CHAPITRE DEUXIEME
ioalfsedeB Catégories.
I^es commentateurs grecs et latins, et, à leur suite, tous ceux du moyen-âge et de la Renaissance, ont en général divisé les Catégories eu trois parties distinctes , qui sont en efiet
I. Tùr ^Ds loin duu cette putie, Tofnq. , fin do Uftt (. 1. Voir plu loin, dioa la J* pirtîe, cb. 6.
ANÂLTSE DIS CATÉGOHUS. — CHAP. U. 441
nettement tranchées dans l'ouvrage lui-même, bien qu'ancuoe indication formelle ne les établisse. La première est appelé Prothéorie, la seconde, Théorie, et la dernière, Hypothéorie, c'est-à-dire: Préliminaires de la Théorie, Théorie, et Appendice de la Théorie. Cette division est à conserver parce qu'elle est exacte, et l'on se gardera d'y rien changer ici. La Protbéorie correspond aux trois premiers chapitres des éditions ordinaires , et comprend des définitions de diverse espèce, la division des mots, selon qu'ils sont unis ou séparés, et enfin les règles les plus générales de leurs rapports , comme sujets et attributs. LaThéorieproprementditecomprend,'du chapitre quatre au chapitre neuf inclusivement, réoumération et l'examen des Catégories, traitées, selon leur importance, avec plus ou moins de développements. L'Hypothéorie , ou appendice de la théorie, renferme le reste du traité, c'est-à-dire une explication détaillée de plusieurs expressions employées dans les Catégories , et tout-à-fait nécessaires à qui veut les hien comprendre . C'est là cette troisième . partiequ'ÂndroDicusde Rhodes prétendaitrejeter, mais à tort, comme on l'a vu plus haut.
. Dès les premières hgnesdu traité des Cat^ories, la manière vive, serrée, et l'on pourrait dire, impérieuse, d'Aristote, se peut aisément apercevoir. Il aborde son >ujet par des définitions qui ne s'y rattachent que de très loin , et dont il ne
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44S racnbifs partie. — ncTioH i.
prend pas la peine de montrer la liaison avec ce
qui va suivre :
Les choses sont dites homonymes (ô|j^vu|ui), quand leur appellation est ta même, et que leur définition essentielle est différente (à ).Q-)Q;Tîi;oùtrûcc). Ainsi un homme réel et un homme en peinture, sont homonymes-, car l'homme réel et l'homme peint reçoivent le même nom, la même appellation; nuis leur définition essentielle est toute différente.
Les choses sont synonymes (<iuv<ovu|jLa'), quand dies reçoivent le même nom et la même dé6nition; homme et bœuf sont synonymes en tant qu'animaux; car ici le nom et la définition de l'homme et du bœuf; en tant qu'animal l'un et l'autre, sont essentiellement identiques.
Les choses sont paronymes ou dérivées ( icapril- «(«[), quand leur nom est tiré «fun autre mot" dont le leur ne diffère que par la terminaison: comme grammairien de grammaire.
Cette introduction des' Cat^^ories a donné lieu, parmi les commentateurs grecs, à une discussion qu'il serait, aujourd'hui même, difficile de vider bien complètement. S'agit-il ici des mots ou des choses mêmes qu'ils représentent ? On peut voir dans Ammonius , dans David ' , dans Simplicius , que cette question n'est pas sans importance, et que les deux opini<His contraires ont été soutenues par des noms illustres. Elle a été tran-
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ANALtSE DM CiXÈGfmn.—COÀr. 11. -148
chée en faveur des cfaoees , dans la courte analy Se qu'onjvient de lire; mais il est bon de déclarer qne le texte même d'Aristote où l'expression est tout-à-fait indéterminée (6[uâvu(iK , «uvc&vufjut U^vesu), peut prêter à une double interprétation , et qu'ici l'on pourrait entendre également que oe sont, les mots qui sont appelés homonymes, synonymes et paronymes.'ïl est certain que dans le reste du traité, il s'agît plus des mots que des choses^ mais ta double nature, logique et ontologique, des Catégories, est cause de l'incertitude , fet l'on peut à la fois comprendre, mais sous des points de vue différents, qu'il s'agit des choses et qu'il s'agit des mots.
Du reste, on verra plus tard , par l'analyse des autres parties de l'Orgalion, et la suite même de celle des Catégories , de quelle importance est cette doctrine préliminaire. Aristote en fait, dans ses divers ouvrages, un fréquent emploi, et l'on pourrait citer notamment Métaphys., liv. 3, eh. a, p. ioo3,a,33;Mor.,Nicom.,liv.â,ch.a,p. 1129, a, 37; Physiq. , liv. 7, chap. 4» p- »48, b, 16; etc., etc.
