‹ De La Luxation De La Rotule: À L'Occasion D'un Traumatisme Dans Le Cas De Malformation Congénitale Du GenouChapitre 13 sur 18 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

SYMPTOMES et DIAGNOSTIC

C'est pour une luxation de la rotule à la suite d’un traumatisme que le médecin est appelé.

Le diagnostic de luxation de la rotule en dehors se fera facilement; la jambe est en demi-flexion, il y a un gonflement de tout le genou, le creux de la trochlée est vide et la rotule se trouve sur la face externe du condyle externe.

Mais interrogeons le malade. Y a-t-il eu traumatisme ? Lequel ? Un faux pas ? Comment? Dans quelle position ? La douleur a-t-elle été vive? Le malade est-il tombé ? A-t-il pu se relever et faire quelques pas ? Un traumatisme léger, des symptômes (douleur et chute) atténués ou inexistants, certains signes négatifs, els que l’absence d’ecchymoses, d'hémarthrose, de douleur localisée peuvent déjà nous faire penser que la luxation a été favorisée dans sa production. N'oublions pas enfin la tendance qu'ont tous les malades à tout expliquer par un traumatisme, à donner toujours comme point de départ de leur affection un Coup ou-une chute. Cherchons donc bien à savoir si la luxation n'existait pas avant l'accident raconté.

Quoi qu'il en soit, la luxation étant réduite et sitôt que le dégonflement du genou le permettra, il y a toujours lieu, à notre avis, de faire un examen complet et méthodique de l'articulation, pour découvrir s'il n'existait pas de prédisposition congénitale à la luxation.

En négligeant cet examen on S'eXpose à méconnaître la notion de congénitalité, qui en plus de l'importance immédiate qu'elle

peut avoir dans les cas d'accidents du travail, présente un très grand intérêl pour les prévisions sur les suites de l'accident et la conduite à tenir pour les éviter.

Comment allons-nous obtenir cette notion de conyénitalité ?

1° Par les signes physiques. — Ce sera la constatation des malformations osseuses, des altérations des ligaments et des muscles que nous avons décrits au Chapitre I; l'état général du membre; la coexistence d’autres malformations congénitales et surtout la bilatéralité des déformations observées. La radiographie enfin nous apportera la preuve visible des déforimations osseuses.

2 Par les commémoratifs. — Tout d'abord, nous interrogerons le malade pour savoir si d’autres membres de sa famille n'ont pas présenté des accidents semblables. Il serait même souhaitable qu’on puisse examiner soi-même les genoux de ces parents, s'il y en a de vivants. En pratique ce sera évidemment bien souvent impossible.

Les antécédents personnels du malade devront être recherchés soigneusement. Nous éliminerons d’abord toutes les causes de luxations pathologiques : tuberculose, syphilis, tabes. Le malade atteint de malformation congénitale du genou aura le plus souvent marché tard. Par la suite il aura toujours eu les jambes un peu faibles, se fatiguant vite, se plaignant souvent de douleurs articulaires. C’est ainsi que la malade de notre Observation I se sert maintenant plus volontiers de sa jambe, qui a sa rotule bien maintenue et en bonne position par un appareil orthopédique, constatant ainsi, par comparaison, la faiblesse de

son autre jambe, dans laquelle la malformation congénitale

subsiste et n’est pas compensée. Il y aura toujours eu quelques petits incidents du côté de ses articulations du genou, de légères poussées d'hydarthrose, passant très rapidement du reste avec le repos. Enfin le malade aura souvent remarqué lui-même que, de temps en temps, il se produisait quelque chose d'anormal dans son genou. « Il lui semblait qu'il se déboitait », comme le dit notre malade de l'Observation I. Gerlainement à ces moments-

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