CHAPITRE PREMIER
Des lignes de végétaux,
771. J'appelle ligne de végétaiiccj, des végétaux plantés à égale distance les uns des autres sur une même ligne droite ou courbe : ces végétaux peuvent être des arbres, des arbrisseaux, des arbustes, des sous-arbustes et des plantes herbacées à fleurs.
Règle. Pour planter une ligne de végétaux, on pose le cordeau de manière qu'il occupe le centre de la plantation projetée , puis on place des piquets à égale distance les uns des autres , de manière que chacun représente le centre d'un végétal. On ôte le cordeau, on fait des trous, puis on plante.
772. Une ligne de végétaux assez grande et dont les végétaux sont assez serrés pour dérober à la vue les objets placés derrière, s'appelle lideau. Telles sont une charmille, une rangée de thuyas cachant un mur.
773. Tous les massifs plantés d'après ma méthode, se composent de lignes de végétaux qui sont parallèles l'une à l'autre, ou en d'autres termes, il y a partout entre deux mêmes lignes une égale distance j ainsi dans un massif formé
de 5 lignes droites, ou courbes dont les extrémités ne se rejoignent pas, il y aura partout la même distance entre la i." et la 2.", entre la 1? et la S.*", entre la 5." et la 4•^ entre la 4-^ ^t la 6.^; mais la distance entre la i^ et la 1? pourra différer de la distance qui se trouve entre la 1? et la S.'', ainsi des autres. Enfin, le résultat serait le même, si les lignes étaient des courbes fermées, comme est par exemple la circonférence d'un cercle qui n'a point d'extrémités. Les lignes de végétaux considérées sous ce point de vue relativement aux massif Sy en sont les éléments. Il est évident qu'il faut au moins deux lignes de végétaux pour constituer un massif.
Des lignes de ^végétaux appelées rideaux (772).
774. Lorsqu'on veut cacher un mur, ou plus généralement un objet quelconque de quelque étendue, on a recours à un rideau de a)égétaux. Toutes les fois que le terrain ne permet pas, à cause de son peu de largeur, la plantation de plusieurs lignes qui constitueraient un massif, la condition essentielle à remplir est, que les végétaux qui feront rideau aient au moins la hauteur de l'objet qu'il faut cacher, et soient garnis de feuilles jusqu'au pied. Les arbres toujours verts, tels que les thuyas, le laurier- amande, etc.,
(5.9) sont ceux qu'on doit préférer; viennent ensuite Je charme, les lilas, le troène, etc.
775. Les rideaux les plus homogènes, c'est-àdire ceux qui ne sont formés que d'une seule espèce de plante, sont préférables à tous autres pour l'objet qu'ils doivent remplir; et si l'on voulait éviter la monotonie résultant de la vue d'une même espèce, on pourrait recourir à une espèce qui présente des variétés. Par exemple, un rideau composé de lilas violets et de lilas blancs, aura tout à la fois l'avantage de l'homogénéité pour cacher ce qui sera derrière, et l'avantage de la variété du feuillage; car tout le monde sait que le lilas violet a des feuilles qui sont plus sombres ou d'un vert moins jaune que celles du lilas blanc. On peut alterner un ou plusieurs pieds de lilas violets avec un pied de lilas blanc.
776. Il est difficile de donner exactement la distance qui doit séparer les végétaux destinés à former rideau , par la raison qu'il y a pour un même végétal un rapport à observer entre la hauteur de l'objet qu'il doit cacher et la hauteur à laquelle le végétal doit parvenir. Ainsi , quand la hauteur de l'objet est petite, on peut mettre moins de distance entre chaque végétal que quand elle est plus grande. 11 faut en un mot atteindre le
double but d'avoir un rideau suffisamment élevé et suffisamm.ent garni de feuilles à partir du sol. Des végétaux susceptibles de s'élever, des lilas, par exemple, plantés trop près, se nuisent, et plantés trop loin l'un de l'autre, ils prennent trop de développement en liauteur et se dégarnissent du pied.
777. Si l'on ne veut pas planter en haie, on peut observer les distances suivantes :
Entre deux thuyas {thuja occidentalis) 0^66 à i"" (2 à 5 pieds)j
Entre deux lilas, depuis i'",55 jusqu'à i^fi^ (4 ou 5 pieds) 5
Entre deux troènes, 1".
Des lignes de végétaux coiuidérées comme éléments des massifs.
778. 11 résulte, à mon sens, de la manière dont je considère une ligne de végétaux comme élément d'un massif, deux conséquences que je regarde comme absolues , et une troisième qui , sans avoir ce caractère, doit être en général prise en considération dans la plantation d'un massif.
1 r Conséquence {absolue). Si les végétaux d'une même ligne ne sont pas de la même espèce, il faudra nécessairement qu'ils ne diffèrent pas trop les uns des autres sous le rapport de la grandeur.
1? Conséquence {absolue). Dans le cas où une ligne devra être vue en entier, il faudra que les mêmes espèces reparaissent alternativement.
3.^ Conséquence {non absolue, mais générale). On évitera de mettre les mêmes espèces dans deux lignes voisines, lorsqu'il s'agira de massifs variés qui ne se composent que de quelques lignes.