nuBMiÈas partie
les études de Fécale péripatéticienne. Rien non plus dans le récit de Strabon n'autorise à croire qu'il s'agisse ici des autographes d'Aristote et de Théophraste, comme l'avance M. Michelet ^. C'est une conjecture qu'il est permis à la critique d'en tirer: mais Strabon ne dit à cet égard rien de formel. On pourrait même penser qu'implicite* ment il dit tout le contraire : « Apellicon , dit-il , « fit faire des copies noiwelles, âvnypafa xaiva. » U n'avait donc pas les autographes ; car alors Strabon se serait borné à dire àvTiypacpa , et n'aurait pas cru devoir ajouter que ces ôvTiypafa, ces co* pies étaient nout^ellesy c'est-à-dire faites sur d'autres copies.
Le récit de Plutarqt^p est emprunté évidemment de celui de Strabon ; mais il offre quelques particularités de plus.
a Sylla, dit Plutarque* , parti d'Éphèse^- aborda « trois jours après au Pirée , et d'après des renseia gnements qu'on lui donna ((/.uTiOelç peut avoir « aussi ce sens), il fit enlever pour son propre « usage la bibliothèque d'Apellicon de Téos; elle c renfermait la plupart des Uvres ( ^i^ia) d'Ans- « tote et de Théophraste, qui généralement n'é- « talent pas encore bien connus. Cette biblio» « thèque fut transportée à Rome, où, dit-on ^ !• « grammairien Tyrannion mit en ordre presque
I. Ifiefadet, Eaunotn critique de la Métaphyiiqne , p. 9. a. Platarqne , Sylla , ch . a6.
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DB L^AUTHCNTICITB DE L'ORGAJSON. *— CHAP. IX. 91
f tous ces livres ( evcxeuaaacôat Ta woXXà), et eo «laissa prendre des copies à Androuicus de c Ahodes qui les publia (eiç (Udov Ôetvai), et comc posa les tables dont on se sert aujourd'hui (toùç ( vùv fepo|iivou^ tcivoxo^). Les anciens péripatéticiens ( ont été certainement fort éclairés et fort éru- « dits ; mais ils semblent n avoir étudié les ou- • vrages ( ypajiijJLaTwv ) d'Aristote et de Théophraste «qa*en petit nombre et avec peu d'exactitude , c parce que l'héritage de Nélée de Scepsis , à qui i Théophraste avait légué ces livres (Tà^iSXia)^ t était tombé dans les mains de gens peu instruits i incapables de l'apprécier, d
La circonstance la plus remarquable de ce récit est celle qui concerne Andronicus de Rhodes et son travail. Le reste est emprunté à Strabon dont les expressions mêmes sont quelquefois reproduites. Hutarque confond Ypa(iL[jLaTa, les ouvrages, les écrits , et ^lêXia , les livres ; et il ne parle pas plus que Strabon des autographes.
Suidas, aux sixième et septième siècle, donne un extrait du résumé de Plutarque, mais sans autres détails; seulement, il dit d'une manière un peu plus formelle que c'est depuis la translation de la bibliothèque d'Apellicon à Rome , que les ouvrages d'Aristote et de Théophraste ont été généralement connus. Suidas , comme ses devant* ciers , se tait sur les autographes.
Ces deux passages de Plutarque et de Suidas n'ajoutent rien à l'autorité de Strabon i puisque
c'est là qu'ils ont puisé tous deux ; mais ils prouvent du moins que le récit du géographe passait pour exact, et qu'il était adopté par tous les hommes éclairés.
Cependant Athénée, à la fin du second siècle, paraît l'avoir ignoré'. En parlant des grandes col* lections de livres faites depuis Polycrate de Samos et Pisistrate d'Athènes, il parle de cdle qu'avait composée Aristote, et dont hérita Nélée; puis il ajoute que Ptolémée Philadelphe acheta tous ces livres à Nélée, et les transporta dans la bibliothèque d'Alexandrie avec tant d'autres qu'il avait fait recueillir à Athènes et à Rhodes ^. Ce passage d'Athénée, selon l'opinion des philologues, porte des traces certaines d'inexactitude , puisque Aristote seul y est nommé, et que le contexte exige grammaticalement deux noms au lieu d'un seul, le second étant très probablement celui de Théophraste. Ainsi ,* suivant Athénée ou son abréviateur comme l'ont pensé quelques critil{ues, les livres, ^i^ia, d' Aristote auraient été portés à Alexandrie dès le temps de Ptolémée Philadelphe; mais il se contredit lui-même dans un autre en* droit, et e;n parlant d'Apellicon deTéos, célèbre par sa passion pour les livres et les raretés, il ajoute (c qu'Apellicon recueillit avec ardeur les «ouvrages de l'école péripatéticienne, la biblio*
I. Athénée, Deipnoaoph. , Uy. x , cb. a. 3. Suiir, Ariitotelia, Uy. ai p. 3i.