‹ De la loi du contraste simultané des couleursChapitre 28 sur 249 · Que la couleur franche ne sort point de sa gamme · texte numérisé non relu

Que la couleur franche ne sort point de sa gamme

Dans cette circonstance la modification est dans le sens du rayon du cercle; en allant du ton normal vers le centre, elle prend du blanc, tandis qu'en allant du ton normal vers la circonférence, elle prend du noir.

2.° Que la couleur franche sort de la gamme en prenant du jioir.

Dans cette circonstance tous les tons normaux des diverses gammes comprises dans le quadrant perpendiculaire au cercle, ont pour point de départ le ton normal d'une des gammes franches du cercle avec laquelle le quadrant coïncide. Ce ton normal résultant d'une quantité de matière colorée représentée par l'unité, recouvrant l'unité de surface s , les tons normaux du quadrant résultent du mélange du noir et d'une fraction de l'unité de la matière colorée; ces mélanges com-

(97 ) posent tles couleurs raljattues, qui couvrent chacune l'unité (le surface s^ et qui sont à la même hauteur que le ton normal de la couleur franche. La fraction de la quantité de matière colorée est d'autant plus petite dans les tons normaux rahattus, que les gammes auxquelles ces tons appartiennent se rapprochent davantage de l'axe vertical de l'hémisphère.

En outre, chaque ton normal des gammes du quadrant est modifié, comme les tons normaux des gammes du cercle, par des quantités croissantes de hlanc vers le centre et des quantités croissantes de noir vers la circonférence.

3.° Que la couleur frmiche est modifiée en prenant une autre couleur franche.

Dans cette circonstance elle forme des nuances d'autant plus rapprochées d'elle-même, que les quantités de la seconde couleur sont plus petites.

Ces modifications se font circulairement et de manière que les tons conservent leurs numéros.

169. Ainsi, en admettant avec les peintres et les teinturiers qu'il n'y a que trois couleurs primitives, et qu'en les combinant deux à deux, on a toutes les couleurs franches complexes, et en les combinant trois à trois, toutes les couleurs rompues ou rabattues, on voit comment il est possible, dans cette hypothèse, de se représenter par

(98) la conslruction hémisphérique tontes les modifications des conlenrs.

170. Un autre avantage de cette construclion, c'est de donner aux peintres , aux teinturiers , aux décorateurs, en un mot, aux artistes qui peuvent faire des applications de la loi du contraste simultané , les complémentaires de toutes les couleurs franches, puisque les couleurs du plan circulaire qui se trouvent aux extrémités d'un même diamètre, sont complémentaires l'une de l'autre. Par exemple, non-seulement on voit que le rouge et le vert, le jaune et le violet, le bleu et l'orangé, sont sur le même diamètre, mais on voit encore quil en est de même du rouge orangé et du vert bleu, de l'orangé jaune et du J)leu violet, du jaune vert et du violet rouge, du

rouge n.*^ 1 et du vert n." 1 , de manière

que toutes ces couleurs opposées deux à deux, sont mutuellement complémentaires.

171. Une fois que l'on connaît la complémentaire d'une couleur juxtaposée à une autre, il est aisé, d'après le principe du mélange, de déterminer la modification que la seconde doit recevoir de la première, puisque cette modification est la résultante du mélange de la complémentaire avec la couleui' juxtaposée. En effet, s'il n'y a aucune difîiculté pour le faire, lorsque la ré-

(99) sultan te est celle d'un mélange non complémentaire d'une couleur simple, le rouge, le jaune et le bleu avec une couleur binaire, l'orangé, le vert et le violet (bien entendu que nous parlons ici le langage des peintres [76]), il n'y en a pas réellement davantage, lorsque la résultante est celle du mélange de deux couleurs binaires; parce qu'il suffit de remarquer que la complémentaire étant bien moins intense que la couleur à laquelle elle se mêle, la résultante est donnée, si l'on soustrait de la dernière couleur binaire la portion de sa couleur simple, qui, avec la complémentaire, forme du blanc, ou, ce qui revient au même, la neutralise.

Exemples :

1. L'orangé s'ajoutant comme complémentaire au vert , neutralise une partie du bleu de ce dernier, et conséquemment le fait paraître moins bleu ou plus jaune.

2. L'orangé s'ajoutant comme complémentaire au violet, neutralise une portion du bleu de ce dernier, et conséquemment le fait paraître moins bleu ou plus rouge.

5. Le vert s'ajoutant comme complémentaire au violet, neutralise une portion du rouge de ce dernier, et conséquemment le fait paraître moins rouge ou plus bleu.

( lOO )

Ces trois exemples, tirés de la juxtaposition du bleu et du vert, du bleu et du violet, du rouge et du violet, pourraient s'expliquer encore facilement, en soustrayant à la couleur binaire une portion de sa couleur simple, qui est identique à celle juxtaposée ; ainsi :

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