‹ De la logique d'Aristote (volume 5)Chapitre 68 sur 83 · UEUIIËHB PARTIE. — SECTION I · texte numérisé non relu

UEUIIËHB PARTIE. — SECTION I

(otç tÔ sïvai raÙTov e'çiv t§ itpôç tt ICidç ^X"'*)' '^ ÎOlporte de ne pas confondre cette seconde définition aTec , la première.

La seconde définition donnera cette conséquence , que , connaissant d'une manière déterminée , précise (d^tafie^-viùf) , nn relatif ^ on connaît aussi , de la même façon , la chose à laquelle il est relatif. Si je sais que telle chose est le douMe, je sais aussi sur-le-champ quelle est cette chose et Taiilre , dont elle est le double. Je le sais déterminément et non indéterminément (âçwpi5[jUvwî oùx (w)pÎ7ft>î); autrement, ce serait une simple conjecture et non poipit une science réelle (û^tAYll|'^, oùx i-Kiçi\L-/i). Pour la main , la tête, et toutes choses de ce genre , qui sont des substances , je puis fort bien ^voir ces choses, sans liavoir précisément à quoi elles se rapportent, à qui ellea sont : c'est que ce ne sont pas là des relatifs, a II serait bien 0 difficile, au reste, de se prononcer nettement « ici sans un long examen i-mais il n'est pas sans « utilité d'avoir discuté ces objections. »

En substituant une nouvelle définition à l'ancienne, que tes commentateurs grecs appellent la définition platonicienne, Aristote a partagé les relatifs en deux classes : les relntife communs et les relatifs propres. C'est ce que le^ Scholastiques , et, à leur suite, les commentateurs du seizième siècle, ont apptié les relatifs secundum dici et secundum esse. La distinction du Stagiiite n'est pas, en effet, de moindre importance. Entre les

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ANALTSI DES CATEGORIES. — CBAP. U. 467

relatifs commun et les relatif propres, il y a tout cet ÎDtervalle d'une simple appellation à la léalité, secundum diciy seeurubtm esse, d'un mot i une chose , du fait à la pensée.

Calégorie de ta Qualité , KaniYopfa t^î muâniToç.

8, h, a5. La qualité est ce qui fait qu'on dit des êtres qu'ils sont de telle ou telle façon (Tcoio-ruTa £i Ikéfk) xoft' V irotot Ttvïi; >^pvTEtt). Là qualité est uo mot à plusieurs sens (tûv TÏkimirfSK; IcyoïJtivbtv) : etle peut être de quatre espèces diverses.

La première espèce de la qualité , c'est la capadté et la dispusition (££t; xcct ixâ^tmi). La différence de l'ooe à l'autre , c'est que la î^t; est beaucoup [rfns durable, beaucoup plus stable que la âta'Oîutç. La science et la vertu sont donc des îz^k^ , des capacités ; car elles sont quelque chose de permanent , de peu facilement ébranlable (tùv naptcfuivijzbw uA hiTtxré,-^wi)', les dispositions, au contraire, sont anément et rapidement miiables (eOxivutk xaî rcc^ti l«TBë«»<wT«). Par exemple, la chaleur, le refroidissement, la maladie, la santé, etc., toutes choses variables et passant sans peine de l'un à l'autre , da chaud au fioid , de la santé à la maladie , etc. Les capacités sont doiic aussi des dispositions; mais les dispositions ne sont pas nécessairement des capacités.

9, a, 14. 1.a puissance et l'impuissance naturelle forment la seconde espèce de la qualité, d'après

DEUXIÈME PAatlE. -

laquelle on dit que les êtres soi4. susceptibles de faire, ou de souffrir, certatoes choses, avec plus ou moins de facilité. Ainsi, l'on dît d'un homme qu'il ■est sain ou ralétudinaire (ûyiewôc'Îi vocw^ïfî), selon 'qu'il a la faculté naturelle de ne pas soutfrir, ou de souffrir ai&ément;, des mille accidents qui menacent la santé de i'homnie (ÙTtô twv Titjf^ôvTwv). C'est encore ainsi, qu'on dit des choses quelles sont molles ou dures, selon qu'elles ont cette puissance ou cette impuissance d'è(re ai^ment divisées (^fâîw; StotifEÎuôai).

