Patricias, pag. a
DB L^CTHENtlGlTÉ Dfi l'ORGANON. — GHAP. VU. 157
tiquité ne concordent pas; 3^ Aristote ne s'accorâ| pas davantage avec lui-même dans ses propres ci» taCions.
Le premier point ne peut même supporter le plus iéger examen. A ceux qui déclarent l'Oi^ncNi au-dessous du génie et de là gloire d'Aristote, il tt'est rien à répondre, si ce n'est qu'ils n'ont pas suiîfiBaminent étudié le livre qu'ils condamnent, et il convient de les y renvoyer. *
Ilest vrai y en second lieu, que les témoignages de l'antiquité ne sont pas unanimes; mais d'abord est-il possible que jamais ils le soient ? et doit-on s'arrêter à quelques différences de détail , quand de sÎKj^veB et si nombreuses autorités attestetft Tauthenticité de l'ensemble ? Les adversaires d'Aristbtb ti'ont pas , du reste y consulté avec assez -d'attention ces témoignages qu'ils invoquent, et, pour n'en citer qu'un seul exemple , ils se sont mépris en avançant que Diogène Laërce ' n'avait pas parlé des ËXey^oi 9091^*1x01.
C'est avec une légèreté pareille qu'ils ont affirmé que les citations mêmes d'Aristote ne s'accordent point entre elles; et ici Patrizzi et Nizzoli eussent*ils raison , cet allument serait encore bien faible. Ces citations, qui ne consistent jamais et ne peuvent jamais consister qu'en quelques mots, sont, paï* cela même, de nature à être facilement interpolées ^,
1, Voir plua haat, pag. a;.
, Elit, de la ^il. , tom. 3, p. s 3.
tS PREMIÈEE PARTIE.
^t il n'est guère de philologue qui n'ait pu en ^aire la remarque. Pour celles qui se rencontrent en particulier dans Aristote y ce fait est presque incontestable. Ainsi, d'après le témoignage très positif de Galien, ce n'est que de son temps que les Analytiques, intitulés par l'auteur uepi (Ju^XoyifffAou et nepl iiço^tiltîùÇy ont pris le nom d'Analytiques premiers et derniers (ou seconds)'. Toutes les fois donc que les Analytiques sont no mmés dans les œuvres d'Aristote , on peut être certain que la citation ne lui appartient pas.
Puis, si toutes sont bien certainement de lui, comment expliquer cette confusion de livres qui se citent mutuellement comme les TopiquQ^^et les Analytiques^? Est-il probable que des citations de ce genre puissent être rapportées à l'auteur lui-même? Ces attaques contre l'authenticité de l'Oi^anon n'ont pas de portée , parce qu'elles sont pour la plupart sans conviction. Ramus du moins avait quelque courage à combattre Aristote, et les persécutions qu'il éprouva le montrent assez ; on sent de plus dans ses emportements une foi sincère et ardente. Dans Nizzoli, dansPatrizzi , et surtout dans Gassendi , il en est tout autrement. Il suffit de lire le rV^ livre de Nizzoli, ch. 7, pour se convaincre qu'il est à peine recevable dans cette question. Il va, dans son orgueil, jusqu'à se flatter de détruire