DE LA PEINTURE
2 56. Il existe deux systèmes de peinture, l'un consiste à représenter aussi exactement que possible sur la surface d'une toile, du bois, d'un métal, d'un mur, etc., ordinairement plane, un objet en relief, de manière que l'image fasse sur l'oeil du spectateur une impression pareille à celle que l'objet même produirait.
257. On sent dès lors qu'il faut ménager la lumière, la vivacité de la couleur pour toutes les parties de l'image, qui, dans le modèle, reçoivent la lumière directe, et qui la renvoient à l'œil de celui qui regarde l'objet du point où
(i46) le peintre s'est placé pour l'imiter, tandis que les parties de l'image correspondantes à celles qui, dans ce même objet, ne renvoient pas au spectateur autant de lumière que les premières, soit parce qu'elles la réfléchissent aillem^s, soit parce que des parties saillantes les garantissent plus ou moins de la lumière du jour, doivent apparaître avec des couleurs plus ou moins ternies par du noir, ou, ce qui est la même chose, par de l'ombre. C'est donc par la vivacité de la lumière blanche ou colorée, par l'affaiblissement de la lumière au moyen du noir, que le peintre parvient souvent à produire, à l'aide d'une image plane, toute l'illusion d'un objet en relief. L'art de rendre cet effet par la distribution du clair et de l'ombre , constitue essentiellement ce qu'on nomme l'ai^t du clair-obscur.
258. Il existe un moyen d'imiter les objets colorés bien plus simple par sa facilité d'exécution que le précédent : il consiste à tracer les linéaments des diverses parties du modèle, et à peindre chacune d'elles uniment avec la couleur qui lui est propre. Alors il n'y a plus de saillies, plus de relief j c'est l'image plane de l'objet, puisque toutes les parties reçoivent une teinte uniforme : ce système d'imitation est la peinture à teintes plates.
( i47 ) PREMIÈRE SECTION.