CHAPITRE IX TRAITEMENT
Nous considérerons deux cas: A. — La luxation récente ; B. — La juxation ancienne.
A. — La luxation du radius en dehors récente, présente deux indications principales : 4° réduire la luxation ; 2° mainte-
nir la luxation réduite.
1° La réduction doit être tentée le plus tôt possible, car les luxations du coude, en général, deviennent très promptement irréductibles.
Un procédé qui donne de bons résultats est celui que nous avons vu employer dans le service de notre maitre M. le professeur Estor.
Un aide maintient le bras du malade et l’immobilise. Le chirurgien saisit l’avant-bras et le porte en extension forcée : d'une main il exerce des tractions suivant l’axe du membre, et avec le pouce de l’autre main il appuie fortement sur la tête radiale, et cherche à la réintégrer dans la petite cavité sigmoiïde.
Wagner (1) combine d'abord les mouvements de flexion et d’adduction, puis d'extension et de supination, pendant qu’un aide exerce des pressions directes sur la tête saillante.
Si on ne peut réduire, par suite de la résistance musculaire,
(1) Centralblatt für Chirurgie, n° 40, 1886.
4 = il faut faire coucher le malade et procéder à la réduction sous l'anesthésie.
®% La luxation une fois réduite, on doit s’efforcer de la maintenir. Cette partie du traitement est la plus importante et la plus difficile. L’anatomie nous rend compte de ces difficultés, comme nous l'avons déjà montré.
Suivant la pratique de M. le professeur Estor, le membre.
est maintenu en extension dans un appareil plâtré. Cet appareil est laissé en place pendant 10 ou 12 jours.
L'appareil étant enlevé, on commence aussitôt des séances de massage et de gymnastique des mouvements. Ces séances sont renouvelées tous les jours. |
Dans l'intervalle on se contente de maintenir le membre dans une écharpe de Mayor.
Comme nous l’avons déjà vu, on n'arrive que très rarement à maintenir la luxation réduite par suite de la rupture du ligament annulaire ; aussi est-il permis de se demander si on ne pourrait pas recourir à l’arthrotomie d'emblée et procéder à la suture de ce ligament; on éviterait ainsi la déformation. Grâce à la méthode antiseptique, l’arthrotomie n’expose pas à de sérieux dangers. Aussi le chirurgien doit-il, peut-être, y avoir recours ; il restituerait ainsi au membre l'intégrité de ses mouvements et éviterait la déformation.
B. — Dans les luxations anciennes, lorsqu'il y a tendance progressive à l’ankylose où ankylose définitive en mauvaise position, la conduite de Wagner nous paraît la plus recommandable.
Elle consiste à ouvrir largement le foyer de la luxation et à se rendre compte des obstacles qui limitent les mouvements.
Si la résection des parties fibreuses suffit au rétablissement