OBSERVATION XXX
(Guérin-Roze. — Bull. Soc. anat., 1858, ?° série, t. IIT, p. 296.— Autopsie)
Une femme âgée de 55 ans entre à FPHôtel-Dieu dans un élat d'épuisement des plus graves. Tumeur blanche tibio-tarsienne gauche, abeès par congestion, suites d’ostéile des 2° et 3° vertèbres lombaires, phtisie avancée. Mort imminente.
Nous remarquons à Ja main gauche une luxation earpo-mélacarpienne du pouce en arrière. Elle remonte à plusieurs années, consécutive à une chute sur le bord externe de la main. La malade n’a pas consulté.
Mie » Le premier métacarpien, rejelé en arrière, fait une saillie de 8 à 9 millimètres ; il occupe le creux de la tabatière anatomique et refoule légèrement en dedans. le tendon du long extenseur du ‘pouce qu'il soulève: en avabt 1} y à une saillie très manifeste du lrapèze avec aplatissement de Péminence thénar. Le raccoureissement est peu considérable, car le bord antérieur de Fextrémité inférieure du premier mélacarpien est maintenu contre le bord postérieur de la surface articulaire correspondante du trap&e. Le pouce est presque droit, situé sur un plan
postérieur à celui des autres doigts et à peine fléchi dans
la paume de la main. Les mouvements de fléxion et d'extension du pouce ont conservé leur intégrité ; il n’en. est point de même’ des mouvements d'abduclion et d'adduction qui sont limités. |
La réduction qui s'obtient très facilement, d'une manière incomplète, ne se maintient pas un seul instant. À l’autopsie on trouve un déplacement complet du premier métacarpien sur le lrapèze, le bord antérieur de
: l'extrémité inférieure du premier répondant au bord pos-
lérieur de la surface articulaire du second. La capsule est intacte, épaissie en quelques points, offrant même à
sa partie interne un noyau carlilagineux contenu dans
son épaisseur, elle est distendue et plus grande que normalement, de telle sorte que, tout en facilitant le déplacement, ce nouvel état s'oppose à la réduction, Fexcès de logement venant l'interposer entre les surfaces articulaires.
L'arliculation est enflamnrée, les extrémités osseuses injectées ont en partie perdu leur cartilage. De petites travées celluleuses rougeâtres faciles à rompre s'étendent d'une surface à l'autre dans la moitié interne’ de l'articulation. Plus organisées dans sa moitié externe,
MITA ces adhérences sont remplacées par des tractus fibreux résistants qui limitent l'écartement des parties. Toujours interposées entre les surfaces articulaires, ces brides fibreuses: forment le principal obstacle à la réduction qui devient impossible.