Ibid., p
Et voilà les germes préexistants établis.
On sait que Leibnitz ne s^en tint pas là. Après avoir posé le principe que les êtres ne commencent pas, il en tira bien vite la conséquence qu'ils ne finissent pas non plus. « Cette docti trine étant posée, dit-il, il sera raisonnable » de juger que ce qui ne commence pas de vice vre ne cesse pas de vivre non plus, et que la «mort, comme la génération, n'est que la <c transformation du même animal qui est ts^n • a tôt augmenté, tantôt diminué^. »
Leibnitz voulait des idées qui se soutinssent, qui se suivissent, qui fissent chaîne : a J'aime, ce disait-il, les maximes qui se soutiennent; » et ceci nous rappelle le mot de Fontenelle sur ce philosophe : c< Qu'avec lui on eût vu le bout
4 . Leibnitz ajoute : « Et cela nous découvre encore des « merveilles de l'artifice divin, où l'on n'aurait jamais a pensé, c'est que les machines de la nature, étant ma- < chines jusque dans leurs moindres parties, sontindesa tructibles à cause de Tenveloppement d'une petite a machine dans une plus grande à l'infini. » OEuvres complètes^ t. VI, p. 4^31 .
« des choses, ou plutôt qu'elles n'ont pas de « bout . ' »
Malebranche n'avait pas été moins frappé que Leibnitz des expériences de Swammerdam :
« J'ai ouï conter, nous dit-il, qu'un savant <c hollandais avait trouvé le secret de faire voir a dans les coques des chenilles les papillons qui « en sortent... ^, » La théorie du dépouillement des insectes l'avait enchanté, et il se plait à nous l'exposer. « Descendons à quelque « détail qui nous délasse l'esprit... J'ai actuel- « lement dans une boite avec du sable un in- « secte qui me divertit, et dont je sais un peu «l'histoire, on l'appelle ybr/w/ca-feo. Il se « transforme en une de ces espèces de mouches « qui ont le ventre fort long, et qu'on appelle, « ce me semble, demoiselles ^. — Théodore :
« Je sais ce que c'est, Théotime. Mais vous vous a trompez de croire qu'il se transforme en