Comment cette doctrine se rattache-t-elle k la suite du tr^té? Sur- cette question, les covmentateure sont en général muets, et certainement elle n'est point aisée à résoudre. Un examen attentif m'a amené k cette conclusion , qu'Aristote a voulu spécifier ici la nature propre des notions qui forment les Catégories, en traçant
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•144 DEnXIÈIIB FABTIE. — SECTION I.
i**' Les rapports des espèces entre elles , d'appellation pareille sous un métne genre , mais d'essence distincte; Oi" les rapports des espèces à leur genre, recevant, sous cette relation, un nom identique et une définition semblable. Les espèces sont entre «lies homonymes, et elles sont synonymes relativement à leur genre. Les paronymes sont une distinction à la fois réelle et grammaticale.
Cb. 3 , p. 1 , col. a , lig. i6. Les mots peuvent être unis ou séparés : l'homme court, parexemple; ou bien, homme, court, sans que ces deu& mots soient unis. Cette distinction mérite une attention spéciale ; elle sert à séparer nettement les Catégories du Traité du langage. Dans les premières, il ne s'agit que des notions exprimées par les mots séparés (aveu ffuitir'XoîtTi;); dans le second, au contraire, c'est la combinaison des mots entre eux (twv xatTi ffu[i.ir>.(»t^ 'ki'ffi^wmt), et leurs rapports, qui sont examinés.
Or, les choses qui servent de point de départ, et d'appui aux mots, se présentent, dans leurs relations entreelles, sous quatre aspects diiïéreQts.
i" Les unes peuvent être attribuées k un sujet ()utO' ûnowifjUvou X^yeTai), mais ne sont elle»-mêmes dans aucun sujet. Ainsi, homme sq dit de tel homme, de tel individu homme, et lui est attribué , mais ne se trouve cependant dans aucun sujet; car quel est le sujet réel d'homme?
a" D'autres peuvent être dans un sujet, et n'être attribuées à aucun sujet Aristote entend
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ANAtlSK DES CATÉGORIZS. — CHAP. II. -14S
(Tune chose qu'elle est dans un sujet, lorsque, sans y être comme simple partie, elle ne pourrait subsister sans ce sujet même (èv ûmnuLfjtivf;) hï ^yu D Êv Tivt [fô û; [A^po; iiitdfym à JûvaTQv x<^'^ ^^^^^ "^ ^ w lçî>).. Ainsi , la grammaire est dans l'âme de l'homme, dans l'esprit humain ; elle y est comme dans son sujet, sans en être cependant une partie essentielle; et de plus, la grammuire ne saurait être dite d'aucun sujet (xkQ' ûnoxetjiivou èi aiSisaç WytTKi. )
3° D'autres choses peuvent à la fois se dire d'un sujet et être dans un sujet ; ainsi , la science est dans un sujet qui est l'intelligence humaine; et de plus, elle peut être attribuée à un sujet, à la grammaire ^ par exemple.
4" £n6n, certaines choses ne peuvent, ni être dans un sujet, ni être attribuées à un sujet. Ce sont en général les individus et les unités (âicXût èi tk în^ xtxî £v àfiidf^^) : pourlant quelques-unes peuvent être dans un sujet, mais aucune ne saurait absolument être attribuée.
Cette théorie est de la plus haute importance , puisque c'est, comme on voit, celle du sujet et de l'attribut, des rapports généraux et réciproques des choses entre elles.
Aristote distingue ici deux sujets différents , l'on, dans lequel la chose est, l'autre, dont la chose peut être dite. Le premier de ces sujets est ce que l'on a nommé plus tard le sujet d'inhérence (subjectum inhœrentùe ou inexistentiœ , en grec
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149 DIDXltn PUTIB. — SBCIUMI I.
Tîi; îmiifUtùi) : le second, le sujet d'attribution (suùjeclum prœdicationis , en grec vfii Tutm^^tcti ). Ici se représente encore le double caractère des Catégories, «puisque le premier de ces sujets est réel, physique, tandis que l'autre est toqt moral , tout logique.
Après avoir exposé ce que sont en eux-mêmes le sujet et l'attribut , Âristote passe à leurs rapports, et établit comme règle générale:
Que, lorsqu'une chose est attribuée à une autre, prise comme sujet, tout ce qui s'applique à l'attribut s'applique également à son sujet. Ainsi, homme peut être attribué à tel individu, mais animal l'est à homme : donc animal sera également l'attribut de l'individu ; car un individu homme est à la fois homme et animal.
Puis, Âristote ajoute deux remarqua à cette règle générale, c'est que : i° dans les choses de genres divers , et non subordonnés entre eux , les différences sont aussi d'une autre espèce; a" dans les genres , au contraire , qui ont entre eux quelque rapport de subordination (tû* ûtt' «ïAnliaTETtr)- (*ivwv), les- différences peuvent être identiques. Ainsi, pour l'animal et la science qui sont de genres divers et non subordonnés, les différences sont spécifiquementautres, puisque l'animal est ou terrestre, ou aquatique, ou volatile, différences qui ne vont pas du tout à la science : dans lés genres subordonnés » au contraire, toutes les
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AiULTn DU cAitogBBs. -^ CAtv, II. An
différences de l'attribut peaveat être en nombre égal celles du sujet lui-même.
ll^est besoin de faire remarquer ici que cette doctrine se lie intimement à celle du Syllogisme, et lui est tout-à-fait indispensable. C'est la base de la Êtmeuse règle de omni et de nulh, tunk xavriç , xot' o& Jivof.
