Principe de la sjmétric
825. On se tromperait beaucoup, si Ton croyait que le principe delà symétrie est exclu du jardinpaysage. Il préside réellement à l'ordonnance d'un jardin de ce genre bien dessiné, mais pour l'y apercevoir ou pour le mettre soi-même en pratique, il est nécessaire de distinguer la symétrie de parties pareilles , et la sjmétrie de parties simplement correspondantes.
A. Symétrie de parties pareilles.
C'est celle de deux moitiés égales d'un même tout, comme les deux moitiés d'un cercle, d'un carré, d'un triangle équilatéral ou isocèle, d'un animal pair.
B. Symétrie de parties simplement correspon-
DAINTES.
d) C'est celle de deux parties d'un même tout, qui, sans être égales, ont la même forme ou à peu près; telles sont les deux parties triangulaires du miassif 5, figure 101.
h) C'est celle de deux parties séparées plus ou moins analogues de forme, d'étendue ou de nature, qui ont une correspondance de position relativement à un objet intermédiaire;
c) C'est celle de deux massifs ou groupes d'ar-
(559) bres, ou d'un massif et cl'iui groupe d'arbres qui se présente, l'un à la gauclie et l'autre à la dioile du spectateur, dans une position qui a clé ménagée par le jardiniste.
A. Symétrie de parties pareilles.
826. Le principe de la symétrie de parties pareilles, peut s'appliquer à des arrangemenls qui constituent une ligne de végétaux, ainsi qu'à un ensemble de lignes, ou, pour parler d'une manière plus générale, à une plantation constituant un massif.
Pour qu'un arrangement soit, à proprement parler, symétrique, il ne suflit pas qu'il présente une même forme revenant à des intervalles égaux, conformément au principe de la répétition; il faut qu'il soit réductible en deux moitiés semblables. Tels sont, par exemple, les arrangements suivants :
Une touffe de bois de Judée entre deux touffes de lilas blanc, ou entre deux touffes de bois de S.'^ Lucie.
Une touffe de faux ébénier entre deux toufl'es de lilas violet.
Une touffe de faux ébénier, ayant de cbaque côté une toufTe de lilas et une touffe de seringat.
Tous ces arrangemenls doivent se trouver entre deux arbres ou entre deux touffes, telles, par
exemple , que des lauriers-amandes , absolument distinctes de celles qui constituent l'arrangement.
L'analogie de ces arrangements avec les ornements d'architecture composés de deux parties pareilles , est remarquable : en effet , dans les premiers comme dans les seconds, le milieu doit être plus grand que les deux côtés, et ceux-ci, quoique distincts, doivent s'y lier intimement j conséquemment, si la touffe du milieu était dégarnie de feuilles, tandis que les touffes latérales en seraient couvertes de bas en haut, l'arrangement serait vicieux. Enfin, pour augmenter l'effet d'homogénéité à la vue, au lieu d'encadrer l'arrangement entre deux touffes même très-différentes des premières, il est préférable de le placer entre deux arbres.
C'est surtout lorsqu'on veut composer une ligne de trois espèces de touffes, dont l'une diffère beaucoup plus des deux autres que celles-ci ne diffèrent entre elles, qu'il vaut mieux observer l'arrangement symétrique que l'arrangement simplement successif. Par exemple, qu'il s'agisse de composer une ligne de kerria japonica, de chamsecerasus tartarica rose, de lilas blancs, l'arrangement symétrique, chamœcerasus , lilas ^ chamcecerasus , entre deux kerria , sera d'un bien meilleur effet que kerria, chamcecerasus , lilas blanc, kerria, etc., ce dernier arrangement étant tout à fait incohérent.
(56i ) Dans un massif réductible en deux moitiés parfaitement égales, et qui est susceptible d'être vu en entier d'un coup d'œii, parce qu'il est petit et qu'il ne renferme que des plantes basses, les lignes végétales symétriques sont d'un bon effet; on en a la preuve dans la bordure de primevères, qui cn-conscrit le massif elliptique de la figure 74 (755). Supprimez les primevères orangées aaaa^ vous détruirez une partie du bel effet de la bordure en en détruisant la symétrie; car alors vous n'aurez plus les quatre arrangements symétriques existant entre les quatre primevères rouges bbbb.
B. Sjmétrie cle parties simplement correspondantes.