‹ De la loi du contraste simultané des couleursChapitre 29 sur 249 · Du rouge soustrait au violet, le fait paraître plus bleu · texte numérisé non relu

Du rouge soustrait au violet, le fait paraître plus bleu

1 "- 2. Que faudrait-il maintenant pour que cette construction devînt aussi utile qu'on peut se l'imaginer d'après ce qui précède? C'est qu'on pût l'exécuter partout, de manière à en rendre le langage uniforme, ainsi qu'on le fait pour la détermination des températures au moyen du thermomètre.

Pour y parvenir, il faudrait prendre des types invariables de couleur, soit dans le spectre solaire, soit dans la lumière polarisée, soit dans les anneaux colorés, soit dans les couleui^s développées d'une manière constante par un procédé quelconque, puis les imiter aussi fidèlement que possible, au moyen de matières colorées que l'on appliquerait sur le plan circulaire de notre construction cbroma tique. Il faudrait que le nombre

( loi ) de ces types fût assez considérable pour reproduire les principales couleurs , afin qu'un oeil exercé pût sans difficulté intercaler tous les tons d'une même gamme et toutes les nuances dont les types manqueraient; il faudrait, enfin, que la construction hémisphérique ainsi établie, présentât des termes assez rapprochés pour qu'on pût y rapporter les variétés de couleur des corps naturels et de ceux que nous formons dans nos ateliers et nos laboratoires de chimie.

173. Je dois insister sur un point avant de terminer cet article; c'est sur la possibilité d'imiter des tjpes de couleurs supposées pures ^ en employant des matières colorées qui, ainsi que Je l'ai dit, ne le sont jamais ou presque jamais (7). En cela la manière dont je conçois la réalisation de ma construction chromatique, est toute différente de celle dont on a conçu les constructions analogues en employant comme type du rouge le carmin, comme type du jaune la gomme gutte, comme type du bleu l'outremer, le bleu de Prusse, etc.

Qu'il s'agisse d'imiter un type pur, on prendra le corps coloré qui s'en rapproche le plus; s'il en diffère sensiblement, on cherchera à en corriger l'écart au moyen du mélange d'un autre corps coloré, et en observant toujours de le prendre

de la couleur la moins éloignée possible de celle qu'il s'agit de corriger. Si l'on ne parvenait pas à un bon résultat par la métbode du mélange, on mettrait le corps coloré à la place qu'il doit occuper sur le plan. Prenons pour exemple le type du bleu. Il est évident que l'outremer tire sur le violet j il faut donc essayer de neutraliser cette dernière teinte, en y mettant du jaune verdàti^e plutôt cpi'orangé. Si l'on n'est pas content du mélange, il faudra essayer la cendre bleue de prem.ière qualité; si elle ne représente pas exactement le type du bleu, elle s'en rapproclie beaucoup, mais en tirant plutôt sur le vert que sur le violet. Enfin, ne pouvant imiter ce type, il faudra mettre l'outremer et la cendre bleue à la place qu'ils doivent respectivement occuper comme nuances du bleu, et laisser vacante celle de ce type.

Je ne doute pas qu'un artiste qui emploie des matières colorées comme élément de son art, ne tire un très-bon parti des essais qu'il fera pour mettre dans la construction chacun de ces éléments à la place qu'il doit y occuj)er.

Résumons les avantages de la construction chromatique hémisphérique.

1.° Elle représente toutes les modifications résultant du mélange des couleurs.

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Ainsi on voit ;

(li) Comment une couleur quelconque, dégraciée par le blanc et montée avec du noir, peut, sans sortir de sa gamme, donner naissance à un nombre infini de tons; je dis infini, parce qu'on peut en intercaler autant qu'on voudra, depuis le ton 1 jusqu'au ton 20.

(Jj) Comment les couleurs franches, en se modifiant les unes par les autres, peuvent produire un nombre infini de nuances ; car entre deux nuances voisines du cercle on peut en intercaler autant qu'on voudra.

(c) Comment le ton normal d'une couleur franche, représenté par une quantité égale à 1 , couvrant l'unité de surface, est le point de départ de tons normaux de gammes marchant vers le noir, ces tons normaux étant représentés par du noir et une quantité de matière colorante plus petite que l'unité, constituant des mélanges qui couvrent l'unité de surface s et la colorent en un ton qui a le même numéro que le ton normal de la gamme francliQ à laquelle il se rapporte. On comprend qu'à partir de ce ton jusqu'au ton correspondant du noir normal, on peut intercaler autant de mélanges de couleur et de noir qu'on voudra.

Les modifications des couleurs ainsi indiquées par la construction hémisphérique, rendent ex-

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trémement faciles à comprendre les définitions que nous avons données des mots gammes, tons, nuances, couleurs franches et couleiu^s rabattues, 2.° Elle donne le mojeji de connnaitre la complémentaire de toutes les couleurs, puisque les jioms écrits auoc deux extrémités d'un même diamètre se rapportent aux couleurs compléjnentaires l'une de Vautre.

Exemples :

(rt) Qu'il s'agisse du }3leu et du jaune juxtaposés j à l'extrémité du diamètre où on lit le mot bleu, on lit à l'extrémité opposée le mot orangé. On voit par là que le bleu tend à donner de l'orangé au jaune. Enfin, à l'extrémité du diamètre où on lit le mot jaune, on lit à l'extrémité opposée le mot violet. On voit par là que le jaune tend à donner du violet au bleu.

(Jb) Qu'il s'agisse du vert et du bleu juxtaposés; à l'extrémité du diamètre où on lit le mot vert, on lit à l'extrémité opposée le mot rouge. On voit par là que le vert tendant- à donner du rouge au bleu, doit le violeter. Enfin, à l'extrémité du diamètre où on lit le mot bleu, on lit à l'extrémité opjiosée le mot orangé. Mais que fera le mélange du vert et de l'orangé ? Pour le savoir, il suffira de considérer que l'orangé tendra dans le vert à neutraliser du bleu, sa complémentaire,

et que, comme il est toujours trop faible pour neutraliser tout le Lieu, son influence se bornera à n'en neutraliser qu'une portion, d'où il résulte que le vert contigu au bleu paraîtra plus jaune qu'il n'est réellement.

(c) Qu'il s'agisse du vert et du jaune juxtaposés , et on verrait de la même manière que le vert donnera du rouge au jaune et l'orangera, et que le violet, la complémentaire du jaune, en neutralisant du jaune dans le vert, fera paraître celui-ci plus bleu ou moins jaune.

5.° U/i troisième avantage de cette construction, qui la distingue des constructions chromatiques ordinaires y c'est de présenter les deux ordres d'avantages précédents (i.° et 2.°), sans qu'il soit nécessaire de la colorier.

On voit donc qu'elle a une utilité réelle indépendante de la difficulté que son exécution peut présenter lorsqu'il s'agit de la colorier.

4-° Un quatrième avantage de cette construction^ est défaire voir à tous les artistes qui emploient des matières colorées d'une étendue sensible pour parler auoc jeux , comme le font particulièrement les tapissiers des Gohelins ^ le rapport de numéro qui doit exister entre les tons des diverses gammes qu'ils travaillent ensemble.

(io6) §. 3.

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