‹ De la logique d'AristoteChapitre 99 sur 244 · ANALYSE DBS REFUT. DES SOPH. — CH.\P. VU · texte numérisé non relu

ANALYSE DBS REFUT. DES SOPH. — CH.\P. VU

Cette gprtion du chapitre i6 ne tient pas fort étroitAienty comme on le voit , à ce qui précède, ni à ce qui va suivre, et Ton pourrait soupçonner ici quelque déplacement.

Âristote revient ensuite aux règles de la réponse, et il se contente de se référer à celles de l'interrogation , qui peuvent être également utiles, dans l'un et l'autre cas. Il recommande surtout de s'exercer à ces réponses, pour savoir dans l'occasion les fournir avec assurance et rapidité, quand il s'agit de résoudre les sophismes que l'adversaire oppose.

Ch. 17, 175, a, 3i. De même qu'on a vu qu'il valait mieux quelquefois se borner au probable que de pousser jusqu'à la vérité, dans l'emploi du syllogisme, de même aussi quelquefois il vaut mieux paraître résoudre les sophismes que les résoudre véritablement. Comme les arguments des Sophistes ne sont jamais qu'apparents, il faut les combattre ( (jia^eTéûv ) , avec des armes aussi £Eiusses que les leurs.

1 76 , a , 2 1 . Il ne faut pas du reste se méprendre soi-même à ces vices des solutions qu'on donne, et l'on doit faire en sorte de ne pas prêter à une contre-réfutation (irape^^ey^oç). Aussi, dans* ce cas , quand on est forcé d'avancer quelque chose contre sa propre opinion (irapa^o^ov), faut-il avoir bien le soin d'ajouter que Ton croit, que l'on suppose ( ^oxeiv ). Si l'adversaire a pris l'uni versel , non par le mot propre qui l'exprime , mais par

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une comparaison (oùx ôvdfiuxTi ik'kk iro^êoX^), il faut dire qu'on ne laccepte pas sous cett#forme (176, a, 3a); car Tuniversel, ainsi donné, est une occasion fréquente de réfutation.

Il ne faut jamais accorder d'une manière absolue (176, by 1) une question dont on ne comprend pas toute la portée (âdaçèç to 77poT£ivo(jL$vov). Aristote donne pour ce lieu un exemple fort clair en grec, mais qu'il est difficile de rendre en français , parce que la langue ne se prête pas à ce jeu grammati* cal. Ce qui est àOTivouûv, est-il la propriété des Athé* niens? oui, certes. Mais l'homme est-il tôv C<^? oui , certes : donc l'homme est la propriété des animaux.

176, b, ^6. Quand on prévoit une question insidieuse, il faut aller au-devant , et la prévenir en la posant soi-même.

Ch. 18, 176, b, 39. Du reste,, le syllogisme peut être vicieux dans la matière, ou vicieux dans Ui forme. La vraie solution consiste à en montrer nettement le défaut (iq 6p67) Xuai; £(AÇflcviGi( <]«euJo£fc aMiX^fi^iu^). Il faut regarder à la forme ( ^ ovMuXoyiçai i ic\ik\Qyiçoç\ et ensuite à la conclusion, si elle est vraie ou fausse.

Cb. 19, 177, a, 9. Dans les conclusions à plu* sieurs sens, il faut sur-le-champ distinguer le seM vrai qu'elle doit avoir, et prouver par-là que le Sophiste attaque non pas la chose elle-même , mail seulement le root amphibologique qui l'exprime-

Ch. ao, 177, a, 33. Ûfaut toujours, dans k ooa-

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dosion, diviser ce que le Sophiste réunit , et réunir au contraire ce qu'il divise.

(Ch. a 1 , 1 7 7, b, 35). Les para^ogismes qui naissent delà prosodie sont très faciles à résoudre, et il suf-* fit de faire remarquer la différence des accepts.

Ch. 22, 1 781, a, 1 5. Lia distinction des genres de^ catégories (jà yé^t tûv xainoYopiÎMv) servira pour faire connaître les cho^s qui sont ou ne soqt p<iQ identiques dans Texpression, Par ei^emple, on demande : Y a-t-il quelque souffrance qui spit ac* tion? (ap' 6^1 Ti T(t>v içao^^fiiv TTOieTv n) on répopd pon. Cependant, Tépirai, xcuexai, , aia6àv€Toii| sont de forme semblable, et ei^primefit tQus qy^lque souffrance. De même, XeyEiv, Tpix^^s ^p^i^PQt 9Ufisi de forme semblable, ete^^priment tPUf up^ action. Mais voir (ôpay) est certainement au^i «{?tfltvsodai, sentir; et, puisque sentir est d^ la aitégo^ rie de la souffrance, il $'epsuit qu'une o^éfnecbosft» dans la même forme , peut appartenir à deu^ cat^ories. Ces sophisme» seront résolu^ p^r un ^sfjsinenattentif des catégories.

