‹ De la loi du contraste simultané des couleursChapitre 51 sur 249 · Kert et violet · texte numérisé non relu

Kert et violet

247- Si en principe , lorsque deux couleurs vont mal ensemble, il j a avantage à les séparer par du blanc, du noir ou du gris , il est important pour l'ejjfet de prendre en considération , 1.° La hauteur du ton des couleurs, et 1° la proportion des couleurs sombres aux couleurs lumineuses , en comprenant dans les premières les tons bruns rabattus des gammes brillantes , et dans les couleurs lumineuses, les tons clairs des gammes bleue et violette.

Exemples :

a) Plaise en considération de la hauteur du ton

des coulew^s.

248. L'effet du Liane est d'autant moins bon avec le rouge et l'orangé, que le ton de ces couleurs est plus élevé, surtout dans l'arrangement blanc, rouge y orangé , blanc ^ etc., l'effet du blanc étant trop cru.

Au contraire, le noir s'allie très-bien avec les tons normaux des mêmes couleurs, c'est-à-dire les tons les plus élevés sans mélange de noir.

Enfin, si le gris s'associe moins bien que le noir au rouge et à l'orangé, il a l'avantage de produire un effet moins cru que celui du blanc.

b) Prise en considération de la proportion des couleurs sombres auoc couleurs lumineuses.

249- Toutes les fois que les couleurs diffèrent trop, soit par le ton, soit par l'éclat du noir ou du blanc qu'on veut y associer, l'arrangement où chacune des deux couleurs est séparée de l'autre par le noir ou par le blanc, est préférable à celui dans lequel le noir ou le blanc sépare chaque couple de couleurs.

Ainsi l'arrangement blanc, bleu, blanc, violet, blanc, etc., est préférable à l'arrangement blanc, bleu, violet, blanc, etc., parce que la répartition

(lu brillant et du sombre est plus égale clans le premier que dans le second; j'ajouterai que celui-ci a quelque chose de plus symétrique relativement à la position des deux couleurs , et je ferai remarquer que le principe de la symétrie a de l'influence sur le jugement que nous portons de beaucoup de choses dans des cas où généralement on ne le reconnaît pas.

C'est encore conformément à cela que l'arrangement noir, rouge, noir, orangé, noir, etc., est préférable à l'arrangement noir, rouge, orangé, noir, etc.

260. Quelques remarques me paraissent encore nécessaires pour éviter qu'on ne tire de fausses conséquences des propositions précédentes.

25 1. 1." Dans tout ce qui précède, les couleurs, y compris le blanc, le noir et le gris, sont supposées occuper une égale étendue superficielle, et placées à distance; or, ôtez ces conditions, et les résultats pourront être différents de ceux que j'ai présentés : par exemple, j'ai préféré l'arrangement blanc, rouge, blanc, jaune, blanc, à l'arrangement blanc, rouge, jaune, blanc. Eh bien, il est des cas où ce dernier est préférable à l'autre, ainsi que je le ferai remarquer en traitant de la disposition des fleurs dans les jardins,

lorsqu'il s'agit de fleurs roses et de fleurs jaunes, cpi présentent moins d'étendue colorée que les fleui's blanches qu'on y associe.

J'ai parlé du bon effet du noir et du vert séparés , et j'ajouterai que des dessins verts sur un fond noir sont encore agréables j mais il ne s'ensuit pas que des dentelles noires superposées sur une étoffe verte soient d'un bon effet , du moins pour la qualité optique du noir; car celui-ci prend une teinte de roux qui l'assimile à une couleur passée.

2^2. 2.° J'ai dit que plus les couleurs sont opposées et plus il est facile de les assortir, parce qu'elles n'éprouvent pas de leur juxtaposition mutuelle une modification qui les rend désagréables , comme cela peut arriver généralement aux couleurs qui sont très-voisines l'une de l'autre. Doit- on conclure de là que, deux couleurs qui sont dans ce cas étant indiquées à un artiste pour être employées avec la liberté de les modifier à un certain point, il doive chercher à augmenter l'effet du contraste au lieu de l'effet d'analogue? Non certainement; car souvent celui-ci est préférable à l'autre. Par exemple, qu'il s'agisse d'un rouge orangé et d'un rouge proprement dit; eh bien, au lieu d'augmenter le jaune du rouge orangé ou de violeter le rouge, il sera quelquefois préférable, de tendre vers

l'harmonie de gamme ou de nuance, en cliercîiant à faire de l'orangé un des tons clairs d'une gamme dont le rouge serait le brun.

265, 3.° C'est conformément à cette manière de voir que, lorsqu'on veut éviter le mauvais effet du voisinage mutuel de deux couleurs par du blanc, du gi^is ou du noir, il faut voir si, au lieu d'une harmonie de contraste, il n'y aurait pas avantage à se rapprocher des harmonies d'analogues.

264. 4-° Enfin 5 lorsqu'on fait entrer dans des associations , non plus du gris normal , mais un gris de couleur, on est toujovu's si^u^ d'obtenir des harmonies de contraste d'un bon effet, en prenant un gris coloré par la complémentaire de la couleur qu'on y juxtapose. Ainsi un gris orangé, ou carmélite, ou marron, est d'un bon effet avec le bleu clair.

(i45 ) ■ PREMIÈRE DIVISION.

IMITATION DES OBJETS COLORÉS AVEC DES MATIÈRES COLORÉES, DIVISÉES A L'INFINI, POUR AINSI DIRE.

Introduction»

255. Des matières colorées, telles que le bleu (le Prusse, le cliromate de plomb, le cinabre, etc., réduits en poudre impalpable, se divisent à l'infini, pour ainsi dire, lorsqu'on les délaye, soit pures, soit mêlées avec une matière blanclie, dans un liquide gommeux ou liuileux.

La reproduction de l'image des objets colorés m>ec ces matières, est ce qu'on appelle l'art

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