DE THEOPR. ET DES COMMENT. GRECS. — CHAP. TI
du second siècle sont, sans contredit, Galien et Alexandre d'Aphrodise. On a vu (Tom. i , p. 48) j par les citations tirées de Galien , de quelle utilité nous pourraient être ses commentaires^ si nous les possédions. Galien avait profondément étudié la logique des Stoïciens et la logique du Lycée; il avait commenté tout TOrganon, en exceptant peut*étre les Topiques ; mais il est probable que la plupart de ses manuscrits , consumés , comme il nous l'apprend lui-même, dans l'incendie du temple de la Paix, n'auront pas été reproduit», et qu'ils périrent dès cette époque. C'est sans 4oute une perte fort regrettable, malgré le peu d'importance que Galien semble attacher à ces travaux. La vaste étendue de ses connaissances, la netteté parfaite de son génie, l'étiide approfondie de la matière, devaient rendre ces commentaires précieux à tous égards. On peut voir d'ailleurs , par le catalogue seul de ses ouvrages logiques, qui se montent à peu près à trente, que toutes les parties de la science lui étaient familières , et qu'il avait soigneusement examiné les théories de toutes les écoles depuis Platon. On n'a conservé de toutes ces recherches qu'un petit traité sur les sophismes, dont l'authenticité semble pouvoir être contestée avec raison. Galien ne paraît point avoir fait école; mais on ne peut douter que son influence sur les études logiques n'ait été considérable ; le renom qu'il s'était acquis était assez illustre, pour que, plus tard, Averroës lui attribuât l'invention de la
quatrième figure, qui, comme on l'a vu plus haut, ne lui appartient réellement pas , et que , du reste, il ne paraît pas avoir jamais revendiquée.
Alexandre d'Àphrodise , professeur de philosophie à la fin du second siècle, sous Sévère et Garacalla, vécut à Athènes , et aussi à Alexandrie. Ses travaux sur la logique d'Aristote lui méritèrent le surnom de 6 eÇriyriTY;'; , le commentateur par excellence; et, en effet, ils ont la plus haute importance. Il ne nous en reste que trois parties : d'abord un commentaire sur le premier livre des Premiers Analytiques; puis un commentaire sur les Topiques, et enfin sur les Réfutations des Sophistes. Patrizzi a contesté ces deux derniers ouvrages au professeur d'Aphrodise, et ce n'est pas sans raison, comme l'a reconnu aussi M. Brandis.
Le grand mérite d'Alexandre pour nous, c'est d'avoir porté le premier la classification et la lumière dans la Théorie du syllogisme; nous n'avons pas son commentaire sur le second livre des Premiers Analytiques, bien qu'il en soit question dans le commentaire sur les Réfutations des Sophistes, (1^ i6, b, et f' ao,a); mais ce que nous possédons suffit pour faire apprécier la méthode et le savoir d'Alexandre. Il a profondément étudié les théories qu'il expose; il parait avoir aussi sous les yeux les ouvrages des anciens péripatéticiens,Théophrasle, Eudème , et ceux de l'école stoïcienne. C'est dans son commentaire qu'on trouve , pour la première fois, cette distinction si utile et si simple de la quan-