On voit qu'Aristote se sert du ternie propre de catégories , et que la doctrir>? ^i^posée ici ^ rapporte parfaitement à celle de ce traita*. (Vçis plu^ haut, dans les Topiques , pag^ 4o3.)

Aristote cite ensuite un assez grapd nombre de sophismes qui tous reposent sur d^ confu^ipo/» de catégories, et il termine en recommandep^ (179, a, 10) de distinguer ^oigoeusen^ept , quand

^{40 'deuxième partie. — SECTION I.

on répond, la qualité, le relatif, la quantité et les autres choses de même ordre.

Ch. 23, 17g, a. II. En général, dans toutes les discussions relatives à des mots (Trapà rht >i&v), on obtiendra la solution vraie du sophisme, en prenant le contrepied de la thèse soutenue par ladversaire (to âvTixetfjLevov) : s'il réunit les choses, il faut les diviser, et vice versa. En prosodie , s'il prend la longue, il faut prendre la brève; en homonymie , l'opposé , etc. , etc.

Ch. n^j 1 79, a, 26. Pour les sophismes relatif à l'accident (wapà to ou[jt.êeêyîxoç) , le moyen de les combattre, c'est de nier que tout ce qui va à l'accident aille aussi au sujet , et réciproquement. C'est qu'en effet il n'est pas nécessaire que tout ce qui est vrai de Tun le soit aussi de Tautre. ^identité parfaite des accidents ne convient qu'aux sujets qui n'ont pas de différence essentielle (xorà ttiv oùaioev âjiafopoiç 179, a, 38), et qui ne font qu'un tout. On a proposé diverses autres façons de résoudre ces sophismes; mais , en général , elles sont insuffisantes.

Ce passage, et plusieurs autres du même genre, répandues dans ce traité, et dans lesquels Aristote rappelle les opinions de quelques philosophes, prouvent que ces matières avaient été traitées avant fui; ainsi, l'épilogue qui termine les Réfutations des Sophistes, loin de se rapporter, comme on Ta prétendu souTent, à ce seul ouvrage , con-

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cerne au contraire l'ensemble de la Logique. Aristote avait des prédécesseurs, comme il l'avoue lui-même, dans l'étude des sophismes; il n'en avait pas pour la théorie du syllogisme et de la démonstration ( Voir l'analyse de l'Herméneia pag. 202I et plus loin , page 447)*

Ch. 25, i8o, a, 'a3. Les sophismes qui reposent sur la confusion du relatif et de l'absolu , se peu* vent facilement résoudre en distinguant Pun et l'autre, et le moyen le plus simple de le faire, c'est de prendre la contradiction de la conclusion (icp&ç To cujxiripadpLa tt)v ôvrifadiv). Tous cessophismes se réduisent à cette formule générale (tout îj^ovtbç): le non-être peut-il être? Oui, le non-être est k l'état de non-être; et de même l'être n est pas ^ car il y a des êtres qui cessent d'être, etc., etc.

Ch. 26, 27, a8, 29, 3b, 181, a, i.Aristo te .indique ensuite fort brièvement lesmoyens de combattre les sophismes dont il a exposé plus haut la nature, et qui tous reposent sur l'ignorance de la réfutation, sur la pétition de principe, sur la consécution réciproqueet mal comprise deschoses,sur une addition secrète qui est faite aux données primitives, sur la réunion de plusieurs questions en une seule, etc.

Ch. 3a, i3i, b, a5. Quant au sophisme qui conduit à la tautologie (TouTè icoXXaxiç ciireiv), on s'en défendra surtout en n'accordant pas que les catégories séparées (xad* ouràç toç xaTTiyopia;) aient , par elles seules, un sens complet; par exemple, le relatif sans son relatif. Il ne faut pas accorder non

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plus que Tespèce et le genre , le propre UoLè ou réuni au sujet , etc., etc., aient le même sens.

Ch, 3ay 182. a, 7. Enfin, on résout aisément les sophismes de solcecisme^en distinguant avec soin le genre et le cas.

Ch. 33, i8a, b, 6. Le chapitre 33, qui termine ce traité, renferme deux parties fort distinctes, et, pour ce motif, les éditeurs de Berlin auraient eu raison de lé diviser en deux, et d'admettre un 34^ chapitre, comme plusieurs de leurs prédécesseurs. Quoi qu'il en soit, la première partie est un résumé de ce qui précède sur la solution des sophismes ; la seconde est un résumé beaucoup plus important de TOrganon tout entier.

