‹ De la longévité humaine et de la quantité de vie sur le globe (volume 2)Chapitre 35 sur 143 · IH · texte numérisé non relu

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cal et de chien le sont dès la quatrième.

Et il y a plus. Si l'on réunit ces métis à Tune des deux espèces primitives, ils reviennent bientôt^ complètement et totalement, à cette espèce.

Mes expériences sur le croisement des espèces m'ont été une occasion de faire beaucoup d'observations en ce genre.

L'union du chien et du chacal donne un métis, un animal mixte, un animal à peu près également mélangé de l'un et de l'autre^ mais où pourtant le type chacal domine sur le type chien.

J'ai remarqué en effet, dans mes expériences, que tous les types ne sont pas également dominants et fermes. Le type du chien est plus ferme que celui du loup; celui du chacal plus que celui du chien ; celui du cheval l'est moins que celui de l'âne, etc. Le métis du chien et du loup tient plus du chien que du loup ; le métis du chacal et du chien tient plus du chacal que du chien ; le métis du cheval et de l'âne tient moins du cheval qu'il ne tient de l'âne : il a les oreilles, le dos, la

croupe, la voix de l'âne; le cheval hennit, Tâne brait, et le mulet brait comme 1-âne, etc.

Le métis du chien et du chacal tient donc plus du chacal que du chien : il a les oreilles droites, la queue pendante, il n^aboie pas, il est sauvage; il est plus chacal que chien.

Voilà pour le premier produit de l'union croisée du chien avec le chacal. Je continue à unir, de génération en génération, les produits successifs avec Tune des deux tiges primitives, avec celle du chien, par exemple.

Le métis de seconde génération n'aboie pas encore, mais il a déjà les oreilles pendantes par le bout; il est moins sauvage.

Le métis de troisième génération aboie; il a les oreilles pendantes, la queue relevée ; il n'est plus sauvage»

Le métis de quatrième génération est tout à fait chien.

Quatre générations ont donc suffi pour ramener l'un des deux types primitifs, le type chien ; et quatre générations suffisent de même pour ramener l'autre type, le type chacal.

Ainsi donc, ou les métis, nés de l'union de

deux espèces distinctes, s'unissent entre eux, et ils sont bientôt stériles; ou ils s'unissent à Tune des deux tiges primitives, et ils retiennent bientôt à cette tige : ils ne donnent, dans aucun cas, ce qu'on pourrait appeler une espèce nouvelle, c'est-à-dire une espèce intermé^ diaire durable.

Soit donc que l'on considère les causes externes : la succession des temps, des années, des siècles, les révolutions du globe, ou les causes internes, c'est-à-dire le croisement des espèces, les espèces ne s'altèrent point, ne changent point, ne passent point de l'une à l'autre : les espèces êonl/ixes.

§ 24 — Des raceté

it L'empreinte de chaque espèce, dit Buf* «c fon, est un type dont les principaux traits a sont gravés en caractères ineffaçables et perff manents à jamais; mais toutes les touches <c accessoires varient : aucun individu ne res-

cj semble parfaitement à un autre; aucune es-

ce pèce n'existe sans un grand nombre de va* « rie tés '. »

Les races sont les variations des touches accessoires de X espèce.

Il y a^ dans chaque espèce^ deux tendances frès-manifestes : 4 Ma. tendance à varier dans certaines limites, et 2"* la tendance à léguer de génération en génération les modifications acquises par une première.

1* De la tendance de V espèce à varier dans certaines limiles. Rien de plus marqué que cette tendance. Sous le même climat^ dans le même lieu, dans la même portée^ on trouve souvent, on trouve presque toujours, des petits de taille^ de couleur, de conformation diffé* rentes : on en trouve de petits, de grands, à oreilles droites, à oreilles pendantes, à poil court, à poil long, etc.; « aucun individu ne (( ressemble parfaitement à un autre, » comme le dit Buffon.

Encore une fois, rien de plus manifeste que la tendance; mais rien aussi de plus manifeste

que les limites de la tendance : des oreilles droites ou pendantes , un poil long ou court^ ne sont que les caractères superficiels, les touches accessoires de l'être- Le caractère profond, celui qui fait la réalité et l'unité de l'espèce , savoir la fécondité continue , ce caractère n'est point affecté, n'est point atteint. Tous ces individus à poil long, à poil court,

à oreilles droites, à oreilles fléchies, etc., sont

féconds entre eux, et féconds à' une fécondité continue.

On définissait l'espèce : une collection d'in* dividus plus ou moins semblables entre eux, et tous venus les uns des autres ou de parents communs. J'ai fait voir que la ressemblance n'est qu'une condition secondaire; la condition essentielle est la descendance : ce n'est pas la ressemblance, c'est la succession des indi^^idus qui fait l'espèce ^

2** De r hérédité ou tendance de F espèce à léguer, de génération en génération, les modifications acquises par une première. Si les

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