‹ De la logique d'Aristote (volume 5)Chapitre 8 sur 83 · I. CampanelU , PhiIcMophia ntioiuUû, i633, in-4,, p · texte numérisé non relu

I. CampanelU , PhiIcMophia ntioiuUû, i633, in-4,, p

M L'AUTHBHTIClrt IHt L'OSOAIHffl. — CBAP. n. t^

de la logique , on y reviendra plus tard; ici seulement, U conveDait de l'indiquer pour faire voir quelle influence cette signification, donnée vulgairement au mot oi^anon , avait exercée.

It est vrai que, dès le seizième siède, des esprits moins prévenus et plus justes avaiait fort bien compris l'erreur comipise par l'École; et le jugement exquis de Vives ' l'avait porté à soutenir formellement que la logique d'Aristote n'était point, Comme on l'avait si souvent répété, un instrument pour les autres sciences. Mais ces protesfatitas étaient rares, et en général on ne song«ait point à en profiter. La logique d'Aristote était toujours opyovov âfyôvuv luil yijAf tïl; ifÙMtùifiaç.

Mais eu reprenant l'eipreiion d'Aristote, dans le 3o^ livre des Problèmes, question 5, et en l'examinant de plus près, on peut trouver an mot {pysiov un sens tout autre, et qui paratt k la fois < beanicoup plus juste et beaucoup plus profoncL Ce n'est pas un instrument qu'Aristote a prétendu donner à la f^ilosophie : il a seulement voulu traiter dans ses ouvrages logiques, dans la piSo^oc tGv yAywi, de l'instrument de toute philosophie , du VOS; quifComme il le dit lui-même, est l'instrument d« l'âme , tréfiom [liv x*^*» ^'^ ^^ *** ' ^' f^P ^ '"''^ •r&t çû«» ^ lîftW &9ittf ffpYoww tfifxfj^tn ». Pria dans ce sens, le mot oignon est parfaitement vrai. LA

1. ViTà, open, i565, ia-foUo. De Cuuli ooimpt. artip. 37$. 9. ïSdtt. B^Jur,p.9SS,b,9i.

DyGoogle

24 PUWteE PAHTIE.

logique s'occupe bien réellemeat de l'instniineat de toute connaissance, puisqu'elle s'occupe de la science de la pensée et de la forme sous laquelle la pensée se produit, le raisonnement. Ou peut donc fort bien admettre cette signi6cation nouvelle du mot Sçyivim ; il est vrai qu'alors les interprètes grecs auraient dû intituler la logique entière, pour s'exprimer correctement : xtpi i^ému ; mais ils ont feit, sans s'en apercevoir, une métonymie, et il ne serait peut-être pas difficile de prouver que c'est par suite d'un trope de rhétorique, dont on ne s'est pas rendu compte , qu'une si longue et si complète erreur s'est accréditée sur la véritable nature de la logique.

Ce n'est pas , du reste, que cette erreur n'ait ét^ dès long-temps entrevue, si elle n'a point été directement réfutée. Saint Thomas , qui toutefois . semble pencher à croire , comme la plupart de ses devanciers, que la logique est un art d'application pratique, dit pourtant dans ses commentaires sur les Derniers Analyt^ues ' : « Ratio de suo actu

d rationari potest et haec est ars logica , id est

« rationalis sâentia, quae non solùm rationalis est « ex hoc quôd est secundum rationem, quod est a omnibus artibus commune, sed etiam iu hoc a quôd est circà ipsam artem rationis siçut circà ff prqpriam materiam- » Il est impcssible de montrer plus nettement l'qbjet de la logique.

Page 1