Après avoir ainsi classé les choses qui peuvent servir de sujets et d'attributs , et par conséquent aussi les mots qui les représentent , Aristote revient à la division qu'il a faite plus haut entre ceux-ci , et il pose en principe que les mots , pris séparément, ne peuvent exprimer qu'une des dix choses suivantes : i" substance; s" quantité; 3° qualité; 4° relation; 5° lieu; 6° temps; 7°»!-. tualion; S** manière d'être; 9" action; 10° passion ou souffrance. Par exemple, la substance, c'est homme, cheval; la quantité: de deux coudées, de trois coudées (èiiniyti , rptirax"}; '^ qualité : blanc, grammatical ; >la relation : double , demi , plus grand ; le lieu : dans le Lycée , dans la place publique ; le temps : hier, demain ; la situation : il est couché, il est assis; la manière d'être: il est chaussé, il est armé; l'action : il coupe, il brûle; la passion ou souffrance : il est brûlé,' il est coupé.
Voilà la proposition fondamentale des Catégories. Comment Aristote y est-il arrivé? Rien ne nous l'apprend. Il faut ici l'accepter telle qu'il la donne, sauf à en apprécier plus tard la réalité et la valeur. Ainsi, Aristote parti de simples distinctions
m DBUXliia PAXTIB, — SECTION t.
entre tes choses et entre les mots , arrive à cette coaclusion que les mots , indépendamment de leur combinaison, dont il s'occupera plus tard, ne peuvent représenter les choses que sous dix aspects différents; et comme les mots ne sont que l'image des choses (ôfLoiuftaTa, trjfiëoTjt tûv icpay- [jutTwv. — Deinterpret., ch. i , p. 16,3,7), ii *'^n* suit que les choses, ou pour prendre le mot qui les comprend toutes, rétre,ne peut avoir que ces dix modes d'existence. Ce sont donc à la fois les catégories de la pensée et les catégories de l'être (aï xa-myoptai •mi.w-coi).
Aristote ajoute que les mots pris à part , comme ils le sont ici, n'expriment ni vérité ni erreur, et né forment par conséquent ni affirmation ni négation , puisque toute affirmation et négation doit être vraie ou fausse.
C'est avec cette énumération des Catégories que commence la flïwpîa proprement dite, c'est-àdire la seconde seclion des commentateurs, et l'examen détaillé des catégories.
Catégorie de la substance , ^ tîîç oùdia; Kocmyopîa.
Ch. 5, p. a, a, 1 1 . La substance, proprement dite , la substance première et supérieure, est celle qui ne peut ni être dite d'un sujet , ni être dans un sujet; ainsi, un homme, un cheval.
La substance réside donc essentiellement dans l'individu, et n'est point ailleurs, comme l'avaient
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ANAbTSE DES CAtÉGOBIES. — CHAP. U. 449
prétendu Platon et d'autres écoles. Aristote, sans désigner ici son maître, l'a certainement en vue, comme le prouvera bien mieux encore la suite de cette discussion.
La substance se divise en substance première et substance seconde : la première comprend les individus; la substance seconde comprend, d'abord les espèces dans lesquelles se répartissent (ûnâp^^oumv) les substances premières, les individus ; et ensuite, les genres de ces espèces (Taïrâ ts xaî -ri -rSv
Les premières substances sont la base et le principe de tout le reste; car élites servent à tout de sujet, ou d'attribution, ou d'inhérence (rà S'âtk'kx itévra ïÎTOi xaô' 07roxEi|jiiv(i)v WyETai tûv lîpwrow oùiriûv î sv {tmxiifUvxti «uTaîç tçiv. ) Sans elles, rien ne serait ( ^i\ oùsùv oûv tëv nptuTuv oùotùv iSvtxTW tûv
Ainsi, le particulier (ti xaô'ëitoiça), t'individuKl, est, pour Aristote, le fondement de toute sa doc- • trine , tandis que, pour Platon, c'est au contraire le général , l'universel. U est impossible de trouver une opposition plus complète.
L'espèce est plus substance que le genre, car elle est plus voisine de la substance première , [ÈYyiDv TÂç TTpwniç o'juîa;) de l'indiùdu. L'espèce est au genre ce que la substance première est k l'espèce : l'espèce sert de fondement au genre {ImxM^M yàp th eïJo« t^ YévEi). C'est qu'en effet pour définir la substance première , un individu homme, par
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•IS9 DHJXdaiB PUtTIB. — nCTKR* t.
exemple, on se fera beaucoup mieux comprendre en prenant l'espèce homme qu'en prenant te genre animal.
