‹ De la longévité humaine et de la quantité de vie sur le globe (volume 2)Chapitre 9 sur 143 · T. II, p · texte numérisé non relu

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cependant le chat garde toujours sa taille de chat , et le tigre sa taille de tigre.

Chaque espèce a sa durée déterminée de gestation. Dans l'espèce du lapin , la gestation dure 30 jours; dans celle du cochon d'Inde y 60; la chatte porte 56 jours; la chienne^ 64; la lionne^ 108, etc., etc.

Nous verrons tout à l'heore que chaque espèce a sa durée particulière d! accroissement.

Comment donc, si toutes ces choses : la taille, la gestation, l'accroissement, etc., ont leur durée réglée et marquée, h^vie n'aurait-elle pas aussi la sienne?

Buffon a également raison , lorsqu'il dit que la durée naturelle de la vie de l'homme est de ^uatre-yingt-dix ou cent ans. Nous voyons tous les jours des hommes qui vivent quatre-vingtdix et cent ans. Je sais bien que le nombre de ceux qui vont jusque-là est petit, relativement au nombre de ceux qui n'y vont pas; mais enfin , on y va. Et de ce qu'on y va quelquefois^ il est très-permis de conclure qu'on y irait plus souvent, qu'on y irait souvent, si des circonstances accidentelles et extrinsèques, si des

causes troublantes ne venaient à s'y opposer.

La plupart des hommes meurent de maladies; très-peu meurent de yieillesse propre-;ment dite. L'homme s'est fait un genre de vie artificiel , où le moral est plus souvent malade que le physique , et où le physique même est plus souvent malade qu'il ne le serait dans un ordre d'habitudes plus sereines , plus calmes, plus constamment et plus judicieusement laborieuses, ce L'homme périt à tout âge, dit Buiîon, « au lieu que les animaux semblent parcourir

a d'un pas égal et ferme l'espace de la vie

a Les passions et les malheurs qu'elles entrai- « nent influent sur la santé et dérangent les a principes qui nous animent; si l'on obser- « vailles hommes, on verrait que presque tous « mènent une vie timide et contentieuse, et que « la plupart meurent de chagrin '. »

Nous venons de voir l'opinion de Buffon.

De Buffon , passons à Haller. Au jugement du naturaliste joignons le jugement du physiologiste.

« L'homme doit être placé, dit Haller, parmi a es animaux qui vivent le plus longtemps, ce « qui rend bien injustes nos plaintes sur la « brièveté de la vie *. »

Il se demande d'abord quelle peut être la limite extrême de la vie de F homme ; et son avis est que l'homme ne vit guère moins de deux siècles : Non citra alteriim seculum ultimus terminus vitœ humanœ subsistit^ dit-il \

Il avait rassemblé, comme je l'ai déjà dit ^, un grand nombre d'exemples de longues vies.

Les deux exemples extrêmes sont celui de 152 ans, et celui de 169.

Je m'arrête un moment, à l'exemple de cent cinquante-deux ans, parce qu'il ne peut être révoqué en doute : il eut pour témoin Harvey.

Thomas Parre était du comté de Shrop, sûr les confins du pays de Galles. Devenu fameux par son grand âge, le roi Charles I" désira le voir. On le fit venir à la cour; et là, pour loi

\ Elementa physiologiae, t. VIII, lib. xxx, p. 95.

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