CHAPITRE TROISIEME
Des Catalogues de TOrganon.
On peut compter jusqu'à^ix catalogues anciens de l'Organon , dont trois sont spéciaux , et dont trois autres, quoique moins directs , ont cependant leur importance. Les trois premiers sont ceux de Diogène Laërce ^ de l'anonyme de Ménage y et des Arabes. Les trois seconds sont ceux d'Ammonius» de David l'Arménien et deSimplicius, qui, dans leurs commentaires sur les Catégories, ont donné les uns et les autres une classification abr^ée des œuvres complètes d'Aristote, et qui, comme on l'a déjà dit plus haut, ont fait une section spéciale pour les ouvrages de l'Organon « rà Xoyixà ii op^cev uca.
i$ namifeAK partis^ .
On peul &ire remonter Tépoque de Diogène Laërce jusqu'au commencement du troiaièmesièdef ranonyme, sans doute plus récent, ne saurait être placé chronologiquement d'une manière précise : mais il est prob^ement antérieur à Ammonius^ à David et à Simplicius ; enfin , le catalogue des Arabes , donné par Casiri * , est le plus récent de tous^ et il doit être postérieur à Alpfaarabius et Algastel, c'est-à^re aux X^ et XP siècles. On sait du reste qud[le en est l'importance^ U dérive d'une source qui 9 sans être absolument différente des autres, s'en éloignc^cependant, comme on leverra, à plus d'un égard.
L'Organon , tel que nous le possédons aujour^ d'hui, se compose de tbi parties distinctes :
1*^ les Catégories, en un livre;
a^ L'Herméneia, en un livre;
3^ Les Premiers An^y tiques , en deux livres ;
4*^ Les Derniers Analytiques, en deux livres;
5*^ Les Topiques, en huit livres;
6*^ Les Réfutations des sophistes , en un livre.
Dans Boé'ce et les commentateurs latins en général , J'Herméneia est partagé en deux livres , ainsi que les Réfutations des sophistes. On reviendra plus loin sur cette question.
Le Catalogue de Diogène n'indique pas moins de quarante-deux titres d'ouvrages qui pourraient être
s . Cuki, WUiïDlfc. ar«b0 , t. i, p. 366.
DE t'AUTHENTICm BS ft'OB0JJfeN. — GHAP. IIL tl
rapportés à la log[ique.Il serait inutilede lesciler tout. En traitant phis tardde la composition de VOrgàBoo^ on en fera tout Tusage qu'ils semblent pouvoir offrir* On se bornera donc à étaUir ici que Diogène Laërce nomme tous les ouvrages que nous posp sédons aujourd'hui , et avec les titres qu'ils ont gardés jusqu'à nous. Seulement son catalogue fort confus ne nous les donne pas dans l'ordre qui a prévalu jusqu'à nos jour^ll indique; i^ Kavrrf^kfêJSm «'; 2,^ icepi épjiwwaç a ; 3® irpor^pAiv ÀvàXurucfiiv V} 4** 'Avah >tmxûv ûç^puv [xeystXcov ^'} on a prétendu qu'il n'avait indiqué ni les Toirucà j ni les otxpiçucol D^tyxpiy sous les titres mêmes qu'ils ont maintenant; et cette assers tion, généralement répétée, paraît aujourd'hui ne faire plus de doute. Mais s'il est vrai que, dans son catalogue, Diogène ne donne précisément ni les Toirixà y ni les lof içixoi ?X&Yy oi , on aurait pu remarquer qu'il les donne l'un et l'autre, liv. S^^ng, en gisant une analyse succincte de tout l'Organmi. Ainsi on peut ajouter sans errenr au catalogue de Diogène, et d'après Diogène lui-méilie : S^Tomxà; 6^ 2of K-ucoi iXey^oi , sans indication du nombre des livres* On peut remarquer en outre que, dans ce paragraphe 29 , Diogène appelle deux fois les Derniers Analytiques ÀvaXuTucà ZçtfCLy conformément au titre actuel, et non plus 'AvaXimxà Sçepa ffÂyoîka.
Diogène Laërce possède donc déjà, au commen* cément du IIP siècle, toutes les parties de l'Oi^^anon. La seule différence qu'ofifre son catalogue est celle qui concerne le nombre des livret des Pramiers
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Analjrtiques. U le fait monter à huit. Ce nombre varie dans les manuscrits et les éditions : les plus correctes donnent huit; dans quelques-unes on rencontre neuf, et enfin Henri Etienne parait avoir eu un manuscrit qui donnait dix , puisque c'est le nombre qu'il a adopté '.
Le catalogue de l'anonyme ^ , qui paraît aussi confus que' celui deDiogène, est moins complet, puisqu'au lieu de quarante-deux ouvrages logiques, il n'en porte plus que vingt-sept. Quelques phi* lologues ont émis l'opinion que ce catalogue de l'anonyme était une rectification de celui de Diogène, et pouvait lui servir de complément. Dans ce cas spécial, il en serait tout le contraire, et l'on peut dire qu'en général le catalogue de l'anonyme et sa biographie d'Aristote sont loin de valoir en ^renseignements précieux l'ouvrage de Diogène, tout défectueux qu'il est. Le travail de l'anonyme paraîtrait plutôt un extrait qu'un remaniement complet. Quoiqu'il en puisse être, ce catalogue reproduit toupies titres actuels, comme Diogène, et dans un désordre à peu près semblable. Ony trouve:
i^KaTYiyopiôv a.
i^ nepl éppLvi^i^ç a'; 3® npoTeptov 'Ava^uTwtôv 6' et nporépwv 'AvaXuTixûv p', comme aujourd'hui;
4° 'AvoXutwcôv ùç-^pwv p';