Du reste , les espèces ne sont pas , l'une relativement à l'autre, plus ou moins substances; elles le sont également (ovJèv pJtkXm ÏTipov i-rfpou oùffia èç-îv);et de même, les substances premières ne le sont entre elles ni plus , ni moins : l'homme, le bceuf, sont également substances.
Après les substances premières, on ne saurait compter d'autres substances que les substances secondes, espèce et genre, parce que seules, parmi les attributs, elles désignent la substance première. Ainsi, la déGuition de l'homme et de l'animal , qui sont l'espèce et le genre d'un individu homme, conviendra encore à l'individu; mais ta définition d'aucune autre chose ne lui conviendra. De plus, les substances secondes, les espèces et le^ genres, sont k tout le reste ce que leur sont les substances premières ; elles sont les sujets de tous les accidents.
3,a,7. La substance ainsi divisée, Àristote passe à ses propriétés , et lui en reconnaît six , qui appartiennent, soit à la substance première, soit à la substance seconde.
La première propriété de la substance, et celle qui en quelque sorte la constitue puisqu'elle figure dans sa définition même, c'est de n'être dans aucun sujet. Cette propriété convient à toute Il substance, première et seconde. La première.
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: DIS CÀTteOBIES. — CHIP. n. 1M
i dans un sujet, ni ctite d'un sujet; pas dans un sujet , roais elle peut jn sujet, c'est-à-dire à ia première, ;nt. Mais, peut-on dire, x%tte tre point dan» un sujet, n'est pas >stance; elle appartient aussi à la n'est non plus dans aucun sujet.
que la diiférence est comme ta >ut, relativement à l'espèce qu'elle 1 a TU ( p. 1 45) qu'd a formellement entendre ainsi l'expression d'être donc, la différence ne saurait être e une véritable substance, propriété de la substance , proeste est essentiellement commune , c'est que « tout ce qui provient synonymiquement (3, a, 33); en les catégories , toutes les attrii dérivent , s'appliquent ou à des à des espèces. Pour la substance l'y a pas d'attribution possible, se dit jamais d'un sujet; mais dans I secondes, l'espèce est attribuée et le genre l'est à l'espèce et à t de même les différences sont IX espèces et aux individus. Les ondes espèce le l'atjet; de
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4Ita BtUXliMt r^kTiE. — SBCTION I.
• même encore, les espèces et les individus ad- « mettent la définition des différences ; or, on a « dit ci-dessus que les synonymes étaient ce dont s l'appetlation était commune et la définition « identique ; il s'ensuit donc que tout ce qui a dérive des substances et des différences est B nommé par synonymie. »
3, b, 10. La troisième propnété de toute substance, c'est de désigner quelque chose de réel ( -rà ai Tt (Tni'.KivEiv ). Ceci est incontestable pour les premières, puisque ce qu'elles désignent, c'est l'individu. Pour les secondes, il ne faut pas se laisser tromper à Tappai-cnce. Elles semblent bien désigner, par la forme même de leur appellation , homme , animal , quelque chose de i-éel ; ce serait plutôt une quahté qu'une essence (.âXXx [uDJuw Tntûfv Tt CTi^i-'iii'). Le sujet ici n'est pas simple comme pour les substances prf;mières; il est, au contraire, fort multiple; mais il ne faut pas croire non plus que ces substances secondes désignent une simple qualité; elles déterminent ta qualité en substance (-cô 8i eIÂo; xott -rà vévo; tciùI oùdiav TÔ TTOÎov àij^pi^t). Elles désignent une substance qualifiée; car le genre est plus large que l'espèce , puisque le terme d'animal a certainement plus d'étendue que celui d'homme.
3, b, a4- La quatrième propriété de la substance, c'est de n'avoir point de contraires ; qu'y a-t-il en effet decontraire à l'individu, à l'homme, à l'animal? Cette propriété, du reste, n'appartient
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CATBBOMH. — CBiT. It. 'ISS
substance. Bien d'autres caté- : aussi, et, «ntre autres, cdie :rète. En effet, qu'y a-t-il de ibre?
iuquiènie propriété, c'est que susceptible, ui de plus, ni de ince n'est ni plus ni moins autre substance ; elle n'est ni j'etle est. La substance bomoie >ins homme, dans tel cas que
er ici que quand Aristote a dit première était plus substance iconde, que l'espèce et le genre, on voit, d'ordres différents de qu'il parle maintenant.de la irise dans le même ordre.
