‹ De la logique d'AristoteChapitre 98 sur 244 · ANALYSE DES RÉFDT. DES SOPH. — CHAP. VII · texte numérisé non relu

ANALYSE DES RÉFDT. DES SOPH. — CHAP. VII

d'dbord que le kuitième livre des Topiques est coiD{>ris dans la dialectique, c'est-à-dire, dans la Topique, et qu'il n'en a probablement été jamais séparé, ainsi qu'on Ta cru souvent; en second lieu , qu'Aristote isole le traité des Réfutations des Sophistes, du traite qui précède et auquel il semble si étroitement uni , comme on l'a remarqué ci-dessus ( Voir page 4a i )-

Aristote va donc s'occuper de la marche qu'il faut donner aux discussions sophistiques; et ici il serait difficile quelquefois de décider, à la manière dont les choses sont présentées par lui, si ce sont des conseils qu'il donne aux Sophistes, ou à ceux qui veulent éviter leurs ruses. Tout ce qui précède prouve, au reste, que c'est en ce dernier sens qu'il faut entendre la pensée du philosophe. Ceci est d'ailleurs la seconde portion du traité (Voir plus haut, page 4^*4)*

Ch. i5, 174, a, 17, Pour réfuter sophistiquement, il faut donner une certaine longueur à la discussion, parce qu'il est plus difficile de saisir un long ensemble de raisonnements (a(jia iroXXà cuvopav). Il faut lui donner une certaine vitesse, car, si on la ralentit, on peut voir mieux quels en seront les résultats. Il faut encore exciter la colère ou la bile de l'adversaire, parce que la passion aveugle l'esprit.

1 74 , a , 3o. Quand l'adversaire refuse ce qu'il croit utile à la discussion de son antagoniste, il faut interroger négativement pour ne pas laisser

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voir nettement sa pensée. Daii^ les inductions, lorsque quelques cas ont été accordés particulier rement, il faut prendre l'universel comme accordé par cela même, et sans qu'il soit besoin de le demander. Parfois , il faut prévenir soi-même les réponses, et les faire sans les attendre ( 1 74, b, 9). Une des ruses les plus habituelles des Sophistes (<juxo<pavTTfi(jt.a [LOLkiça (xoçtçixov ), c'est, sans avoir fait de syllogismes réels, de s'abstenir de la question qui devrait mettre fin à la discussion, et de procéder ensuite par conclusion, comme si le syllogisme avait été complet ( oufjLirepavTixôç )•

Ch. 16, 175, a, I. Telles sont les règles de l'interrogation. Quant à celles de la réponse, on va les tracer; mais il convient, auparavant, de voir à quoi ces recherches peuvent être utiles. Elles le sont à la philosophie de deux manières : d'abord, en faisant mieux connaître les significations diverses des mots; en second lieu, elles mettent en garde contre les paralogismes qu'on peut se faire à soi-même dans ses études personnelles ( xa6' a'jTov ÇYiTifcxeiç ), en montrant comment on peut être trompé par les autres; enfin, ces recherches peuvent servir à la réputation de ceux qui y sont habiles, en montrant qu'ils s'y sont bien exercés, et qu'ils ne sont ignorants sur quoi que ce soit. En' effet, si l'on blâmait une discussion sans pouvoir en indiquer les défauts, on paraîtrait la blâmer seulement par ignorance, et non point par amour de la vérité.

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