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J'ai d'abord à faire remarquer que les prétendus sauvages dout parle Buffon étaient tout simplement des idiots. Blumembach a éclairci l'histoire du jeune homme trouvé dans les forêts de Hanovre : c'était un jeune sourdmuet qui ayait été chassé de la maison paternelle par une marâtre '.
V enfant élevé avec les ours y dont parle Connor, l'auteur fameux de la Médecine mys^ tique ^ n'avait (c'est Gonnor lui-même qui nous le dit ) ni raison , ni langage, ni même voix humaine : Neque rationiSy neque loquelœ ^ Uno neque vocis humanœ usu gaadebat^.
Comment Buffon aurait-il pu voir à découvert l'âme de ce pauvre enfant? Et puis, quel garant que Gonnor !
Tout cela n'a pas empêché Gondillac de faire de longs raisonnements sur Y enfant dont parle Gonnor : u Un enfant élevé parmi des ours a imiterait, dit Gondillac, les ours en tout, au- (( rait un cri à peu près semblable au leur, et
\ ; Voyez mon Éloge historique de Blumenbach, 2. Evangelium medici , seu medicina mystica : De suspensisnaturx legibus^sivede miraculis, p. 133.
<c se traînerait sur les pieds et sur les mains, a Nous sommes si fort portés à l'imitation, que
a peut-être un Descartes à sa place n'essayerait
c( pas seulement de marcher sur ses pieds '. »
Gondiilac ya trop loin. Ici l'imitation n'a que faire : Tattitude, dans chaque espèce, ne dépend que de la conformation ; Fhomme marche naturellement sur ses pieds , et , pour e.vsajer de se tenir debout , il n'a pas eu besoin , grâce au ciel y de tout l'esprit d'un Descartes. \J état saui^age nous est aujourd'hui parfaitement connu. Indépendamment des récits fidèles qui nous sont Tenus de toutes parts, nous ayons yu à Paris plusieurs sauyages. J'ai pu en étudier quelques-uns.
Ces pauyres genà yiyent tout nus, sans demeure, sans habitation fixe, sans autre subsistance que celle de leur chasse : quand la chasse est abondante, ils mangent beaucoup; quand la chasse manque, ils supportent la faim tris-