, ta dernière propriété de la ue, tout en restant identiquet recevoir les contraires, par un It survenu en elle. Cetle pro- .t spéciale à la substance ({u'Xtç-ix oàowtî ); elle appartient en outre ; c'est donc la propriélé com-
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m mcxikin nim.— BBcntn I.
a pensée 'peuvent aussi recevoir Ips contrairea^ m une même assertion semblant en effet pouvoir s être vraie et fausse: par exemple, si Ton dit avec V vérité de quelqu'un assis, qu'il est assis, cette «assertion deviendra fausse, si cette personne a vient à se lever; et la pensée serait ici dans le « même cas que la parole ; car »i l'on pense vrai « en pensant que quelqu'un estassis, cette pensée «deviendra fausse si cette personne se lève, et € quel'oD conserve, relativement à elle, la première «■pensée. Même en admettant la réalité de c^tte ff objection , il n'y en a pas moins ici une diffé- » rence dans la forme. C'est qu'en ce qui concerne a les substances, elles ne sont susceptibles des a contraires que par suite d'un cbangement qu'elles a éprouvent elles-mêmes : ainsi, te corps qui de a chaud devient froid a subi un- changement, « puisqu'il est autre ; ou bien , de noir devenant . « blanc, de mauvais devenant bon; et de même a pour tous les cas où les choses ne reçoivent les <T contraires, qu'en subissantelles-mémes des modt- > fications. Au contraire, la parole et la pensée « demeurent absolument et toujours immuables, « et les contraires n'existent pour elles que parce «que l'objet lui-même vient à changer. Cette « assertion que quelqu'un est assis, n'en.demeure « pas moins toujours la même; c'est seulement « parce que l'objet vient à changer qu'elle est « tantôt vraie et tantôt fausse. La pensée est ici « comme la pande. Ce serait donc une propriété
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analtans c&Ti«4»iM. — (mr. n.' 4SS
« de la substance, et qui hii serait spéciale, au a moins pour la forme, que d'être susceptible K des contraires par imcbangèment qu'elle éprou* <c verait en elle-même ; et, en ce sens, il n'est pas « exact d'admettre que la parole et la pensée a puissent recevoir les contraires. On doit dire, « quVIes sont susceptibles - des contraires, non « parce qu'elles reçoivent elle»-mèmes quelque
■ modification, mais parce que quelque cbose d*ex- « térieur vient à être modifié. C'est uniquement « parce que l'objet est ou n'est pas de telle Ëiçon, « que l'assertion peut être aussi dite vraie ou a fausse; ce n'est pas du tout parce que la parole
■ elle-même admet les contraires. La parole, la
■ pensée ne sont sujettes à aucun changement, « et s'il n'en survenait point dans les objets mépieSt K elles ne recevraient en rien tes contraires; mais a la substance est dite susceptible des contraires « parce que c'est elle-même qui les reçoit. Elle
■ reçoit en effet et ta santé, «t la maladie, et la « blancheur, et la noirceur; et c'est parce qu'elle « subit toutes les modifications de ce genre , qu'on « dit qu'elle reçoit les contraires.
« Ainsi, la propriété spéciale de la substance « serait, tout eu ne perdant rien de son unité et u de son identité, de recevoir les contraires par <x un simple changement survenu en elle.»
Ainsi donc, des six propriétés de la substance, quatre lui sont communes avec plusieurs autres notions; mais deux , la troisième et la sixième , ne
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'15$ DEnXlimE PAHTI.E. — SBcnOK I.
sont qu'à elleseiile, avec celle différence toute&iis que la troisième n'est pas à toute substance , et qu'il n'y a que la sixième qui soit à la substance, soli et omni. Aussi est-ce la propriété principale (juÉXiçuï^tov), bien qu'Aristote ne t'ait énumérée qu'en dernier Heu.
Ici , l'on ne peut s'empêcher de làire une remarque, sur laquelle, du reste, on reviendra plus tard avec étendue, mais qu'il est bon déjà d'iu' diquer, c'est l'admirable délicatesse et la sagacité profonde de cette analyse deTidée de substance. Ce qui mérite surtout attention , c'est qu'en y regardant de près , on peut se convaincre que rien ici ne porte ce caractère de subtilité si souvent reproché aux Grecs , et particulièrement au Stagirite. L'idée dont il part, et qui résume toute cette théorie de la substance, est extrêmement simple et claire : hors de l'individu , il n'y a réellement rien. L'espèce et le genre , loin de lui être supérieur, repose*! sur lui comme ils viennent de lui ; sans lui , ils ne seraient rien. La substance première , l'iudividu ,est la substance vraie {ii xuptiô- Tatfit Ts xai ïcptSroiç xotl [istXiça iB^ofiivï) ), la seule qui mérite réellement ce nom. Les autres ne sont que des \6fn, des notions, des mots; elles nesont substances, selon t'exprt'ssion des commentateurs, que ém[iiv(i);, à la suite. La substance première, au contraire, est quelque chose en soi; c'est quelque chose d'isolé , xi^ptçrf/ ti; le reste n'existe que par abstraction , non seulement dans les sub-
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ANUTR nu CATÉOdSlBB. ■— CHAP. tl. -197
Stances secondes , mais eacore dans toutes les ' autres catégories.