9, a, ^8. La troisième espèce de qualité comprend tes qualités affectives et les affections (^0611- Tixai TrowTUTïç x.a\ itâH-rt); par exemple, la douceur, l'amertume, etc., la chaleur, le fioid, la blancheur, etc. Ce sont évidemment là des qualités, puisque les objets qui les reçoivent (Ta 8tis.yfdva) tirent une appellation de ces qtiaUtés mêmes. Le miel est appelé doux parce qu'il a de la douceur. Lesqualités affectives se distinguent des affections par cela même : les qualités affectives sont ainsi nommées, parce qu'elles causent une affectio.n au dehors, et non point parce que le sujet qui les possède , est lui-mi?me affeclé. Ainsi la douceur affecte le goût, la chaleur impressionne le toucher : mais la blancheur et les autres couleurs , eu général, ne sont pas qualités affectives de la même façon : elles sont dites ainsi, parce qu'elles viennent elles-mêmes d'une affection, d'une impression sensible (àTcô Tcâ6oî>;). Une foule d'affections dî-

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Des ClTEGOBlES. -

verses, d'afïeclions morales, peuvent changer les couleurs; la honte,. la peur, £ont rougir et pâlir. Pâr-une modification analogue à celle qui survient dans ces diverses circonstances, la nature peut donner une couleur pareille, mais stable et permanente. Ce seront alors des qualiiéii affectives ; mais quand, au contraire, la modification est fortuite et passagère , ce n'est qu'une affection , mais point une qualité. D'un homme qui pâlit ou qui rougit dans une circonstance donnée , on ne dira point ■ qu'il est pâle , qu'il est rouge , on dira qu'il éprouve quelque chose qui le fait rougir ou pâlir. De même aussi, pour les affections et les qualités de l'âme: on Dédira poirit d'uu homme qu'il est colère, parce que dans tel cas il se sera mis en colère : ce ne sera là qu'une affection (tcoîôoî), ce ne sera (joint une qualité de son âme (htmottiç). Pour qu'il y ait çialité, il faut que les modifications, presque immuables, daletit de la naissance même \è* ttî fttiau aùflùç âjto Tivwv ^a^ùv SuciavïJTWv).

1 o, a, ! 1. 1^ dernière espèce de la qualité, c'est la figure , et la forme extérieure essentielle de chaque chose (fr)i9i\L4 "^ ^at ii iKfi «1x70^ ùRxpx*"'^'' [^opf )f) : ainsi la courbure , la droiiesse d'une chose- Dense et rare, uni et rude, seraient plutôt de la position que de la qualité : car dense et rare, uni et rude, ne concernent guère que ta position des parties , à l'égard tes unes des autres.

Les quatre espèces de qualités qu'on vient d'énumérer sont les .principales : mais on n'afBrme

^7« DEUXIEME PARTIS. — SBCTIOI» I.

pas qu'il n'y en ait point encore d'autres (usai [Ut o5v xal âX>.o; ccv nç (fxteh TpôiWî) .

On appelle qualitatifs (tk toui) tout ce qui-est dit par dérivation, ou autrement, des qualités (■7rap<ov(î(iwç fl ÔTcwffwïv eMcaç) : ainsi, blanc Tenant de blancheur est un qualitatif. Parfois, la qualité même dont le qualitatif est tiré, n'a pas de nom spécial : ainsi , on dit d'un homme qu'il serait bon lutteur, bon coureur (TCuxTutÙç , Spo|i,t)toç) ; et il n'y a pas de mot pour la 'qualité qui le fait dire tfl, , bien qu'il y en ait pour les sciences dont l'exercice ' le tendrait bon lutteur, bon cdureur. Parfois il J a un nom, maialeqilalitatifn'enestpasdériTé: ainsi , cr^v^aliti est le qualitatif d'xpE-nf , bien qu'il n'en dérive point pàronymiquement.

La qualité a trdis propriétés: d'abord, elle reçoit les contraires, (io,b, ia);ainsi, le noir est le contraire du blanc : et les qualitatifs dérivés les reçoivent également. Pourtant cette propriété n'appartient pas à toute la qualité , puisque les couleurs moyennes, le roux, le pâle, n'ont point de contraires. Il faut remarquer ici que, quand l'un des cotitraii-e est qualitatif, l'autre l'est aussi. Il suffit, en effet, pour s'en convaincre, de parcourir les autres catégories. Ainsi,lajuslice est le contraire de l'injustice : or, la justice est de ta catégorie de la qualité; l'injustice en sera donc aussi; car évidemment aucune autre catégorie ne pfeut lui convenir,

lo, b, a6. Ia seconde propriété de la qualité.

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AVALISE DES CATÉGOKIBS. — CIUF. IL 471

c'est qu'elle reçoit le plus et le moins : ainsi on est plus ou moms juste, plu^ou moins sain. Ztlais la quatrième espèce de la qualité, la figure, ne reçoit pas cette propriété. Un triangle n'est ni plus ui raoios triangle qu'un autre , etc. C'est qu'en général, pour qu'il y ait rapport de plus et de moins entre deux objets, il faut que tous deux reçoivent la définition de la qualité en question ; ainsi, un quadrilatère n'est pas plus cercle qu'un isocèle.

