TRAITEMENT
Le traitement de la Iluxation trapézo-métacarpienne devra répondre à deux indications : 1° réduire la luxation : 2° la maintenir une fois réduite.
Réduction.
La réduction de celte luxation est facile dans la plus grande majorité des cas. Elle s'obtient par une simple pression de haut en bas et d'arrière en avant sur l’extrémilé du métacarpien qui fait saillie ; dans les cas rares (luxations complètes principalement) où cette pression seule ne suffirait pas, on pourra exercer, ou faire exercer par un aide une tension sur le pouce. !
Nous ne croyons pas qu'il soit jamais nécessaire d'employer la pince à réduction dont parle Carayon, ni le moyen énergique de Malgaigne qui n'aurait pas hésité à
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pousser le métacarpien avec un poinçon implanté sur la surface articulaire, su
Maintien de la réduction.
Le maintien de la réduction est la partie la plus difficile du traitement, aussi les moyens employés pour arriver à ce résultat sont multiples. On peut les classer en deux catégories : 1° moyens à aclion directe ; 2° moyens à action indirecte. |
Les moyens à action directe agissent en exerçant une pression au niveau de la face postéro-externe de l'extrémité métacarpienne.
- Les moyens à action indirecte agissent en maintenant le pouce dans uné attitude spéciale. C'est ainsi que JARJAVAY traita quelques blessés par l'extension forcée du pouce et du métacarpien sur lPavant-bras. TILLAUX en maintenant le pouce en abduction. :
Les méthodes agissant directement sont de beaucoup les plus nombreuses.
DuverNez, J.-L. PeriTr et Manne employaient Île traitement suivant: ils plaçaient deux petites compresses longueltes croisées au niveau de lextrémité supérieure du métacarpien, qu'ils maintenaient au moyen
d'un spica dont les croisés portaient au même endroit.
Boyer, MALGAIGNE et NÉLATON mettaient sur la partie. postérieure du métacarpien une compresse longuette sur laquelle ils plaçaient une altelle en bois et fixaient le tout par quelques tours de bande.
BéRARD se servait d’une compresse pliée en plusieurs doubles, maintenue par un appareil dextriné qui fixait le pouce dans une position moyenne.
On emploie maintenant de préférence un appareil plätré, ainsi que le conseillent BLUM dans sa Chirurgie de la main, et CamiER dans le Traité de chirurgie LE DENT et DELBET. &
Cet appareil revêt la forme d’une petite gouttière plàtrée embrassant soit la moitié externe de la main et du
poignet, soil le dos de la main en respectant en grande partie la face palmaire ; il s'arrête en haut à 7 ou 8 cenlimètres au-dessus de la styloïde radiale, en bas à la naissance des phalanges des doigts du milieu ; le pouce y est presque entièrement contenu, il est dans la rectitude et dans une position intermédiaire à l’adduction et à l’abduetion.
La réduction sera pratiquée avant la pose de l'appareil el pendant la pose on aura soin de faire maintenir par un aide une traction sur le pouce ; on exercera ensuite, etce jusqu'à dessiécation complète, une pression sur l'extrémité supérieure du métacarpien. On peut aussi placer en contact avec l’os un pelit morceau de liège ou de coton, qui recouvert par lappareil maintiendra la coaptation des surfaces.
Ce plâtre sera laissé pendant une quinzaine de jours, quelques séances de mobilisation et de massage suivront sa dispartion. |
Si lappareil plâtré est mal supporté et détermine de la douleur, on peut le remplacer par un enveloppe ment oualé du pouce, maintenu par quelques lours de bande assez serrée de crêpe Velpeau (Obs. 1).
Dans bon nombre de cas, la réduction de la luxation se .mainlient très bien, appareil une fois enlevé; elle peut cependant ne pas se maintenir, comme cela a été observé plusieurs fois, même après l'application de plusieurs appareils, surtout lorsqu'il s'agit de luxations complètes
(Obs. Thèse ArNaL, 1905). C'est alors que doit se poser la question du maintien de la réduction par des procédés sanglants : capsulorraphie, suture osseuse.
M. REYNAUD, étant donné la forme en selle de l'articulation trapézo-mélacarpienne et surtout la nécessité de ménager les mouvements du pouce, s'oppose à l'emploi de l’arthrodèse et à la recherche de l'ankylose.
M. REYNAUD conseillerait volontiers de recourir à quelque appareilorthopédique en cuir moulé ou en celluloïde pouvant être dissimulé par un gant.
M. AGLAVE, en présence d’une luxation de ce genre
récidivante, avait pensé à une capsulorraphie. M. RENÉ LEMAIRE a réalisé pratiquement ce maintien de la réduction à laide de procédés sanglants, chez deux malades présentant une luxalion trapézo-métacarpienne récidivante, et dont les observations sont relatées dans la thèse d'ARNAL, 1905 (citée) ; nous les reproduisons à la fin de ce travail : les résultats obtenus ont, paraît-il, élé excellents:
Il est à peu près certain que si l'on a recours à des procédés sanglants : capsulorraphie seulement ou capsulorraphie accompagnée de suture osseuse au fil d'argent, il y a limitation des mouvements du pouce, surtout dans le sens de l'opposition. Réste à savoir si cette limitation consécutive à une intervention sanglante est plus ou moins grande à la limitation des mouvements du pouce résultant d'une non-réduction établie de articulation.
En somme il n'y a pas dans le trailement de la luxation lrapézo-mélacarpienne de règles immuables; et nous pensons que ce traitement doit être subordonné surtout à la variété clinique de la luxation.
S'agit-il d'une luxation trapézo-métacarpienne incomplèté, à réduction facile et n'ayant pas tendance à se
NM
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reproduire, l'application d'un appareil plâtré où de tout autre appareil de contention doit suffire à réaliser le maintien de la réduction et aboutir à la guérison coinplète dans Ja majorité des cas.
S'agit-il au contraire d'une Juxation complète, récidivant facilement après la réduction, nous croyons que dans ces cas c’est au lrailement chirurgical qu'il faut s'adresser. |