La Croix du Maine, Bibliothèque, etc
« lumière ou il est parvenu sans ce secours, et w et cette tournure d'esprit qui Ta fait réfléchir « avec succès.... La forme même de ses oucc vrages annonce un génie original. Ce sont a des dialogues entre Théorique et Prati-- « que; et c'est toujours Pratique qui instruit a Théorique j écolière fort ignorante, fort in- « docile, et fort abondante en son sens. Je le (r crois le premier qui ait fait des leçons puce bliques d'histoire naturelle ^..»
Tout cela est aussi vrai que bien dit. On ne pouvait mieux sentir Palissy. Ce simple ouvrier touche aux questions les plus élevées de la science , et quelquefois il les résout. Il a résolu celle des coquilles fossiles ,
a Et parce qu'il se trouve , dit-il, des pierres « remplies de coquilles, jusques au sommet des c( plus hautes montaignes, il ne faut pas que tu (c penses que lesdites coquilles soient formées (c comme aucuns disent que nature se joue à (c faire quelque chose de nouveau ^. » Il ajoute :
\ . En 1575, à Paris.— Venel : article Chimie de TEncyclopédie.
2. Œuvres de Bernard Palissy y p. 88 , édition de Faujas de Saint^Fond.
w Quand j'ai eu de bien près regardé aux for- « mes des pierres, j'ay trouvé que nulle d'icelles a ne peut prendre forme de coquilles ni d'autre (c animal , si l'animal mesme n*a basti sa a forme '• » — «Il faut donc conclure , dit-il « encore, que, auparavant que ces dites coc€ quilles fussent pétrifiées , les poissons qui les « ont formées estoyent vivants dedans Teau,.... <( et que , depuis , Teau et les poissons se sont c( pétrifiés en un mesme temps, et de ce ne faut « douter ^.
Et de ce ne faut douter. On voit quelle est l'assurance de Palissy. Et cependant il avait contre lui toute l'École, qui voulait alors que les coquilles fossiles ne fussent que des jeux de la nature. Mais il écoutait peu l'Ecole , et ne lisait pas ses livres.
Ce n'est pas qu'il n'eût été bien aise de les lire , et cela par une raison qu'il nous dit fort naïvement, c'est qu'il aurait pu les contredire.
« J'eusse été fort aise, dit-il, d'entendre le « latin et lire les livres des philosophes , pour