‹ De la longévité humaine et de la quantité de vie sur le globe (volume 2)Chapitre 34 sur 143 · I . Duc» sur les récol. de la surf, du globe · texte numérisé non relu

I . Duc» sur les récol. de la surf, du globe

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Relativement au point de vue qui m'occupe ici, je partage les espèces perdues en deux classes : ou elles sont très-nettement distinctes des nôtres, et alors elles n'ont pas dégénéré, elles ne sont pas devenues les nôtres; ou elles en sont si voisines qu'on ne peut les en distinguer, qu'elles n'en sont pas distinctes^ qu'elles sont les mêmes. Ces espèces , restées les mêmes, ont bien moins dégénéré encore.

Les chevaux fossiles ne diffèrent en rien des chevaux actuels : ce sont les mêmes chevaux. Le type du cheval n'a donc point été altéré par les révolutions du globe.

Le type de l'éléphant ne l'a pas été davantage. Selon M. de Blainville, le mammouth ou éléphant fossile est le même animal que l'éléphant actuel des Indes. Selon M. Cuvier, le mammouth et l'éléphant des Indes sont deux espèces distinctes. Je prends l'opinion de M. de Blainville : si le mammouth est le même animal que l'éléphant des Indes, les révolutions du globe n'ont donc rien fait à l'espèce; l'espèce n'a pas changé. Je passe à l'opinion de M. Cuvier : si le mammouth et l'éléphant

des Indes sont deux espèces distinctes, les révolutions du globe n'ont donc pas empêché ces deux espèces de rester distinctes; elles n*ont pas fait que deux espèces si voisines soient passées de Tune à l'autre.

Il fut un temps où la Sibérie était peuplée d'éléphants : ces éléphants ont disparu, mais ils n'ont pas laissé, à leur place, des éléphants modifiés, ou dégénérés.

Il fut un temps où l'Amérique était peuplée de mastodontes. Ces mastodontes ont disparu ; mais ils n'ont pas laissé à leur place d'autres formes de mastodontes.

Il fut un temps où le sol de Paris était couvert de palseothériums et d'anoplothériums.

Ces palaepthériums et ces anoplothériums ont disparu; mais nous ne voyons aucun animal d'aujourd'hui que nous puissions faire venir de ceux-là par une modification, par une dégénération quelconque.

Concluons donc que les espèces restent constantes, qu'elles sont fixes, que rien ne les fait changer, et que les causes violentes j les causes brusques ne peuvent pas plus, ne font

pas plus en cela que les causes lentes.

5* Du croisement des espèces. S'il y avait au monde une cause plausible du changement des espèces, cette cause se trouverait sans doute dans le mélange même des espèces entre elles.

Lorsque deux espèces voisines s'unissent ensemble, il résulte de cette union un animal mi-parti des deux, un métis ou mulet. Voilà donc un commencement d'espèce nouvelle :

oui, mais cette espèce artificielle n^est pas durable.

Le cheval et Tâne, l'âne, le zèbre et l'hémione, le loup et le chien, le chien et le chacal, le bouc et le bélier, le daim et Taxis, etc., s'unissent et produisent ensemble; mais les individus nés de ces unions croisées, ces individus mélangés n'ont cp! Mne^ fécondité bornée .

On cite quelques exemples de mules qui ont produit avec le cheval ou l'âne; on n'en cite point de mules qui aient produit avec le mulet.

Les métis de chien et de loup sont stériles dès la troisième génération ; les métis de cha-

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