partie, ch. la
DB L'AUTHEKrnCRS DE h'OKGÂJSOU. — CUAP. VII. 65
mus eut le tort de négliger cea formes iodispen-i sables dans une cause si juste et si belle, puisr qu'elle était, dans ce siècle, celle même de Findépendance de l'esprit. Animé d'abord de sentiments presque semblables k ceux de Vives ' , il s'aùgrit par le combat; et de la scholastique , qu'il attaquait toute seule, il s'en prit bientôt au»Sta» girite, et se laissa aveugler par la passion. U publia un ouvrage en vingt livres contre l'Orgamm, pour prouver que la théorie d'Aristote était obscure, fausse, et tout-à-fait indigne de celui à qui on l'attribuait; puis, se contredisant, il reprochait avec amertume à ce dieu de l'École, de s'être donné mensongèrement pour l'inventeur de la logique que Zenon avait découverte et fondée avant lui.
Du reste, Ramus n'a point institué une discus* flioD régulière des motifs sur lef^quels il fondait ses doutes. Il s'est contenté, presque toujours, d'assertions générales et tranchantes. Les trois autres adversaires du péripatétisme , qui ont imité et surpafisémême les emportements de Ramus, ne sont, î oet égard , ni plus positifs ni plus complets. Voici toutefois leurs principaux arguments: «Le récit de Strabon et de Plutarque sur le «destin des ouvrages d'Aristote ^, permet de
1. Voir le piemiar oa^nge cb Eamns : Dklectio» pvdlioiMt. Paris , 1S43. Dédié k r Aeadénde de Pftris.
s. RamiiB schoUe dialecticae sea animadTcrsiones in Oeganon, p. »S.
64 PRSMIÈEB PARTIE.
« douter de Tauthenticité de tous ceux qu'on nous « donne pour lui appartenir, et de TOrganon en a particuUer.
« Quelques portions de TOrganon ne sont que « des rêveries, unirai délire, qu'on ne peut attri- « buer à Aristote ', et qu'il faut renvoyer à Eubu- « lide ^ ou à tel autre sophiste de l'École méga- « rique. ^
« Ce qu'on prend en général pour les ouvrages « d' Aristote , n'est qu'un long tissu d'extraits pi- « toyables ^ , faits par son fils Nicomaque ; deux « ouvrages seulement lui appartiennent bien réeln lement: ce sont laMéchanique et le petit Traité « contre Gorgias et Zenon : peut-être doit-on en- « core lui attribuer l'Histoire des animaux ^.
« Il ne faut recevoir, comme authentiques, que et le témoignage de Cicéron et le catalogue de « Diogène Laërce ^; or, les Topiques de Cicéron ce s'accordent fort peu avec ceux du philosophe « grec, et il est impossible de refaire l'Organon « tel que nous l'avons aujourd'hui, avec les maté- « riaux de l'historien de la philosophie antique.
« Les Catégories sont un ouvrage informe , san»
0B L^AUTHENTICITé DE l'oRGANON. — CHAP. TU. 65
A tête et sans conclusion ^ Andronicus en rejetait «une partie; ce que rapportent Âmmonius et « Siinplicius sur les deux exemplaires des Catégoc rieft et les quarante livres des Analytiques ^, doit c infirmer Tauthenticité de ces deux ouvrages. Les « Catégories ne sont citées nulle part dans Arisc tote, malgré le témoignage forme! d'Ammonius c et de Simplicius ^.
« L'Herméneia est un livre monstrueux, dont c le titre même, imaginé sans doute par un écolier «ignorant^, indique assez toute Tinsuffisance. c Andronicus le rejetait à bon droit , et Ammonius « n'aurait pas dû se borner à en repousser la der- « nière partie ^.
« Le nombre et le titre des Analytiques varient i dans le catalogue de Diogène. Aristote lui-même , c dans les citations qu'il fait de ses propres ouïr vrages, ne distingue jamais les Analytiques en «premiers et derniers^. La citation des Analy- « tiques 9 faite dans la Morale, ne se rapporte pas < à ceux que nous avons 7. Proclus , dans ses notes « sur le Cratyle ^, se plaint de la trop grande clarté
t. Bitficiiis, pag. ai.
s. Puriciiu , ihid, — Gaitendi , p. iia.
3» PatricinSf Uid,