On s'est étendu , peut-être un peu trop longuement , sur cette théorie de la substance; mais c'est d'abord à cause de sa valeur propre , et ensuite , pour donner une idée de la manière si originale, si sagace et si profondément vraie, d'Aristote. On sera un peu plus bref sur les catégories qui vont suivre, parce qu'elles ont moins d'importance. Du reste, les trois principales : la quantité, ta relation et la qualité, sont exposées d'une manière aussi remarquable et aussi complète. '
4f b, ao. Catégorie de la quandlé, (LaruYopûc toG
Âristote n'a point défini ta quantité; mais, comme il établit que la parole est évidemment de la quantité, puisqu'elle se mesure par les syllabes brèves et longues, (xaTafieTpsÎTsti yàp oflfXlaêîi Ppa^eîa x« pxpâ) , il s'ensuit que, dans sa théorie , la quantité est proprement ce qui est susceptible de mesure. Il divise la quantité : \° en discrète et continue; a" en quantité formée de parties qui ont entre elles une position, et en quantité qui n'est pas formée de parties ayant une position par rapport les unes aux autfes (ri (ùv S, ijm-nn Uiw , TB ht oùx j£ ijéitwi dÉffiv).
La quantité 6nie ou dis'crète (^itopia^vov) , c'est
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4Sê iKOxitaft pJATn. — agcnim u
le nombre, la parole; et oa la nomme discrète, parce que les parties de cette quantité n'ont entre elles ancMn terme commun où elles s'unissent (o^it; ici v/mhi Sfa^ Kfhç fiv auvsciCTii -zk ^put).
La quantité concrète ou coutinue [awtyjk), est celle dont les parties ont au contraire un point de jonction : c'est la ligne , la surface, le corps , et en outre, le temps et l'espace.
Bien , en effet , ne réunit les parties du nombre , non plus que les syllabes dont se compose la parole articulée. Chaque partie du nombre, chaque ^llabe, est isolée des autres, est finie en soi (hÀçn èitItfiÇM aÙT^ jutO'aimi'v). Dans la ligne, au contraire, les parties ont un terme commun qui est le point; les parties de la surËice ont la ligne, le corps a. la ligne ou la sur&ce ; le temps lui-même réunit ses parties dans un terme commun qui est l'instant présent, intermédiaire et lien du passé et de l'avenir. Enfin , l'espace est nécessairement continu , puisque le corps , dont les parties sont continues, occupe toujours une portion de l'espace ; et le terme commun des parties du corps, est également le terme commun pour l'espace.
En considrâ-ant la quantité sous le rapport de la seconde division indiquée plus baut , on peut voir sans peine, que la quantité à parties douces de position, comprend la ligne, la surface , le corps, et l'espace. La quantité qm n'est pas formée de parties ayant position respective, renferme le nombre, le temps et la paiole. &est que , pour être doué
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ÂfliLTM SB* cAntotmiu. •— CHtf. II. 1M
de poBitioD» plusieurs conditions sont requises : c'est d'avoir un terme commun où les parties se réunissent; et la quantité discrète, nombre et parole, n'eu a pas; c'est, de plus,d'èlresiluédans un lieu précis ; et en6n , c'est d'être permanent (ûmit^Mv). Or, dans le nombre , on ne trouve rien de pareil : aucune dés parties du temps, ntm plus, n'est stable (iiTm^Utu. ykf àtèi,-* tCv toû j f^mt (uiptfaiv); et comment ce qui ne demeure pas en place (ô 5i (tii içvt inrojiiviw) , pourrait-il avoir une position proprement dite? Pour la parole, on peut ùire une remarque analogua Tout au plus, peul-cn dire pour le temps, pour la parole, qu'il y a non point positicHi', mais une sorte d'ordre (-nvà TcE&y), une antériorité et une postériorité. Ainsi donc , dés conditions requises pour avoir position, le temps n'en a qu'une seule ; le nombre et la parole n'en ont absolument aucune.
5, a, 38. Les quantités qu'on vient d'énamérer, sont seules des. quantités, à proprement parler: les autres quantités ne le sont que paraccident, et non en elles-mêmes (xarà au^Si&tiT^ et où xuptuf, o& xofi' aÙTÔ). Ainsi , on dit d'une action qu'elle est longue parce que le temps écoulé pendant qu'elle s'accomplit, est fort long; de même pour un mouvement long, une grande blancheur, etc.
5, fo. II. Les propriétés de la quantité sont au nombre de trois. La quantité , d'abord, n'a pas de contraires. Mais peut-être, prétendra-t-on que petit et grand, peu et beaucoup, sont des contraires.
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•I40 OXDXlklIK VAXTIK. — BCTIOtt I.
