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DB l'authenticité DB L'ORGAIfON. — CHAP. lY. ^ 45
Catégories qu'il avait composés pour ses amis ' : mais il recommandait qu'on ne les laissât lire qu'à ceux qui auraient préalablement travaillé avec un maître , et qui auraient consulté les ouvrages des interprètes anciens, et surtout ceux d'Adraste et d'Aspàsius.
Ce passage de Galien mérite , comme on le voit de reste ^ la plus sérieuse attention. Le premier objet à y remarquer, c^t que FOrganon s'y présente à peu près composé comme il Test dans les classifications d'Ammonius, de David et de Simplidos, preuve nouvelle que ces classifications sont fort anciennes , et se rapportent sans doute à Andronicus et à Adraste. En second lieu , ce passage nous apprend positivement à quelle époque remontent les titres des Analytiques. Selon Galien, ils n'appartiennent pas au Stagirite lui-même : ce sont les contemporains de Galien qui les forment, ol vuv, ou qui du moins les décident et les arrêtent défi-; nitivement. Aristote avait intitulé les Première Analytiques: nepl au^XoytGiJLou, et les Derniers, ou côibme dit Galien, les seconds: nepl âîro^eiÇecoç. On de peut certainement méconnaître là les deux ouvrages que nous possédons aujourd'hui sous le titre d'Analytiques. L'incertitude même qui semble encore régner au temps de Galien , explique suffi* Âmment la variante du titre des Derniers Anàly-
I. Galien 9 Uift xm t^tiv ^iCXittv 'ypa^iHy ch. ii. H fiûteiiooN illiMioo ik M oaTtagae d« logique , éh, xa tt oh. i5.
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tiques appelés alors ^euTepa, et non point Sçepay comme ils le sont plus tard dans Diogène Laërce , et définitivement dans Ammonius , David et Simplicius.
On peut voir d'après, ceci quelle est l'extrême défiance que doit inspirer le catalogue de Diogène, comme on Fa remarqué plus haut. Déjà dans Galien a disparu cette nomenclature confuse qu'a conservée Diogène ; c'est que Galien a mis à profit les travaux des savants péripatéticiens qu'il a étudiés, et que Diogène les ignore. Ainsi ces traditions de l'École que nous retrouvons dans les commentateurs du cinquième et du sixième siècle , étaient à la portée du compilateur, s'il avait voulu les recueillir. Galien, non plus qu' Ammonius, ne cherche point, il est vrai, à faire le catalogue exact des livres du Stagirite : mais il serait inconcevable que dans des études aussi complètes que les siennes, il eût négligé tant d'ouvrages impor-, tants dont Diogène nous a transmis les titres si peu authentiques.
Alexandre d'Aphrodise, contemporain de Galien , le plu^ ancien des commentateurs dont nous ayons conservé les ouvrages , et qui mérita, parmi tous les autres , le titre suprême de ô il-nffiv^ç , le commentateur par excellence , Alexandre offre des témoignages qui s'accordent parfaitement avec ceux de Galien , et qui infirment également ceux de Diogène. Il reste d'Alexandre, ou du moins sous son nom, trois commentaires parmi tous
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ceux qa^il avait composés ^ l'un sur les Premiers Analjtiques , Fautre sur les Topiques , et le troisième sur les Réfutations des sophistes. Comme on a contesté l'authenticité des deux derniers , sans toutefois pouvoir nier qu'ils fussent fort anciens , (m ne citera ici que le premier. Or, dans ce commentaire y Alexandre est amené à parler très fréquemment des divers ouvrages de logique , et il ne cite jamais que ceux que nous possédons et dont parie Galien. Ce sont les Catégories^ lUerméneia^ les Premiers Analytiques % les Derniers Analytiques , les Topiques , et les Réfutations des sophistes. Quant à cette multitude d'autres ouvrages qui figurent dans le catalogue de Diogène^ il n'en parle jamais. Alexandre , comme Galien, est un peu antérieur à Diogène. C'est une des lumières de l'École; il en a toutes les traditions, il en connaît tous les travaux. Il faut en conclure que de son temps déjà, si toutefois il en avait jamais été autrement, la Logique ou l'Organon ne se composait que des six parties que nous venons d'énoncer. Cest , encore une fois , ce que Diogène parait avoir complètement ignoré.
On ne peut guère douter que Sextus Empiricus ne connût toutes les parties de l'Organon, bien qu'y n'en cite formellement aucune. Sa réfutation si originale et si profonde des logiciens , prouve
I. Alex. d'Aplirod., Gomm. sur let Premien Analytiqaes, Venise , iSl9,folSo. 5, 6, 8.
(ju'il possédait à fond la doctrine d'Aristote , et qi^'ijl l'avait étudia sur les mêmes documents que
Il ne reste plus à mentionner, parmi toutes cçs autorités de la fin du second siècle, qu'Apulée, profçs^eur de philosophie à Carthage, et 'l'un des plus ^ayajpts hommes de son temps. Il admirait vivement Aristote, et il l'avait étudié à Athènes. Apulée nous a laissé, dans un de ses ouvrages ' , un extrait de l'Herméneia et des Premiers Analytiques. Il intitule même le livre spécial où il traite djB ce sujet comme celui du Stagirite, Ilepl ép[i.v)v6lac , seu de syllogismo categorico; et ce livre a fait longtemps autorité parmi les auteurs qui suivirent; Cassiodore ^, Isidore de Séville ^, le citent. Apuléi^ joue ici un rôle important. C'est lui, on peut dire y qui introduit la Logique d'Aristote chez le^ Romains^; et son ouvrage atteste, d'une manière irrécusable, qu'elle était cultivée dès -lors par eux, comme elle l'était à Athènes , à Alexandrie.
Il serait inutile de pousser plus loin ces citations. Celles qu'on a faites, appuyées de toutes celles qu'on pourrait recueillir dans les auteurs subséquents , A{arcianus Capella, Yictorinus, Boëce surtout, suffisent pour démontrer qu'à côté du
I. Apulée, opeta. Francfort , i6it. De Habitndine dootriotram PlatoiÛA , lir. 3 , p« 39 et soir, a. Cassiodore de Dialecticâ.