CHAPITRE VI DIAGNOSTIC. PRONOSTIC
Diagnostic.
Pour établir le diagnostic de la luxation trapézo-métacarpienne, il faut remonter à la cause ; nous éliminerons de ce fait toutes les affections qui ne sont pas le résultat d'un traumatisme, de sorte qu'il ne nous restera plus = qu'à distinguer cette luxation de la contusion, de l’entorse, de la fracture.
On se rappellera que dans la luxalion du pouce en arrière où dans la fracture de lextrémité inférieure du radius, les lésions siègent bien loin de notre articulation. C’est au début seulement que la contusion et l’entorse pourront en imposer au chirurgien, car, aussitôt que Île gonflement a disparu, on peut constater aisément dans la contusion et l’entorse qu'il n'y à point de déplacement,
point de tumeur se continuant avec le métacarpien, en un | 3
mot aucun signe caractéristique de la luxation. Un seul diagnostic présente de Pintérèt, c'est celui qu'on peul avoir à fairé avec la fracture de l'extrémité supérieure du premier mélacarpien (fracture de Bennet), surtout quand elle siège très près de celte extrémité. On évitera l'erreur si on se rappelle que dans la fracture le siège n'est pas exactement ie même, les mouvements ne sont guère limités et il yen a d'anormaux, il y a peu ou point de déplacements, dans le cas où 1l'existe une saillie elle est anguleuse, et située au-dessous de l'interligne articulaire, etenfin la mensuration de la distance qui sépare les articulalions trapézo-métacarpiennes et métacarpo-phalansiennes indique un raccourcissement de los du côté atteint.
On peut quelquefois, en promenant le doigt sur la face postérieure du mélacarpien, sentir des rugosités au point de fracture; de plus, en imprimant à la têle de los des mouvements d'avant en arrière, on constate une mobilité anormale el aussi de la crépilation qu'il ne faudra pas confondre avec le bruit que fait la tête du mélacarpien au moment de la réduction.
On peut signaler également l’impotence fonctionnelle très marquée, la déformation, que l’on rencontre aussi dans la luxation, et la reproduction du déplacement dès qu'il est réduit; cette tendance à Ja récidive est beaucoup plus fréquente dans le cas de fracture, et cela se comprend aisément: l'obliquité du trait de fracture conduit en effet au glissement du fragment périphérique sur le fragment centralel 11 n°y à pas de compensation par un es voisin (comme à Pavant-brasetà la jambe) pour faire office d’attellé. f1 n y a pas non plus la ressource d’un manchon fibro-musculaire, comme dans les fractures sous-périostées. L'imminence du déplacement n’est donc compensée par
LA BEC A aucune ressource efficace etelle est bien la conséquence de la fracture, plus que du déplacement articulaire.
La question est plus complexe lorsque la luxation se complique de fracture ; il faudra, dans ces cas-là, demander à l'épreuve radiographique de préciser de façon certaine tout diagnostic hésitant et incomplet.
Une fois le diagnostie de luxation posé, il restera à indiquer à quelle variété de luxation on a affaire : si elle est externe ou postérieure, complète ou incomplète, la saillie osseuse, de par sa situation et de par, son volume, résoudra facilement la question.
Pronostic.
Le pronostic est en généal favorable, la réduction de la luxation est d'ordinaire des plus faciles, même longtemps après l'accident, et c’est seulement dans le cas de lésions très anciennes ou très complexes quelle a pu échouer.
D'ailleurs, même lorsque la réduction n’est pas faite, le malade arrive souvent à récupérer la plus grande partie des mouvements.
Mais la luxation se reproduit souvent avec une très grande facilité et exige donc, après sa réduction, des
: ; } soins très attentifs.