Sans doute : mais ce ne sont pas là des quantités, ce ne sont que des relatif; et comment peut-on dire qu'un relatif ait un contraire ? Si l'on soutient que petit et grand sont des quantités vraies , il s'ensuivra, assertion absurde, qu'une chose pourrait être contraire à elle-même (auTo iauTûEÏvi âv cvovrtov), puisqu'une chose peut être à la fois grande et petite , selon qu'on la compare à telle chose ou à telle autre.
6, a, 12. Peut-être encore dira-t-on que c'est dans l'espace que la quantité a des contraires ; et celte assertion a du moins plus d'apparence; car l'on pourrait soutenir, jusqu'à certain point, que le haut et le bas sont des contraires; mais ce' ne sont encore là que des relatifs par position.
6, a, 19. La. seconde propriété de la quantité, c'est de n'être susceptible ni de plus ni de moins! En effet, toutes les quantités énoncées plus haut ne sont pas plus quantités les unes que les autres: trois n'est pas plus trois, que cinq, n'est cinq ; et de même pour le temps.
Cette propriété, attribuée par Aristote k ta quantité, étonne sans doute, au premier coup-' d'œit, et paraît absolument contredire cette notion fondamentale par laquelle s'ouvrent tous les traités d'arithmétique : la quantité est tout ce qui est susceptible de plus et de moins. Mais il faut bien remarquer qu'Aristote n'entend pas du tout dire ici qu'une quantité quelconque ne puisse être augmentée ou diminuée : il veut seulemrat dire
..gniod .yGoOglc
AK'ALTSC DES <
que les quantités ne sont ni plus ni moins quantité les unes que les autres.
Enfin, la troisième propriété de la quantité, et qui lui est tont-à-fait spéciale (6, a, a6), c'est qu'elle peut être dite égale ou inégale. Cette pn>priété est à la quantité omniet soli. En effet, tout ce que l'on compare en dehors del.t quantité , est dit semblable ou dissemblable; la quantité seule est dite égale ou inégale.
On voit que, pour cette seconde catégorie, la marche suivie par Aristole est identique à celle de la première. D'abord énumération des espèces, ptiis énumémtion des propriétés, dont la principale vient en dernier Heu. C'est là, du reste, la méthode que nous retrouverons dans toutes les aiitres catégories développées.
Catégorie de la Relation , KctniYopf» xfflv itp^î ti,
tJ, a, 37. On appelle relatif tout ce qui est dit ce qu'il esta causede choses autres que lui-même, ou qui se rapporte à une rhose autre que lui, de (Quelque façon que ce soit (irp'iî -n Si Ta toikùtoi iÉYtTat ooa aJTa céffsp i^lv i^i^w^ sTvoti WyETat rt ârucoCv ôXXw; rpôç ëteftiv). Ainsi, plus gt-and j ainsi, le double, qui né sont dits ce qu'ils sont que par rapport à d'autros choses ; ainsi , la capacité , la disposition , la sensation, la sciV-nce, la position, toUtefe choses qui ne sont dites que par rapport à quelques autres ; car la science est la science de quehiue
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i(i2 nEliXIËia PAEIIE. — SECTION 1.
chose, la sensation est la sensation (}â quelque chose, la position est la position de quelque chose : l'extension , U station, le séant ne sont que des positions; mais être étendu, être debout, être assis, ne sont pas, à proprement dire, des positions ; ce sont des dérivés, des paronymes de position .(irapuvuiJLUï ^i aTCÔTÛv O^iwv "Ktfi-^ca).
6,b, |5. Les relatifs ont quatre propriétés, dont la première est qu'ils ont aussi les contraires; ainsi I9 vertu est le contraire du vice ; la science , de l'ignorance ; car ce sont là des relatifs : mais tous les relatifs n'ont pas cette propriété; car il n'y n rien de contraire au double, au triple, etc.
6, b, 20. La seconde propriété des reJatifs, c'est qu'ils sont susceptibles de plus et de moins; mais il faut faire une remarque analogue à celle qui précède : ainsi pareil, égal, peuvent être susceptibles de plus, de moins; mais double, triple, ne le sont pas.
