réserve que nous pourrons.

Enfin, pour compléter cette étude de la logique péripatéticienne et de la théorie de la connaissance , selon Aristote , il restera encore à déterminer le plan, le caractère et le but de l'Organon.

Ainsi, dans la première section de la seconde partie, on donnera une simple exposition des pensées d'Aristote, telles que TOrganon les fournit; dans la deuxième section , on fera voir cominent elles se coordonnent avec sa théorie de la connaissance; et enfin, on montrera quelle est la méthode du Stagirite dans cette description scientifique de l'esprit humain, la première en date, et Tune des plus importantes qui jamais en aient été tracées.

On ne présentera point l'analyse de Tintroduction de Porphyre , quoiqu'on en reconnaisse toute la valeur ; mais deux raisons semblent décisives

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pour la faire exdure : d'abord , puisqu'il s'agit de faire connaître l'œuvre d'Aristote, il paraît peu convenable d'y comprendre celle d'une intelligence étrangère , bien que la doctrine dé cet ouvrage, approuvée par les siècles, soit essentiellement péripatéticienne. En second lieu, le traité de Porphyre est tiré en bonne partie des Topiques d'Aristote lui-même ', et il suffit de s'en tenir au Stagirite sans descendre à ses élèves. On essaiera , plus loin , d'apprécier le mérite de Porphyre *.

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