HISTORIQUE
Nous définirons la luxation que nous étudions : le déplacement de l'extrémité supérieure du radius en dehors.
Cette luxation, quoique rare, n'avait pas échappé à l'observation des auteurs anciens, puisque, vers la fin du XVI”"‘siècle, quelques-uns en font mention. En effet, Fabrice d'Acquapendente (1537-1619), le successeur de Fallope dans la chaire de chirurgie de Padoue, fait un chapitre particulier sur les luxations du radius en dehors (1).
Fournier (2) a aussi observé exactement cette lésion, puisqu'il dit explicitement : « Si le radius se luxe seul, il se luxe principalement vers l'extérieur ».
Toutefois, de la fin du XVII®* siècle à la fin du XVIIF”*, c'est la théorie de l’élongation qui est en honneur ; la luxation en dehors ne serait pas possible, parce que les deux os sont trop intimement unis pour être complètement disjoints.
(4) « Opera chirurgica, etc. », pars. 4, liv. V, chap. v. (2) « Économie chirurgicale », 1691.
J.-L. Petit (1674-1750) et Desault (1744-1795) nient absolument la luxation du radius en dehors ; Bichat (1771-1802) la considère comme impossible. |
Il faut arriver en 1776, pour que Thomassin présente à la Société de chirurgie deux observations de luxation en dehors.
Un peu plus tard, en 1787, Bottentuit signale, dans une thèse soutenue par un de ses élèves aux écoles de chirurgie, que l’on peut observer dans les luxations du radius, des déplacements de cét os en arrière, et aussi en dehors.
Malgré ces observations probantes, nous voyons Boyer (1757-1833) n’accepter que les luxations du radius en arrière, opinion qui est partagée par Sanson, dans son article du Dictionnaire en quinze volumes.
Astley Cooper (1768-1843), dans son célèbre ouvrage: « Dislocation and fractures », étudie soigneusement les luxations du radius, et fait mention de la variété en dehors.
Chedieu, en 1865, dans une thèse de Strasbourg, ajoute une observation de plus à celle de Thomassin. Gerdy et Nélaton en ont fourni deux nouvelles.
Nous ajouterons à ces observations déjà anciennes et que nous reproduisons, un cas inédit de Boularan (1), un de Desprès rapporté dans la thèse de Grenier(2), un autre de Beurnier, dans la thèse de Stanciulescu (3), deux observations d'Helferich (4), une de la Chirurgie Poliklinik, trois de Wagner (5), et enfin, celles que nous devons à l'obligeance de nos maîtres de Montpellier.
(1) Th. de Paris, 1875.
(2) Th. de Paris, 1878.
(3) Th. de Paris, 1890.
(4) Deutsche Zeitschrift Chirurgie, vol. XXII, p. 338 et 341. (>) Centralblatt für Chirurgie, n° 10, 1886.