‹ De la logique d'AristoteChapitre 215 sur 244 · APPRÉCIATION DE L'ORGANON · texte numérisé non relu

APPRÉCIATION DE L'ORGANON

vent faire, mais que l'hîstoire delà philosophie ne peul en rien admettre ;

Que les emprunts que la philosophie de notre siècle peut faire au système d'Aristole sont les mêmes que ceux des siècles précédents; que la science ne peut pas plus aujourd'hui' que jadis se passer de la théorie de la proposition , de celle du syllogisme et de celle de la démonstration; que déjà la philosophie allemande, par Torgane de Leibnitz, de Kant et de Hegel, a proclamé ce grand résultat ; que la philosophie française, ramenée , ap^ ses luttes et ses incomparables victoires , à des idées plus calmes et plus justes sur le passé y doit accepter Aristoteet sa logique comme rhumanité entière Va reçue, comme l'ont reçue les deux grandes religions qui ont fondé Tunité de rÊtre suprême; que la philosophie française ne peut résister au Stagirite, parce qu^eile résisterait à la vérité; que le mouvement des vraies études philosophiques en France, renouvelé par M. Cousin et poursuivi avec une infatigable énergie, doit se rattacher à toutes les traditions du passé philosophique de Thumanité; queFAcadémie des Sciences morales et politiques , en posant la grave question qu'on a essayé d'éclaircir dans ces pages I après une autre du même genre, non moins grave, a donné à l'Europe un exemple fécond; qu'Aristote, comme l'a dit Hegel, est parmi les anciens le plus digne d'être étudié (der wûrdigste sludirt zu werden) ; que c'est à la France , créa-

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trice jadis de la Scholastique et institutrice de rintelligence européenne, de montrer, après avoir détruit irrévocablement le passé dans ses institutions, qu'elle le comprend etFapprécie dignement dans ses idées ; que la France se doit de prouver au monde que , si elle revendique hautement la première place dans cette grande concurrence des peuples, c'est qu'elle résume mieux qu'aucun d'eux toute la vie de l'humanité dans ses tendances actuelles et dans son passé; que la France, pour être conséquente à elle-même, se doit la réhabilitation complète et impartiale de^'un des plus beaux génies qui jamais aient éclairé la terre; qu après lavoir adopté et imposé au reste de l'Occident il y a huit siècles, il lui reste encore à le faire connaître et à le faire comprendre; que, dans cette résurrection du péripatétisme , il ne peut plus y avoir ni enthousiame, ni haine aveugle; que le despotisme d'Aristote n'est plus à craindre^ et que tout ce qu'on doit faire aujoiurd'hui , c'est de montrer avec impartialité l'incompflarable influence que le Stagirite a exercée sur les destinées de la science humaine.

Enfin les siècles et l'histoire de la philosophie ont prouvé que la science logique d*Aristote, tout importante qu'elle est, n'est cependant encore qu'un des fragments de son système, el qu'une histoire complète de l'aristotélisme sentt à bien des égards l'histoire de l'esprit humuD.

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