Âristote établit donc d'abord que, parmi les sophismes, les uns sont difficiles à saisir; d'autres, au contraire, sont aperçus sans peine, et ne sont alors que ridicules (yeXoIoi) ; tels sont surtout ceux qui ne s'attaquent qu'à la forme des mots (inLfk TJiv Xe^vl, 1 83, a, a I .). Du reste , on peut k la foiS; dans la solution du sophisme comme dans le raisonnement lui-même, s'en prendre, soit à l'objet même de la discussion , soit à la personne de riaterlocuteur , ou enfin en laissant l'un et l'autra, se rejeter sur le temps qui ne permet pas d'approfondir la discussion entamée.

Ici commence l'épilogue qui a servi ri souvmit de texte aux attaques des antipéripatéticieBS, «t particulièment à celles de Ramas. Le point le plus important à éclair dr, c'est de savoir si ce réMuné

ANALYSB DBSBÉFUT. DBS SOPH. ^ CBAP. VII. 445

qui dot le traité des Réfutations des Sophistes , se rapporte à l'Organon tout entier , ou (Salement k la Topique et à ce qui la suit. Malgré quelques incertitudes, je me prononce pour le premier parti ici Âristote a voulu reconnaîtr^'ensemble de ses travaux sur le raisonnement (Tviç (uOg^ou tcSv XoycDv). (iS^fby ï3). Il a traité de tout ce qui le concerne (j^e^Yi^coToi 8t 3cal irspl tûv aXX(Dv ), comme il le dit lui-même, et ceci peut s'appliquer aux Catégories, àlHerméneia, puisqu'il vient de parler de sa théorie du syllogisme, de sa dialectique et de son traité des sopbismes. J'avoue qu'ici les expressions ^ Tauteur auraient pu être plus mettes, ses pensées mietîx classées : mais la remarque que j'ai £siite plus haut ( page 44^) 9 ^^ semble tout-à-fait décisive , jointe aux preuves que le texte- fournit |D cet endroit.

Voici donc comment Aristote termine sa logique, et fait un modeste et légitime appel à la reconnaissance de la postérité (Voir plus* haut page 84).

0i De combien de manières et de quelles manières « se produisent les paralogimes; quels sont les « moyens de montrer que Tinterlocuteur se $i trompe et delamener àfairedes paradoxes; comm ment, en outre, se forme le syllogisme; comment^ « il faut interroger dans les discussions, et quelest « l'ordre à suivre dans les interrogations; quelle est € l'utilité de toutes ces recherches; quelles sontles « règles générales de toute réponse, et comment on c jpgeutrésoudre les objets de la discussion et les syl-

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« logismes; toutes ces questions doivent être suffice samment éclaircies par ce qui précède. Il ne reste a plus pour compléter le projet que nous nous « étions d'abord proposé , que de nous résumer « et de mettre &!$ à ce traité.

« Notre but était donc de découvrir une mé- « thode syllogistique^ qu'on pût appliquer au « sujet donné en partant des principes les plus <r probables. C'est là en effet l'objet de la dialec- « tique , proprement dite, et de celle qui n'a en vue <c qu'un simple essai des forces de l'adversaire, (c Mais on a , contre cette dernière, certaines préce ventions , à cause de sa ressemblance avec la so- « phistique. L'on peut en effet essayer les forces de « son adversaire, non seulement pour la discussion « dialectique, mais aussi dans un tout autre but; « et c'est pourquoi nous avons voulu dans ce « traité fournir les moyens, d'abord, de poser soi- « même les questions , et en outre , quand on les « reçoit, de se défendre également contre la thèse « donnée, en partant des opinions les plus généa ralement admises. Nous avons dit nos motifs, et « ces motifs sont ceux qui portent Socrate à tou- <ir jours interroger sans jamais répondre, attendu « qu'il convient de son ignorance. Nous avons a expliqué plus haut à quoi toute cette science « s'applique, quelle en est l'origine et coma ment nous pouvons l'acquérir. Nous avons aussi « tracé les règles de toute interrogation, Tonlre ce qu'on y doit suivre , et celles des réponses et de

avàltse des refut. des soph. — cHAP. vn. 445

« la solution des syllogismes. Nous avons de plus « exposé tout ce qui se rapporte à cette même étude « des discours (Scol tyjç aorriç (iieS^^ou twv ^oywv èrîv). «Nous avons en outre traité des paralogismes , « ainsi que nous venons de le dire.

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