‹ De la loi du contraste simultané des couleursChapitre 110 sur 249 · A la formation des couleurs binaires , telles · texte numérisé non relu

A la formation des couleurs binaires , telles

" orangé = rouge + jaune,

vert = jaune -f- bleu, violet = bleu -f- rouge.

2.° A la formation des couleurs ternaires, représentées par des couleurs binaires plus ou moins ternies par du noir.

Dans le cas de mélange , on pourrait exprimer par un nombre la proportion de chacune des couleurs élémentaires,

555. Il manquerait quelque chose à l'exposé de mes idées sur le parti qu'on peut tirer des tableaux graphiques coloriés, si je ne prévenais pas une objection qui naîtrait certainement dans l'esprit de plusieurs de mes lecteurs; c'est, penserait-on, qu'il y aurait de l'inconvénient à consacrer certaines couleurs à des objets subordonnés

par des rapports que les progrès des connaissances peuvent modifier s'ils ne les changent pas plus ou moins profondément. Cette objection est plus grave qu'elle ne le paraît au premier aspect, parce qu'en y réfléchissant, elle ne diffère point au fond de celle qu'on a élevée dans ces derniers temps contre l'utilité des nomenclatures méthodiques ou rationnelles dans les sciences progressives.

556. Je reconnais le premier l'inconvénient des noms parfaitement définis, pour désigner des objets matériels, lorsque les rapports sur lesquels ces noms reposent sont de nature variable, ou lorsqu'étant l'expression d'une certaine manière d'interpréter les faits auxquels ils se rapportent, cette manière de voir venant à changer, la nomenclature se trouve dès lors en opposition plus ou moins directe avec elle. Par exemple, d'après les règles de la nomenclature chimique, le mot rnuriate d'oxide de sodium, signifiant la combinaison de Vacide muriatique avec Yoocide du métal appelé sodium y s'appliqua au sel marin, à l'époque où l'on crut que telle était en effet sa composition. Mais des travaux ultérieurs ayant conduit à penser qu'il ne renferme ni acide ni oxide de sodium, mais deux corps simples, le chlore et le sodium, on lui a donné le nom de chlorure de sodium.

( 354 ) Ces expressions ont ceci de contraire, qu'il résulte de la première que les o,6o54 du poids du sel marin représentent de Yacide muriatique et de Vojcigène, et, conformément à ce résultat, on pensait que ces corps étaient l'un à l'autre dans la proportion convenable pour constituer un acide muriatique oocigéîié^ tandis qu'il résulte de la seconde expression que les o,6o34 du poids du sel marin, au lieu d'appartenir à un corps composé, Y acide muriatique oxigéné ^ appartiennent à un corps simple, le chlore. Examinons l'inconvénient réel de cet état de choses, afin de savoir s'il est assez grave pour qu'il faille abandonner l'admirable moyen d'exprimer des rapports par une nomenclatui'e rationnelle.

537. Il est clair que lorsqu'une théorie vient à changer, la nomenclature, qui en était l'expression concise, rend l'enseignement plus difficile qu'il ne le serait si la nomenclature était insignifiante : mais cette difficulté, d'une durée passagère, disparaît, dès que la théorie qui remplace l'ancienne vient se résumer à son tour dans une nouvelle nomenclature, qui, méthodique comme la première, en a aussi les avantages. Ainsi, en reprenant l'exemple précédent , nous voyons que la nomenclatiu^e des composés muriatiques n'a eu d'inconvénient réel qu'à l'époque où l'on pro-

fessait la nouvelle tliéorie du chlore avec les termes de l'ancienne nomenclature j mais celle-ci une fois remplacée par la nouvelle, l'ordre a été aussitôt rétabli, et l'ancienne est entrée dans les archives de la science , où elle sert encore à ceux qui veulent étudier l'histoire des variations de la théorie chimique, comme elle a servi lorsqu'on la croyait l'expression du vrai, à celui qui voulait étudier les éléments de la science dont elle dépendait.

558. En parlant de l'utilité des nomenclatures méthodiques ou rationnelles, je n'ai point voulu défendre l'abus qu'on peut en faire; j'ai supposé qu'elles reposaient sur un système défaits parfaitement défniSj et qui avaient été déjà l'objet

de discussions sujffisamment nombreuses et sujffisamment approfondies , pour que leur interprétation pût être considérée comme défnitiçe relativement à l'état des connaissances à l'époque où. cette interprétation avait lieu,

559. Cette digression m'a paru nécessaire pour développer clairement ma pensée relativement à l'utilité qu'il y a de colorier les tableaux graphiques d'après les principes que je propose. Une fois ces principes rappelés par celui qui fera usage de cette enluminure méthodique ou ra-

( 556 ) tionnelle , l'nsage des tableaux qui en seront le résultat, aidera beaucoup à la conception du texte auquel ils seront joints, soit pour l'étudiant qui les verra pour la première fois , soit pour le savant qui les consultera dans Tintention de se rappeler des cboses qu'il aura oubliées j enfin, des rapports entre des objets donnés, exprimés par des couleurs , venant à clianger par suite du progi'ès des connaissances dont ces objets ressortent, ou par le fait de dissidence d'opinion qui peut exister entre des auteurs contemporains, les mêmes principes guidant l'emploi des couleurs dans les tableaux grapbiques qui doivent exprimer ces variations, ces tableaux rendront à ceux qui les consulteront des services analogues à ceux que rendent les nomenclatures méthodiques appliquées à un même sujet, dans l'étude qu'on fait des variations de la science. Je conçois même que sous le rapport historique on pourrait tirer de l'enluminure un parti que ceux qui n'ont point réfléchi à cet objet sont loin de soupçonner.

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