II, a, i5. La propriété spéciale de la qualité, c'est que les idées de similitude et de dissemblance ne s'appliquent qu'à elle seule; puisqu'une chose ne peut être dite semblable a une autre que par ce qui la qualifie (xoit' (X>,).o o-jSïv î koO' ô iroiov içvf^.

On peut objecter ici qu'on a compris des relatifs dans la catégorie de la qualité. Lt remarque est vraie; c'est que souvent le genre fait partie de la catégorie du relatif, sans qu'aucune de ses espèces en puisse être : ainsi, la science est du. relatif, et la grammaire, qui est une espèce de la science, est de la qualité, ainsi que toutes les sciences spéciales : si on les prend pour des relatifs aussi, ce ne peut jamais être que sous la notion (le leur genre (xatrà t^ ^évo;) , mais non individuellement {iMy^ <tt iuA' huzça).

On doit donc conclure qu'il y a des choses qui sont a la fois dans les deiix genres, et qui appartiennent simultanément à la catégorie de la qualité et à celle de la relation.

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•172 DEGXIËMB PABTIB. — SECTION I.

Telle est l'analyse fidèle îles quatre premières catégorifs; et nous croyons n'avoir' çm\s ici aucun des points importants de la doctrine d'Aristote. hes autres catégories sont rraitées avec beaucoup moins d'étendue; et le philosophe &'y arrête peu , parce qu'il les trouve sutfisamment claires par elles-mêmes (5ià rà «poçavîj eîvsu) : il s'en réfère dune à ce qu'il a dit au début , et se contente de faire remarquer, que l'artioD et la passion reçoivent les contraires (échaufEer, refroidir, être écbaufTé, être refroidi), et le plus et le moios (échauffer plus ou moins, être échaufTé plus ou moins ).

C'est ici que cortimence l'Hypothéorie, ou appendice aux Catégories, renfermant l'explication de plusieurs termes employés dans la discussion précédente, et qui certainement, sont d'une importance presque égale dans l'ensemble du système. C'est l'examen des quatre îilées suivantes : i° opposition; 2° priorité; 3" simultanéité; 4" mouvement. Aristpte n'a point indiqué non plus ici le lien de celte partie de son ouvrage aux parties antérieures ; mais ce n'est point un motif suffisant pour la rejeter, avec Audroiiicus, aonMne -apocryphe. L'empreinte d'Aristote n'y est pas moins évidente que dans tout le reste.

L'opposition (ta âvTtxeî[*ïva) peut être de quatre espèces. Il y a : i° celle des relalits; a° celle dc-s contraires ; 3" celle de la privation et de la posses-

..gniod .yGoOglc

A»AtTSE DES (UTECOMES. — CHAP. n. {75

sion {7IJIÏ11JIÎ xaX î^ii;) ; 4" enfin celle de l'affirmation et de la négaiion. Relaiife : double, moitié; — contraires: bien, mal: — privittion, possession: aveuglement, vue; — affirmation, négation: il est assis, il n'est pas assis.

1 1, b, a4> Les opposés comme relatifs, sont dits réciproquement l'un par rapport à l'autre, quelque soit, du reste, leur rapport ( teiiHrSiiTroTï

I i,b,35. Ce rapport n'existe point Hii toiitentre les opposés comme contraires(Ève(v'na) rilssont seulement dits conlraires les uns des autres. Ainsi le bien n'ebt pas le bien du mal ; mais le contraire du mal . Les contraires peuvent avoir ou n'avoir pas de termes m<fyens i^Ti âvà |xé(ii>v);i!ii'y a pas de moyen, quand l'un <les deux conlraires est de toute nécessité auxobjets naturellemeni propresàles recevoir, ou auxquels ils sont attribués; ainsi, pas de terme moyen entre la santé et la maladie; car l'un des deux doit être au corps de toute nécessité. Mais il y a terme moyen eptre les contraires , quand l'tin des deux n'est pas nécessaire : par exemple, entre blanc et noir, car il n'y a piis nécessité que tout corps soit l'un ou l'autre. Parfois ce terme moyen n'a pas d'appellation propre, et ne se détermine qiie par la négation des deux extrêmes.

12, a, 36. L'opposition par possession et privation a ceci de pr<rpre, que l'une et l'autre se trouvent dans le même sujet, sont dites d'un même sujet (icept xaMw -n); mais il Ëtutque ce 3U-

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