‹ De la logique d'AristoteChapitre 36 sur 244 · X. Voir plas haat, pag. 4a · texte numérisé non relu

X. Voir plas haat, pag. 4a

3. Ritter, t. 3, p. 38. — Brandii^DisaerUt. f ur rOrpinon , p» 958

DB L'AUTHENTIClTé DE L'oRGANON.— CHAP. VU. 69

en une heure , ce sont ses propres termes , tout ce que Fesprit humain a construit de dialectique en dmx mille ans. Il attaque Platon^ comme Aristote, Galien, comme les commentateurs arabes. Il se déchahie contre les logiciens et les métaphysiciens, et à ces deux titres , Aristote lui est odieux : il ne condamne pas seulement les hoiAmes^ il voudrait détruire la logique et la métaphysique. C'est pourtant ce livre de Nizzoli dont Leibnitz n'a pas dédaigné de se faire l'éditeur, « en adoucissant, il est «vrai, l'amertume du texte par des notes margiffiiales : animadi^ersiones marginales leniendo « textui adjecit, comme il le dit lui-même , et en « cherchant à prouver qu'Aristote n'était pas rente Demi irréconciliable de la science moderne : de Aristotele recentioribus reconciabilL » On ne peut nier qu'à plus d'un égard le livre de Nizzoli Démérite l'honneur que lui a fait Leibnitz : mais il faut convenir aussi que les attaques du professeur (le Parme contre le Stagirite sont le plus souvent aussi injustes que passionnées.

Patrizzi s'est rendu plus célèbre encore par un acharnement infatigable qui lui a fait consacrer UDe vie presque entière à déchirer et à calomnier le caractère et le génie du Stagirite. L'ouvrage de Patrizzi brille par une érudition philosophique très profonde et fort rare à l'époque où il fut écrit; mais l'on a pu voir par les citations qui en ont été &ites plus haut , qu'en ce qui concerne l'Organon,

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les critiques de Illlyrien ont porté presque toujouis à faux.

Gassendi est le moins excusable de tous. Beaucoup plus récent 9 et venu dans un temps où la doctrine d'Aristote y bien que défendue par les arrêts monstrueux du Parlement, était universellement négligée , il eut le tort d'attaquer le philosophe grec par uAe sorte de fanfaronnade dont il ne s'était pas lui-même fort bien rendu compte. Il commença un ouvrage , qui devait avoir sept livres y pour prouver que le système aristotélique était faux de tout point ; mais , arrivé au second livre ' 9 ses amis lui firent observer que Patrizzi , long-temps avant lui , s'était chargé de cette besogne, et s'en était acquitté de manière à ne plus laisser place à la violence et aux diatribes de ses successeurs. Gassendi renonça donc à poursuivre son entreprise , qui pouvait d'ailleurs , par suite des formes de discussion qu'il y avait adoptées^ lui attirer de sérieux embarras. Il l'avoue luimême.

Aujourd'hui, à. la distance où nous sommes placés de toutes ces querelles et de ces intérêts dès long- temps assoupis, il ne nous reste plus qu'un certain étonnement de voir des hommes aussi distingués attaquer, avec une aveugle colère, un génie tel que celui d'Aristote, et se

t. Gmmeoêi, BMreilalioiMs pandouoi^advertiiB Ari»lol0Oty p. t«i.

DE L'AtJTHENTICné I>B l.*OiaAl!fOlEf.— CHAP. Vit. 74

faire un point d'honneur de le rabaisser. Mais, en nous mettant à leur point de vue , au milieu du despotisme de l'École , des ténèbres dont elle ten* dai% à prolonger la durée , nous comprendrions mieux , et nous excuserions davantage ces emportements d'indépendance qui dépassaient le but, mais qui tenaient à cette généreuse ardeur dont l'esprit européen a tiré tant de profit.

Quoi qu'il en soit, l'argumentation des antipéripatéticiens des seizième et dix-septième siècles est sans valeur contre l'authenticité de l'Organon. Fussent-ils même parvenus à prouver que ce système de logique n'appartient pas àAristote, malgré le témoignage imanime de l'antiquité, du moyen-âge et de la Renaissance, il leur resterait encore à nous apprendre à qui ils prétendent l'attribuer. C'est faire preuve d'ailleurs d'une connaissance bien superficielle des œuvres du Stagirite que de ne pas reconnaître l'empreinte manifeste de son génie dans la Logique qui porte son nom. Leibnitz, en publiant de nouveau l'ouvrage de Nizzoli, plus de cent ans après la première édition, n'était pas, le moins du monde, ébranlé par toottô les attaques dirigées , depuis près de deux siècles, contre l'authenticité des ouvrages d'Aristote. Il y croyait fermement, comme y croient tous ceux qui les ont étudiés, et, dans sa préface^ il disait avec cette élégance et cette vigueur qui lui sont particulières: € Persuadât meperspecta « hypoihesiunh inter se harmonia , et oequalis ahi-

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«c que methodus velocissihiœ subtilitatis. » Cette preuve, à défaut d'autres, pourrait suffire à elle seule pour établir les titres incontestables de rOrganon; mais il en est encore tant, et de si graves,' que Ton conçoit difficilement comment on a pu jamais les méconnaître.

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