Ihid.y p. Lxxv
%. Expressions de Palissy. p. 75.
c< jamais homme ne me contredit d'un seul « mot '. D
Il dit ailleurs : oc Je n'ai point eu d'autre livre « que le ciel et la terre, lequel est connu de (( tous 9 et est donné à tous de connaître ce « beau livre. »
Et ce qu'il dit là , on le sent à son style, qui a quelque chose de spontané , de soudain , de direct, de pur. Ce style est d'une clarté singulière : cette clarté vient du génie.
Dans Palissy, le génie était soutenu par une âme forte , et qui le fut constamment au milieu de l'adversité la plus rude. Lorsque , nous racontant ses longs et héroïques travaux sur rémail ^j il se peint « n'ayant aucun secours, (c aide ni consolation , étant toutes nuits à la « mercy des pluyes et des vents.. .. n'ayant rien
L Ibid.
2. La découverte de la composition de V émail pour la poterie lui coûta plus de Yingtrciaq années d'essais et d'études : « Sçaches, dit-îl à son lecteur, qu'il y a vingt et « cinq ans passez qu'il me fut montré une coupe de terre, « tournée et esmaillée d'une telle beauté , que dès lors
« j'entrai en dispute avec ma propre pensée et je me
a suis mis à chercher les esmaux, comme un homme qui « taste en ténèbres. » OEuvresde Palissy, p. H.
c( de sec sur lui ^... » et, ce qui lui était bien plus cruel , se voyant soupçonné de faire de la fausse monnaie , (( qui j dit-il , estoit un mal « qui me faisoit seicher sur les pieds , et m'en <c allois par les rues tout baissé , comme un a homme honteux ^ ,. .. » on ne peut le hre sans trouble; il réussit enfin , et c'est alors qu'il fait entendre ces belles paroles :
i< Quand je me fus reposé un peu de temps w avec regrets de ce que nul n'avoit pitié de « moy , je dis à mon âme : Qu'est-ce qui te « triste , puisque tu as trouvé ce que tu cher- « chois? Travaille à présent ^.... »
Sa mort fut admirable comme sa vie. Persécuté comme partisan de la religion réformée, et enfermé à la Bastille , à l'âge de quatre-vingtdix ans, il y mourut. Le roi Henri III, qui l'avait longtemps protégé et qui l'aimait, étant allé le voir, lui dit : it Mon bon homme , si vous ne « vous accommodez sur le fait de la religion, je « suis contraint de vous laisser entre les mains
h . Ibid.y p. 32.