OBSERVATION XVIII
(Girard. — Thèse de Paris, 1885)
Charles C... tombe du haut d'une chaise sur laquelle il était monté. Cherchant à se retenir, la chute se faisant à la renverse, il étend le‘bras avec la main droite ouverte et frappe sa face palmaire contre un coin de meuble qui atteint léminence thénar. Le corps résistant sur lequel le malade est tombé a donc poussé en arrière le métacarpien. Au même moment le blessé ressent une vive douleur qui diminue peu à peu. Il y prête peu d'attention et ce n'est que Île lendemain qu'il vient demander une consultation, n'ayant pu travailler dans la matinée qu'avec beaucoup de peine. fo
L'impotence fonctionnelle du pouce est assez marquée, la douleur est un peu vive spontanément; cependant le malade tient le bras droit fléchi et le maintient avec la main gauche qui est saine.
A l'examen, on voit que le pouce est étendu sur le mélacarpien, tout ce segment étendu est porté en opposition vis-à-vis des quatre doigts de la main droite, la face palmaire du pouce regardant incomplètement vers la face palmaire des autres doigts. À la vue on observe encore une saillie au niveau de l'extrémité postéroexterne de la denxième rangée du carpe; en avant, l'éminence thénar moins soutenue qu’à l’état normal présente d'abord une dépression légère surmontée d’une saillie qu'on ne distingue pas très bien dans ses détails, cachée et recouverte qu'elle est par le muscle; en arrière, on
sent en suivant la face dorsale du premier métacarpien une saillie suivant l'axe de cet os et faisant corps avec lui et dont la forme est nettement celle de l'extrémité supérieure ; immédiatement au-dessous de cette saillie, dépression manifeste observée déjà à la vue. Lorsqu'on imprime un mouvement de rolalion au mélacarpien, suivant son axe longitudinal, on sent remuer la tête de l'os sous le doigt explorateur; la saillie est peu volumineuse, le métacarpien très peu remonté, les tendons de la tabatière analomique sont perçus sous la peau par la palpation et cette tabatière comblée en partie.
Réduction facilement obtenue en lirant sur le métacarpien pendant que de la main gauche on tient le poignet en même temps qu'on pousse en avant,avec le pouce de la même main, la tête du métacarpien. Comme appareil on met sur la face postérieure de l'articulation un petit tampon d’ouale par-dessus lequel on applique une petite attelle plongée elle-même au milieu d’une masse de coton. Le tout est serré par une bande.