DEUXIÈME PARTIE
DE LA
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Buffon est le premier qui se soit posé celte belle question de la quantUé de vie sur le globe.
« A prendre les êtres en général, dit Buffon, ce le total de la quantité de vie est toujours le « même, et la mort, qui semble tout détruire, a ne détruit rien de cette vie primitive et com- « mune à toutes les espèces d'êtres organisés : « comme toutes les autres puissances subordon-
« nées et subalternes, la mort n'attaque que les a individus, ne frappe que la surface, ne déc( truit que la forme, ne peut rien sur la matière, a et ne fait aucun tort à la nature qui n'en brille (( que davantage, qui ne lui permet pas d'anéana tir les espèces, mais la laisse moissonner les « individus et les détruire avec le temps pour <( se montrer elle-même indépendante de la « mort et du temps, pour exercer à chaque « instant sa puissance toujours active, manicf fester sa plénitude par sa fécondité, et faire cr de l'univers, en reproduisant, en renouvelant « les êtres, un théâtre toujours rempli, un spec- « tacle toujours nouveau,
« Dieu, continue Buffon, en créant les preft miers individus de chaque espèce d'animal et « de végétal , a non-seulement donné la forme (( à la poussière de la terre, mais il l'a rendue « vivante et animée, en renfermant dans chaque « individu une quantité plus ou moins grande « de principes actifs, de molécules organiques « vivantes, indestructibles et communes à tous a les êtres organisés : ces molécules passent de « corps en corps, et servent également à la vie
ff actuelle et à la continuation de la vie, à la « nutrition , à Taccroissement de chaque indi<* a vidu ; et, après la dissolution du corps, après (c sa destruction , sa réduction en cendres , ces Ci molécules organiques, sur lesquelles la mort « ne peut rien, survivent, circulent dans Tuni- « vers, passent dans d'autres êtres et y portent {i la nourriture et la vie : toute production, tout a renouvellement , tout accroissement par la (( génération, par la nutrition/ par le développe pement, supposent donc une destruction pré- « cédente , une conversion de substance , un « transport de ces inolécules organiques qui ne a se multiplient pas, mais qui, subsistant ton* (c jours en nombre égal, rendent la nature tou- « jours également vivante, la terre également « peuplée , et toujours également resplendis*a santé de la première gloire de celui qui Ta
a créée '. »
Je laisse bien vite à Buffon le champ de ces spéculations hardies : [e ne puis admettre son