LIVRE PRËMIEB DES TOPIQUES
Aristote débute ^ selon «on habitude, par eipo$er, d'une manière générale , l'objet qu'il se propose y et ici*(ch. i. loo, a, i8)y «l'objet de ce V traité y dit-il, est de trouver une méthode qui « nous mette en état de raisonner sur toute espèce ce de sujet, en parlant de données probables, et « qui nous apprenne à ne point nous contredire « nous-mêmes , dans le cours de la discussion. » Ces opinions probables, sur lesquelles va reposer toute la doctrine des Topiques , sont celles qui ont pour garant l'autorité des hommes, que Ton prenne d'ailleurs la totalité des jugements humains, ou la pluralité, ou bien qu'on s'adresse seulement $iux sages , et parmi eux encore , soit à la totalité, soit à la majorité, soit même à la minorité des plus connus et des plus illustres.
Aristote reconnaît quatre genres de syllogismes: le démonstratif, qui part de principes vrais, primitifs , évidents par eux-mêmes , et sans qu'il soit nécessaire d'en rechercher la cause; le dialectique, qui parties opinions probables, ayant pour elles d'imposants suffrages ; l'éristique (èpirucoç) ou con ' testable, partant d'opinions qui semblent probables, sans l'être cependant réellement; enfin, une quatrième espèce qui ne mérite même pas le nom de syllogisme , parce qu'elle ne donne pas un raisonnement proprement dit; c'est celle qui semble procéder d'opinions paraissant probables, mais
qui, par quelque vice de forme, n*en procède même pas véritablement.
toîjûf 5. Il feuft joindre à ceé^ quatre eupèces du syllogisme, le paralogisme, qui 6e rapproiske de la dernière , maàê qui est borné à une science spédalé, dans laquelle oli prendrait d^ dotmées ÊiusséÀ, qui n'auraient même point pour elles IW sentiment d'aucune autorité.
Aristote s'arrête fort peu à ces distinctiohê du syllogisme , il nefait qu'en donner une esquisée(&c T^irco irepiXotëerv) , comme il le dit lui-même; et tette réserve semble tdut-à-fait convenable, si l'on admet que la composition des f opiques est posté' rieure à celle des Analytiques. Il est peu probaMe^ en effet, qu'Aristote n'entende point encore idpai* sjrllogi^me démonstratif, tout Ce qu'il a compris sous ce nom dans les traités qui pnécèdènf .
Cb. a , loi , a^ aS* Cette éttidë des TopiqdM petit être utile de trois manières: i^ d'abord, comme exercice dlhtelligencé (yujAvttfrCéev); ft'eUé {lëut servir adx discU^siôhs , où l'on ne rencontre habituellement {it^ç tàç MéuCei^) que deâ^ôpiliiond probables, qui servent de poitit de dépattà Ift dia*^ léctiqiié ; 3* enfin , é\é peut être bonne ihêihe ) l'acquisition de là tonnaissatice philosophique (^pàç ♦tiç Tutck ^loct^ihLi i'kt^^ûf;)^ et deé principei eùx-^nlêmes. Investigatrice pàt Uâltui^ (iÇéTa^»^ yàp oifta ) j là dialectiqtte peut outrir le chéttiin tét^ lés pribcipes génératix dé» âcienoei, tout en |>roeédanl; piar h probable.
AjYAtT^ tmà fdPlQvté. ^ivf. t. CHÀP. ru ItSS
< Gb. 3, Idî^ ^y 5. Il ferait à détàtev ici que là méthode qu'on trouVefâ fut ati&si bonne que délié de là rfiéterique et de la médecibe, et qu'on arrivât, du tnoihs, k «aVdif tii^et- tout le parti possible des éléments dout bn peut disposer. Ori Voit paf^ eë irtdû d'ArîStôttt qûHl àssiihile la Topique à uiî art^ et qu'il est lolu de la plàcei^ à la même hautêtu* qlie là science analytique.
Ici fihiila première partie de ce livre, et ce qù*ôiï potitrait appeler Tiiltroduction des Topiques. ÂrJsfote y â elposé l'objet, et l'utilité de la métlioflé dialectique qu'il va développer. Il cherche, dahi^ la partie suivsmte, à montrer sur quels élémetutâ elle s'exerce , c'est-à-dire , quelle est la matière et la forme des discussions dialëctiqties.
Ch. 4 , t o t ^ b, ï t ; Il éniimête donc les seuls objets possibles de toute discussion, et ces objets sont précisément ceux des jugements et dés syllogismes! Cette dassifieatioti ^st la base même de toute là Topique : et l'on verra qu'elle sert à en donneî* les divisions principales} Aristbte y dfemèurë 4conslatlimênt fidèle. Voici Comment il Téxposê lui-itiétUë t
Ch. 4, 101, b^ il. «Il faut Voii* d'abord d'ôû «e prœède cette éttlde. Si nous âvit)ris en effet touS « les ôbjetÀ âùiquels s'appliquent les ràisbhne<^ ft meûts, et éfevLX dont ils s(mt formés, Si nous âViônS «c en tititrê tes mofètï^ assurés de tibuS les {)h)duk ttàtf nous aurions précisément ce que nous chei^tà thons. Geisoht etiefifetdes objétb identiques et
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« égaux en nombre que ceux d'où viennent les oc raisonnements (^oyo;), et ceux auxquels se rap- « portent lessyllogismes. Les raisonnementssecom- « posent de propositions, et les syllogismes concer- « neut les questions. Or toute proposition, comme a toute question , ne démontre que le genre , ou le c propre, ou Faccident, puisque la différence, en « tant qu'appartenant au genre, doit être classée « avec lui. Quant au propre , il peut à la fois ex- « primer, ou ne pas exprimer, l'essence même de la « cbAse : divisons-le donc d'après ce point de vue; « et que le propre, qui exprime ce qui fait l'es- « sence de la chose , soit appelé définition (jSfoç) , « et que l'autre espèce de propre garde spéciale- ,« ment la dénomination commune aux deux. Ceci « montre donc évidemment que, d'après notre dia vision , il n'y a ici que quatre objets en tout : le u propre, la définition, le genre et l'accident. Qu'on ^ a ne suppose pas du reste que nous veuillons dire « ici, que chacune de ces choses forme à elle seule a une proposition ou une question; nous disons « seulement que ce sont elles qui forment toute « question, toute proposition. La question et la a proposition diffèrent par la forme ; en voici un a exemple :,A%^|[|S|i terrestre bipède, est-ce la décc finition de l'bbmme ? Animal terrestre bipède, « est-ce le genre de Thomme? C'est une proposia tion.. Mais si Ton dit : Animal terrestre bipède, 9 estrcp,^o;a n'est-ce pas, la définition de l'homme? « ou bî^îyi'^n^n^l ^^'^^ legenre de rhomme,ou ne