6, b, 38. Les relatifs ont tous, sans exception, cette propriété qu'ils sont dits de choses réciproques ; ainsi , l'esclave est l'esclave du maître , comme le maître est le maître de l'esclave. Parfois cette réciprocité n'est pas évidente , et cela tient à ce que le relatif réciproque n'a pas de nom dans la langue, ou n'a pas un nom qu^ représente sa relation vraie. Pour la découvrir, et la montrer dans tout son jour, il faut forger des mots (âvayxaîbv tffwç ovoj^^TOTWHîîv ) qui rendront alors la relation de toute évidence. Si l'on rapporte aile à oiseau, assu-
AKALT8B liSS CATÉGORIES. — CI|AP. 11. ii5
lément on ne verra poinl nettement la relation , la réciprocité : mais ce n'esl pas en tant qu'oiseau qu'on lui attribue l'aile, c'est en tant qu'animal ailé. De même pour le gouvernail d'un navjre; ce n'est pas en tant que navire qu'on le lui attribue; c'est en tant que machine gouvemaOsée, munie d'un gouvernail (miS«XiQviniâo(Î.MiiTOS),Aristole forge ici ces diH'érents mots de nrEpuTÔv, ■m^tù.iiiirwf xcfa- IwTÂv, pour montrer cette trace delarelation. Il faut ta outre avoir le soin, quand il n'y a pas de mot spécial , de ne s'arrêter qu'aus choses relativement auxquelles te refôtif existe ; car si au lieu de prendre celles-là, on en prend d'autres qui ne sont qu'accidentelles, (7, a, 27) (iàv TrpôîTiT<iiv'(iu[ji6eêY)xhw* àtn^iBrytea Koti [*■)] itfôî aura 6 XéyÊTai), toute relation disparaît. Par exemple , si l'on attribue esclave à homme ou à bipède, au lieu de l'attribuer à maître , il n'y a plus de réciprocité (oùx xfnçfé<fi\); car l'esclave n'est pas à l'homme, à l'animal bipède, mais au maître, qui n'en est pas moins homme, et être à deux pieds , mais qui n'a p^ d'esclave à ces titres. Toutes les fois donc que le nom qui soutient la relation a été bien discerné, la réciprocité est facile, ainsi que l'attribution (ja^ia -fi éKÔèrtcv; yiverati).
7, b, i5.I^ dernière propriété des relatifs, c'est qu'ils coexistent naturellement (âjwt -rii f6<sa eïvai); car du moment qu'il y a double, il y a moitié , et réciproquement : du moment qu'il y a esclave, il
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{64 DECXllmS PARTIE. — 8ECTI0!! I.
y a mnifre, et réciproquement. De plus, ils se détruisent: également les uns les autres (<rjvavat{i« aHr!i,a.); car s'il n'y a pas double, il n'y a pas moitié, etc. Toutefois, celte propriété ne semble pas appartenir à tous les relatifs. En effet, la chose à savoir, l'objet de ta science (tô smçni^iv}, paraît antérieur à Li science qui le sait. Bien rarement, pour ne pas dire jamais, la science est simultanée à l'objet su. De plus, l'objet détruit, il n'y a pas de science ; mais là science peut fort bien ne pas être, et que l'objet à savoir soit encore. Ainsi, la quadrature du cercle, en supposant toutefois que ce soit là une chose susceptible d'être sue {eïye içiv ïTïiçTiTÔv), la quadrature du cercle existe comme chose à savoir, mais la science n'en existe pas encore : de même pour la sensation; l'objet à sentir, l'objet senti (to aîofiirrdv) , parait antérieur à la sensation. L'objet sensible disparaissant, fait avec lui dispanittre la sensation, mais non pas réciproquement. La sensation n'est coexistante qu'à l'être qui' sent («[!.« Tù ottiïQii'nxû), mais ne l'est point à l'objet senti.
Aiiisi donc, la plupart des relatifs, mais non pas tous , sont .simultanés et coexistent. Les commentateurs ont levé cette difficulté en distinguant ici, d'après la doctrine si connue d'Aristote, l'acte de la puissance, te fait de la possibilité. En fait, l'objet senti n'est point antérieur à la sensation : il ne devient objet senti que dn moment où la sensation
AriALtSB DES CATÊGOUIES. — CUXV. IL IR'S
s'y applique : auparavant, il n'est qu'objet sensible, objet à sentir, c'est-à-dire qu'il n'est sen^ qu'en puissance , et Don point en fait.
Il faut donc ici avoir toujours le soin de cornparÊr l'acte à l'acte , la puissance à la puissance : il hut prendre gardede passer de l'acieàla puissance, de la puissance à l'acte ; autrement , la nature des relatifs ne serait pas bien comprise.
8, a, 1 3. Mais on élève une objection , un doute («roptov -nvà), contre cette définition des relatifs, et l'on demande si elle ne comprend pas, outre les rdatifs, quelques substances dans cette catégorie. S'il suffit; en effet, pourêtre relatif, d'être dit relativement à quelque autre chose d'une façon quelconque, il sera bien difficile de démontrer que cette définition ne s'applique pas à des substances, soit premières, soit secondes; les premières y échappent certainement ; la plupart des secondes aussi; mais quelques-unes de ces dernières semblent y rentrer (irt' èvîwv èï tûv ^nrté^w* oùaiûv ëyet àji^Mêrî-maiv) : ainsi la main , la tête, sont dites la maiDjla tète de quelqu'un, etsemblerilient par là des relali& , bien que ce soient des substances secondes partielles. C'est que la définition (ôpis|xiî{) des relatifs donnée plus haut, est insuffisante ((l'A auciwi àiro^^^oTcu).
11 faut donc lui en substituer une plus complète, et dire que les relatifs sont les choses pour lesquelles l'existence se confond avec leur rapport même, quel qu'il soit, à une autre chose
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